Le Club M, avec ici un de ses expatriés, Jérémy Villeneouve (ex-Bourges FC/Nationale 2 de France), en difficulté au stade Anjalay contre la sélection de Sao Tomé après les Jeux des Iles l’année dernière

Le football mauricien est à l’agonie. Après une année 2020 émaillée de scandales et de polémiques (comme ses devancières), le ballon rond a souffert de l’amateurisme de la Mauritius Football Association, dont l’état-major est pointé du doigt une nouvelle fois.

L’éclaircie, le temps d’un transfert inattendu d’Ashley Nazira, en février dernier, vers le club américain de San Diego, a été à l’image d’une saison plombée par la Covid-19, de courte durée. Car la direction des Loyals s’est séparée de l’attaquant du Club M en octobre dernier. Nazira n’aura disputé globalement que 28 minutes, et il n’a jamais pu s’exprimer et encore moins trouvé le chemin des filets.

Curieusement, si Madagascar et les Comores ont pu sortir la tête de l’eau, le Club M n’a jamais pu retrouver sa stabilité. On se souvient du retour en catimini du Brésilien Francisco Filho lors de la Bangabandhu Gold Cup. Il n’y a jamais eu d’annonce officielle par la MFA de Samir Sobha, qui persiste et signe. Toute fédération qui se respecte — la plus petite sur le continent soit-elle — saisit la presse pour l’informer de l’embauche d’un coach national. Ici à Maurice, la MFA, avec de surcroît un ancien journaliste (Didier Pragassa) aux fonctions de secrétaire général, se contente de publier des photos à travers sa page Facebook pour annoncer la sélection.

La situation ne cesse d’empirer sous la présidence de Samir Sobha

La participation (honteuse) de la sélection nationale à Laayoune au Maroc, lors de la Coupe d’Afrique des Nations de Futsal, aura été un autre point noir. À la demande du ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs Maurice, et par la voix de son ministre Stephan Toussaint qui s’est appuyé sur un sujet politique — Laayoune, « territoire non autonome » par l’Organisation des Nations Unies, ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc —, Maurice s’est retirée en plein tournoi. Un forfait qui a valu à la MFA une forte amende de $ 75 000 (≈Rs 2,7M) et une suspension pour les deux prochaines éditions de la CAN de futsal. Mais un problème n’arrivant jamais seul, Maurice a dû rembourser à la Fédération marocaine de football Rs 3M pour l’hébergement et autres frais liés à ce déplacement. Cette participation a non seulement terni l’image du football mauricien, mais aussi celle même du pays.

À la suite de ce triste épisode, la MFA a fait appel à un nouveau directeur technique national en la personne du Sud-Africain Zunaïd Mall. Le DTN s’est aussitôt retrouvé devant un dilemme : comment mener à bien sa tâche, avec l’existence de deux centres nationaux de formation, celui de François Blaquart à Réduit, qui est dirigé par les officiers du ministère des Sports, et celui de la MFA ? Comment gérer en même temps deux sélections et éviter les différends entre la MFA et le MAJSL ? Au final, ce sont les footballeurs de l’île qui paient les frais.

Orpheline d’une sélection jusqu’à mars, la MFA avait fait appel à l’Algérien Boualem Mankour avant le confinement. Mais avec la pandémie de la Covid-19, ce technicien n’a toujours pas signé de contrat à l’heure actuelle. L’amateurisme du côté de Trianon s’est accentué avec l’arrêt précipité des différents championnats du pays, alors qu’il ne restait que cinq journées pour boucler la saison 2019-20.

Dans ce brouillard qui enveloppe le foot mauricien, le Cercle de Joachim, cher à Samir Sobha, n’a pas échappé à une sanction de la FIFA. Rs 429 000, l’amende est liée aux manquements sur les transferts (manuels) de cinq joueurs originaires de Madagascar, qui ont évolué dans une compétition à Maurice sans permis de travail, alors qu’ils étaient considérés comme des footballeurs professionnels. Cette affaire avait également été reprise au Parlement.

Tout compte fait, et avec la mauvaise gestion de la MFA, le football mauricien est devenu la risée du continent africain.