Beaucoup de questions demeurent après le choix bancaire de la MFA

Cela en lien avec sa démarche subite et interpellante « d’aider » certains clubs régionaux à bénéficier d’un soutien  dans le cadre du Covid-19

Pourquoi choisir une banque spécifique et non une autre avec laquelle traite aussi la fédération ?

La Mauritius Football Association (MFA) a récemment proposé son aide aux clubs régionaux n’ayant pas de compte bancaire. Cela, afin de les faciliter dans leurs démarches pour bénéficier (enfin !) des fonds prévus dans le cadre du Covid-19 alloué par la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) depuis l’année dernière. Nombreux sont-ils toutefois à s’interroger quant à cette envie subite et pressante « d’aider », alors que ce soutien financier dort dans les tiroirs à Trianon depuis…l’année dernière. Au-delà de ces interrogations, c’est le “Security Bond” de la MFA qui est sérieusement remis en question après le “fast-track” déjà « négocié » auprès d’une banque en particulier.

C’est la réception d’un courriel de la MFA, en date du 11 mai, et destiné aux clubs régionaux n’ayant pas encore reçu leur soutien du Covid-19, qui a mis la puce à l’oreille. Un courriel qui se lit comme suit : “The Mauritius Football Association has been able to negotiate a fast-track helpdesk, with [……..] to facilitate the opening of a Bank Account for all Regional Football Clubs which do not have any Bank Account.” Des informations précises, telles le nom exact du club, celui du secrétaire, ainsi que l’adresse postale et électronique, de même que le numéro de téléphone, sont requises. Une série de documents est également demandée, dont la certification d’enregistrement et un “Security Bond” du Registrar of Associations.

Dans les milieux concernés, on ne peut s’empêcher de soupeser la démarche subite et pressante de la MFA à vouloir « aider » ces clubs régionaux. Pourquoi maintenant, se demandent-ils, mais pas avant, alors que les clubs de l’élite et des divisions inférieures ont, eux, déjà bénéficié de cette aide depuis plusieurs mois ?
Condition sine qua non

Si la démarche de la MFA interpelle, c’est surtout en raison de son choix concernant l’institution bancaire choisie. D’autres banques, avec lesquelles traitent la MFA, ont-elles aussi été sollicitées et si non, pourquoi ? D’où la réflexion suivante d’un dirigeant : « Cet argent est destiné aux clubs régionaux et c’est à eux de décider avec quelle banque ils veulent travailler. Ce n’est certainement pas à la MFA de décider à leur place. Aussi, est-ce une condition sine qua non pour leur permettre de bénéficier de cet argent? », se demande-t-il.
Dans ce même ordre d’idées il est demandé qui sont ceux à la MFA censés signer les chèques au sein de la banque concernée ? La signature du trésorier est-elle obligatoire ? Selon les statuts amendés de 2012 — ces mêmes statuts qui attendent toujours d’être approuvés par le Registrar of Associations — aucune mention ne serait faite concernant ce poste. À qui revient donc la tâche de signer les chèques ? Ce serait, dit-on, d’un président des Finances de s’en charger, aux côtés du secrétaire-général et du président de la MFA.
Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, selon le “Security Bond” de 2015, référence serait faite au poste de trésorier et ce, comme le veulet les statuts légaux datant de 2006 et contrairement aux amendements de 2012 pas reconnus par le Registrar. Which is which alors ? Est-ce à dire que les deux statuts sont utilisés et ce, dépendant des conditions ?
Aussi important est-il de savoir qui sont les trois personnes qui signent au bas des chèques de la banque concernée, mais aussi avec les deux autres banques avec lesquelles traitent la MFA ? Car, pour qu’une association soit autorisée à réaliser des transactions bancaires, un “Security Bond”, vérifié et approuvé par le Registrar of Associations serait nécessaire, explique-t-on.

Pas en conformité

La question de “Security Bond” devient encore plus interpellante quand on sait que les statuts amendés de 2012, approuvés par une assemblée au temps où Vinod Persunoo était président, n’ont toujours pas été validés par le Registrar of Associations. Dans ces conditions qui a approuvé le « Security Bond » qui est actuellement utilisé ? En revanche, avance-t-on, ce sont ces mêmes statuts (2012) qui auraient été utilisés lors de l’organisation des élections de 2013 et ceux de 2018, donc pas en conformité avec les dispositions de la loi sportive !

Il est bon de rappeler, que les statuts amendés de 2012, se trouveraient, depuis mars 2019, au Registrar of Associations. Cela, si l’on se fie à la déclaration du ministre des Sports, Stephan Toussaint, à l’Assemblée nationale. Sauf qu’on ne sait pas si le document déposé est celui de 2012 ou si ce sont des statuts de 2012 amendés et (ré)amendés. Dans le deuxième cas, ils auraient dû être discutés et approuvés par une assemblée.

L’on se demande également pourquoi le Registrar of Associations met autant de temps pour statuer sur un point aussi important quand on sait, qui plus est, que l’Etat a continué à injecter l’argent public dans cette fédération jusqu’à la déclaration de Stephan Toussaint, en décembre dernier, au Parlement. On se souvient aussi comment le leader de l’Opposition de l’époque, Arvin Boolell avait réagi, en juin 2019, sur la question de la légalité de la MFA, en avançant une connivence entre la MFA et le Registrar of Associations.

Au nom de la transparence

Ce sont donc autant de questions qui méritent d’être éclaircies en prenant en compte que ce n’est pas la première fois que la MFA se retrouve sous les feux des projecteurs. L’année dernière, soit début novembre, son président, Samir Sobha, avait été convoqué aux Casernes Centrales pour s’expliquer suivant une affaire de permis de travail octroyé à des étrangers ayant évolué sous les couleurs de Cercle de Joachim (saison 2019/2020), club dont il en est le représentant. Malheureusement, cette affaire traîne et demeure toujours en suspens !

Avec autant de faits déplorés, n’est-il pas grand temps que les instances compétentes réagissent ? Au nom de la transparence et à l’heure même où Maurice se bat pour faire enlever son nom de la liste noire de l’Union européenne concernant les transactions douteuses. Si les courses hippiques sont sous les radars du gouvernement, alors n’est-il pas nécessaire à la MFA de commencer, elle aussi, à rendre des comptes fait-on ressortir sur la place publique ?