(photos d'archive)

Le recours aux joueurs étrangers s’est révélé une faillite  au vu du niveau actuel de notre football

La saison reprend ce mardi, après une menace d’arrêt, suivant la baisse de subvention de 50% du ministère

Les championnats de la Super League, de la première et de la deuxième division reprendront finalement. Une réunion de crise s’est tenue, jeudi, à la Football House à Trianon, entre les dirigeants de la Mauritius Football Association (MFA) et ceux des clubs. Cela, en raison des problèmes financiers rencontrés par les clubs après la décision gouvernementale de réduire les subventions à 50% suite à la crise économique engendrée par la pandémie de COVID-19. Il a été finalement décidé que les compétitions reprendront ce mardi après une menace de tout arrêter. à bien analyser toutefois, le problème du football est loin d’être financier. Le mal se trouve ailleurs et nous le savons tous depuis des lustres. Pas pour d’autres, malheureusement !

Ainsi, apprenons-nous, la menace d’un arrêt de la saison 2020/21 n’est, pour l’heure, plus d’actualité. Même si cette décision ne fait pas l’unanimité, les clubs ont tout de même décidé de reprendre la compétition ce mardi et de continuer jusqu’à ce que le problème soit résolu. Une démarche est envisagée auprès du ministère des Sports et si d’ici la fin du mois, aucune solution n’est trouvée, la MFA réunira, à nouveau ses membres pour décider de la situation. Selon nos informations, il se pourrait que la saison soit alors annulée ou qu’elle soit raccourcie. Certains estimant que les fonds du contribuable ne peuvent être gaspillés inutilement, comme ce fut le cas, la saison dernière, lorsque la MFA avait décidé d’arrêter brusquement ses championnats, en raison de la COVID-19 et sans pour autant en proposer des options.

Dans les milieux concernés, on avance que c’est la réduction de 50% des grants alloués par le ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL) qui est à la base de ce problème. La saison précédente, les clubs de la Super League avaient obtenu chacun une enveloppe de Rs 1.2M, ceux de la première et de la troisième division avaient eu chacun Rs 500 000 et Rs 400 000 respectivement, alors que les 12 comités régionaux avaient bénéficié de Rs 100 000 chacun. Avec la décision du ministère de réduire les allocations, c’est désormais un ratio de Rs 600 000: Rs 250 000: Rs 200 000: Rs 100 000 qui est appliquée. Cercle de Joachim n’étant pas concerné dans la mesure où elle fait l’objet d’une enquête policière.

Selon le Budget Estimate du ministère des Sports, une somme de Rs 18M était prévu pour la saison 2020/21. Finalement, c’est une somme de quelque Rs 10M qui a été allouée aux clubs en prenant en considérant qu’une poignée n’a pas encore soumis certains documents requis. Donc, un manque à gagner de Rs 8M. La question qu’il faudra désormais se poser est de savoir si le problème reposait uniquement et réellement sur les finances ? Pas si certain que cela quand on sait, même si le contexte n’est pas le même, que Roche Bois Warriors a été champion en basket-ball avec les…Rs 100 000 du ministère des sports et surtout, sans sponsor !

Le problème du football mauricien, il est donc ailleurs. Cela, en considérant qu’une grosse partie de ces allocations gouvernementales sert à payer le salaire des joueurs, dont des étrangers. Un dirigeant l’a d’ailleurs récemment officiellement expliqué à travers une déclaration de presse. Sans oublier que ces joueurs doivent être, entre autres logés, aux frais des clubs. Désormais, il faut se demander s’il est vraiment nécessaire de faire appel aux joueurs dits professionnels.

Pratique professionnelle pour championnat amateur

Aussi, ce qui devait être une valeur ajoutée à notre football est finalement un échec en prenant en considération le niveau actuel. Sinon, comment expliquer que les clubs locaux peinent toujours à s’affirmer au niveau des compétitions africaines ? N’est-il pas temps de couper ce cordon devenu, au fil des années, une mode à laquelle tout le monde veut adhérer, mais qui finalement est devenu un boulet pour les clubs ? Aussi, nous ne comprenons pas pourquoi des clubs de la deuxième division, devraient s’offrir les services des joueurs étrangers ? N’y a-t-il donc plus de Mauriciens pour jouer au football ? Qu’a-t-on fait pour préparer la relève ?

N’oublions aussi pas qu’en 2019, la formation régionale d’Henrietta Tropic, club dont était membre le président de la MFA, Samir Sobha, à l’époque, avait recruté des étrangers ! Toutefois, cette équipe qui visait la deuxième division nationale à l’issue des inter-régions avait été coiffée au poteau par Mangalkhan SC. Une formation curepipienne composée alors à 100% de joueurs mauriciens et reposant surtout sur des jeunes de la région et sur la formation !

Aussi, il est important de savoir si les clubs sont gérés de façon à optimiser les ressources disponibles. Sans oublier la surenchère qui est faite au niveau des salaires proposés aux joueurs dans le cadre d’un transfert. C’est justement ce système qu’il est important de revoir d’autant qu’on ne peut associer une pratique professionnelle à un championnat amateur !

COVID-19 ou pas, la MFA gagnerait à se remettre en question par rapport à cette décision du ministère des Sports de réduire les vivres. Aussi, est-il important de prendre en considération les problèmes occasionnés par cette fédération, l’année dernière, et non des moindres.  La MFA devrait donc assumer ses responsabilités, non sans oublier, comment elle a été grassement soutenue, à hauteur de plusieurs millions de roupies, par la Fédération Internationale de Football Associations et la Confédération africaine de Football, en 2020.

Au niveau des clubs : Qu’en est-il de la formation ?

Combien sont-ils les clubs à faire de la formation à Maurice, hormis les clubs privés ? C’est la question qu’il faut se poser à l’heure où certains clubs recrutent jusqu’à cinq joueurs étrangers ! Tant mieux si la formation occupe une place importante au niveau des certains clubs. Sauf que, selon nos informations, ils ne sont pas nombreux à s’y adonner, alors que Mangalkhan SC, à titre d’exemple, a prouvé qu’on pouvait bien progresser, avec peu de moyens, mais avec surtout beaucoup de bonne volonté et de la détermination. Cette équipe a été désormais promue en deuxième division nationale et peut être fière d’avoir bâti une équipe reposant sur ce principe et en faisant surtout confiance aux jeunes mauriciens. Si Mangalkhan SC l’a fait, alors d’autres le peuvent aussi. à moins, bien évidemment, qu’on n’y est pas vraiment intéressé et qu’on n’est pas préparé à faire confiance aux jeunes comme c’était jadis le cas.