(Photo by PETER POWELL / POOL / AFP)

L’Angleterre reste de loin de le championnat de football le plus lucratif en termes de revenus issus des droits TV. Le point dans les principaux championnats européens, après l’attribution vendredi de l’essentiel des droits TV du Championnat d’Italie à la plateforme de streaming sportif DAZN.

Angleterre

La Premier League enregistre le contrat le plus élevé du monde, bien que les 5 milliards de livres pour 2019-2022 (5,5 milliards d’euros) soient légèrement inférieurs aux 5,1 milliards de livres (5,7 milliards d’euros) du cycle précédent (2016-2019). Le dernier appel d’offres a été marqué par l’entrée en lice d’Amazon, qui a remporté vingt matches pour la première fois. Cependant, en raison de l’arrêt de la dernière saison pour cause de pandémie de Covid-19, un rabais de 223 millions de livres a été accordé aux diffuseurs.

Avant la pandémie, contrairement à l’Espagne, l’Italie et la France, tous les matches de Premier League n’étaient pas télévisés en Grande-Bretagne. L’accord portait sur 180 matchs en direct sur 380, mais en raison de la fermeture au public des stades, tous les matches sont désormais retransmis en direct et un plus grand nombre de matches sont « offerts » aux détenteurs de droits sans frais supplémentaires.

. Allemagne

L’Allemagne a négocié en juin 2020, dans un contexte marqué par la crise sanitaire, les droits des matches de première et deuxième divisions du Championnat pour un montant global de 4,4 milliards d’euros, soit 1,1 milliard d’euros par an, en retrait par rapport au précédent contrat (1,6 md EUR par saison), pour la période 2021-25. Sky et DAZN se partagent le gâteau avec les matches de samedi pour le premier, les matches de vendredi et dimanche pour le second.

Le patron de la Ligue allemande de football Christian Seifert avait salué la signature de ce contrat: « Il nous permet la plus grande stabilité possible en période d’incertitude ».

. France

En France, la Ligue a dû tirer un trait sur un pactole annuel d’1,217 milliard d’euros pour la Ligue 1 et la Ligue 2, après la défaillance et le retrait de son diffuseur majeur, Mediapro, en décembre 2020. En pleine crise, le football français a sécurisé avec Canal+ une saison 2020-2021 à environ 683 millions d’euros au total, actant une baisse de près de 50% de ses revenus audiovisuels domestiques.

Pour les prochaines saisons, le flou persiste: les droits TV de celles-ci doivent encore être négociés.

. Espagne

En Espagne, LaLiga a adjugé en 2018 les droits TV concernant les championnats professionnels (pour la période 2019-2022) au duo Telefonica (qui détient les chaînes télé Movistar, diffuseur principal de LaLiga) et Mediapro, pour 3,421 milliards d’euros, soit une moyenne de 1,14 milliard d’euros par saison.

La saison dernière, la pandémie a entraîné une très légère baisse des revenus (1,10 milliard d’euros). LaLiga commercialise les droits télévisuels par lots depuis 2015. Auparavant, chaque équipe négociait individuellement avec les opérateurs TV.

La pandémie a obligé LaLiga a renégocié à la baisse avec Mediapro les termes d’un contrat de 460 millions d’euros pour trois saisons (2020/2021, 2021/2022, 2022/2023) concernant les droits permettant de diffuser les rencontres dans les bars espagnols, trés touchés par la pandémie.

. Italie

C’est une petite révolution qui aura lieu à partir de la saison prochaine en Italie avec l’essentiel des matches du championnat diffusé en streaming par la plateforme DAZN, qui a pris le dessus vendredi sur l’offre du diffuseur historique Sky.

Depuis 2018, Sky et DAZN se partagent les droits TV nationaux de la Serie A contre 973 millions d’euros au total par an.

Pour les trois prochaines saison (2021-24), DAZN versera quelque 840 M EUR par an pour diffuser dix matches, dont sept en exclusivité. L’attribution d’un troisième lot est encore discussion avec Sky (les trois autres matches en co-diffusion), la Ligue espérant pouvoir se rapprocher au maximum du total actuel.

Outre les droits TV, le football italien avait lancé à l’automne un projet visant à s’associer à des fonds d’investissement privés, avec la promesse de 1,7 milliard d’euros d’argent frais. Mais les discussions sont désormais au point mort, plusieurs clubs ayant depuis changé d’avis sur ce dossier.