Un certain découragement a gagné le football féminin

E n ce moment, c’est l’actualité des championnats masculins qui anime le monde du football local. Mais plusieurs dossiers sont toujours en suspens, à l’exemple du football féminin, qui semble mis dans un coin. Cela fait désormais deux saisons que les footballeuses n’ont pas disputé un match de championnat. Au fil du temps, le niveau de ces actrices du ballon rond a baissé, d’autant qu’il y avait un léger progrès durant la période où l’ancien sélectionneur Kofi Kawata était présent. Autant dire que la relance du football féminin est une nouvelle fois un échec.

Reculer pour mieux sauter. Une devise que le football féminin adopte depuis plusieurs années. Mais en un saut, les footballeuses ont perdu beaucoup plus qu’elles ont appris. L’actualité footballistique en ce moment est occupée uniquement par les trois championnats masculin qui ont été mis en suspens. Les dirigeants ne semblent pas porter un intérêt quelconque au football féminin. Est-ce l’aspect financier qui porte préjudice à cette section du football local ? Car il faut se rappeler que les clubs féminins ne reçoivent aucune allocation de la part du ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, contrairement à leurs homologues masculins.

La championne en titre (2019) est l’équipe de Plaisance Spoutnik, qui avait dans son effectif des éléments comme Cynthia Édouard, Joëlle Legrand et Émilie Macaque, qui ont fait parler leurs talents. Lors des deux années écoulées, Cynthia Édouard a rejoint le staff du Lady Club M, Joëlle Legrand s’est éloignée des terrains et Émilie Macaque continue à porter son équipe. Toutefois, la situation devient de plus en plus insoutenable pour certaines footballeuses. « Durant les deux saisons écoulées, nous avons perdu pas mal de jeunes talents. Comment pourra-t-on encourager les jeunes filles si l’élite même n’est pas active ? » se demande une footballeuse.

Certes, l’arrivée de la Covid-19 a joué contre le football mauricien en général. Mais si au niveau de la section masculine la Mauritius Football Association a su trouver les moyens afin de débuter l’aventure 2020-21, la fédération devrait également relancer la section féminine, sachant qu’il y aurait eu moins de rencontres à disputer. Alors que le championnat féminin devait reprendre ce mois-ci, le doute plane toujours et celui ci pourrait être à nouveau repoussé. « Il n’y a aucune communication entre la MFA et les clubs féminins. Est-ce deux mois avant le coup d’envoi du championnat qu’on sera mis au courant ? Est-ce que c’est ainsi qu’on reconstruit une section qui a été longtemps mise de côté ? » se demande notre interlocutrice. Sans oublier que la MFA perçoit également un budget de la FIFA pour la section féminine.

Si au niveau local les footballeuses ont perdu énormément, dans le classement FIFA, le Lady Club M se positionne à la dernière place, soit 167e avec 357 points, alors que Madagascar et les Comores se placent respectivement 166e et 164e. Depuis 2020, le ministère des Sports des Comores a rebâti cette section avec l’apport des expatriées qui ont été appelées à renforcer l’équipe nationale. Si les victoires peinent à venir, les Comores ont le mérite d’avoir concrétisé ce projet et d’ici deux ans, les Comoriennes pourront certainement rivaliser avec quelques pays africains.

Limogé en juillet 2020, l’ancien sélectionneur, le Français d’origine congolaise Kofi Kawata, ex-joueur du FC Nantes, est regretté par plusieurs joueuses ayant évolué à ses côtés en sélection. « Les gens peuvent dire que nous avons enchaîné les défaites, mais la réalité ne se reflète pas uniquement sur les scores. Nous avons chacune progressé, que ce soit au niveau tactique ou technique. Il ne nous a pas vendu du rêve et a été très réaliste. Je pense que cela a été une mauvaise décision de la MFA que de le faire partir. » Désormais à l’île de La Réunion, Kofi Kawata a été approché par le staff de la sélection féminine de l’île sœur.