Depuis 20 ans qu’elle existe à Maurice, la compagnie Natec Medical s’est taillé une solide réputation dans la conception, le développement et la fabrication spécialisée des dispositifs médicaux d’intervention percutanée. Basée à Ébène, elle a deux filières, à savoir l’une concernant des activités dans les services diagnostiques et prédictifs, et l’autre, qui se spécialise dans des solutions d’extrusion médicale sur mesure et qui vient de démarrer la fabrication des masques jetables.

Lors d’une visite, le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, a ainsi été en mesure de constater de visu le travail minutieux qu’accompli l’équipe de Natec Medical dans la fabrication de dispositifs médicaux. « On fait des cathéters d’angioplastie coronaire pour le monde entier », souligne le président de Natec Medical, Vincent Lagarde, montrant un peu le type de travail accompli dans ce centre. Ce dernier comprend aussi un service de recherche et de développement, un département de contrôle qualité et un autre des machines et équipements. Toutes les machines utilisées dans le processus de fabrication sont mises en place en interne.

Dans son plan d’étendre ses activités, la compagnie Xtruline, une filiale de Natec Medical, a commencé la fabrication de masques. « On vient de lancer des masques chirurgicaux et on pourra faire une autonomie complète par rapport à l’utilisation à Maurice », précise le président. La production de masques est de 400 000 par mois. Mais, pour le directeur, cela dépendra aussi des besoins du gouvernement et du ministère de la Santé. L’aide de l’Economic Development Board sera recherchée pour l’exportation de ces masques. Cette compagnie a comme activité majeure l’extrusion de tubes utilisés comme matières premières dans la fabrication de cathéters.

L’autre filiale de Natec est le laboratoire Abiolabs. Vincent Lagarde ajoute que ce dernier a un séquenceur. « On peut faire les variants. Nous invitons le ministère de la Santé à venir nous visiter », demande le président. Grâce à un investissement important dans les équipements, le laboratoire s’est mis à niveau pour fournir les tests RT PCR, soit le diagnostic COVID-19. Le laboratoire a la capacité de réaliser 300 tests COVID-19 au quotidien. Abiolabs a aussi lancé ses tests ADN, le test de paternité, le test de performance sportive, des tests de prédisposition génétique, notamment le diabète, l’Alzheimer, l’intolérance au gluten, la détection de trisomie ou autre syndrome génétique.

Après sa visite au Natec Medical, le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, s’est dit « impressionné » par ce qui est fabriqué à Maurice, tout en mentionnant que le pays doit transiter vers la technologie. « Nous avons du potentiel concernant la pharmacologie. Nous devons poursuivre cette voie », dit-il. Selon lui, le gouvernement « met tout en place » pour attirer les investisseurs et les aider dans leur démarche. Il se dit aussi « fier » que des masques soient fabriqués à Maurice.

Le Grand argentier estime que la pharmacologie est déjà un pilier économique. « Notre but est d’avoir une multitude de secteurs et non des secteurs qui valent 25% au Produit intérieur brut », dit-il, tout en mentionnant le secteur manufacturier, tel le sucre, le textile, pharmaceutique et l’agro-industrie. Il avance qu’en fabriquant pour le marché local, un import est réduit d’où faire un bon équilibre entre l’import et la production locale.