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Après la joie, l’inquiétude s’est installée chez certains étudiants de grade 12. Ils ont en effet appris que leurs collèges ne sont pas partants pour la promotion automatique. Officiellement, la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, a laissé entendre que les étudiants pourraient monter en grade 13 (Upper 6), sauf s’il y a de grosses difficultés.

Afin de permettre l’organisation des examens nationaux et ceux de Cambridge, le ministère de l’Éducation a décidé de ne pas maintenir les examens des grades 7, 8, 10 et 12. Toutefois, la décision finale revient aux administrations des écoles, en fonction de l’évaluation de chaque élève. Ainsi, les étudiants ont été très actifs sur les différentes plateformes en cours de semaine, pour savoir si leurs collèges allaient leur permettre de monter en grades 11 et 13. Ces deux classes concernent ceux qui passeront les examens de School Certificate et de Higher School Certificate en mars 2022.
Force est de constater que toutes les institutions ne sont pas partantes pour la promotion

automatique, de par l’enjeu de ces examens, justement. Dans un collège confessionnel des Plaines Wilhems, on a ainsi fait comprendre aux filles que « la promotion automatique n’est pas une bonne chose car si un élève monte sans avoir le niveau, il risque d’échouer et avoir à refaire son SC ou son HSC. Dans ce cas, les parents devront trouver l’argent nécessaire pour payer les examens l’année suivante. » Raison pour laquelle ce collège envisage d’organiser des examens à la rentrée, afin d’évaluer le niveau des élèves. Et de préciser : « L’école aura le dernier mot. »

Dans d’autres secteurs, la mesure annoncée par la ministre, est au contraire bien accueillie. « Nous venons de terminer une année scolaire compliquée, avec un calendrier scolaire chamboulé, ce ne serait pas juste de faire redoubler des étudiants qui ont déjà perdu une année. On peut toujours s’organiser pour faire du rattrapage. Il faut aussi penser à ces enfants qui en ont assez de refaire la même classe depuis deux ans », dit Bhojeparsad Jugdambi, président de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE). La question d’âge entre aussi en jeu, surtout avec le critère des cinq Credits où certains étudiants ont dû repasser leur SC.

Au niveau des collèges d’État, Harrish Reedoy, président de l’United Deputy Rectors and Rectors Union (UDRRU) indique que des Promotion Committees seront institués afin d’évaluer les étudiants. « Il faudra procéder au cas par cas. D’abord au cours du 2e trimestre, les étudiants ont eu droit à trois assessments, qui permettent de donner une idée sur leur niveau. Ensuite, pour que l’exercice se fasse en toute transparence, nous prévoyons des promotion committees, réunissant les enseignants et la direction des collèges. Pour moi, il ne s’agit pas tout à fait de promotion automatique. »

Pour Yugeshwur Kisto, président de la Government Secondary School Teachers Union, l’annulation des examens en grades 7,8,10 et 12 est une bonne chose et il faudrait permettre à ceux qui le peuvent, de monter. « Cela figurait déjà dans nos propositions. Il faut se rendre compte que nous sommes dans un contexte difficile. Je crois que c’est une sage décision,» dit-il.

Dans d’autres milieux, on estime qu’il n’est pas juste de ne pas organiser les examens car on prive les étudiants d’une nouvelle chance. « Dans une année scolaire il y a trois examens, soit à la fin de chaque trimestre. Cela permet aux étudiants de se situer et d’identifier leurs faiblesses. Que se passera-t-il si un étudiant a mal travaillé pour les examens du deuxième trimestre mais a fait des efforts pour le troisième trimestre? Il n’aura pas l’occasion de le prouver », regrette un enseignant. Ce point de vue est partagé également dans certains collèges catholiques.

Il faudra maintenant attendre la reprise des classes, prévues pour le 15 juin pour être fixés. À moins qu’entre-temps, les collèges ne communiquent avec les élèves et les parents, pour annoncer leurs décisions. Compte tenu qu’il s’agit là du début d’une nouvelle année scolaire, les parents devront également prévoir pour l’achat des livres, qui se fait généralement, avant la rentrée.