Le courant ne semble plus passer entre Samir Sobha et le gouvernement, ici représenté par le PM, Pravind Jugnauth (à g.) et Stephan Toussaint (à dr.)

– Appel à la MFA pour “ operate on the principles of good governance” alors qu’elle n’est même pas en conformité avec la Sports Act 2016 !

– Les déclarations contradictoires de Samir Sobha liées à la FIFA et une ingérence évoquée qu’on peine à comprendre

Le ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL) a finalement décidé d’agir, ou plutôt de réagir, face au fonctionnement de la Mauritius Football Association (MFA), dénoncé depuis des années dans ces mêmes colonnes. Ainsi, il a été décidé, vendredi après-midi, de geler les fonds attribués aux clubs dans le cadre du Regionalisation Grant, d’interdire l’accès aux stades appartenant à l’Etat et de ne plus accorder de soutien lors des procédures menant à l’obtention d’un permis de travail aux étrangers qui seront engagés lors de la saison 2021/22. Il est aussi demandé à la MFA de régler, d’ici novembre, “its governance issue”, afin de se mettre en ligne avec la section 5 de la Sports Act 2016 !

Le timing adopté par le MAJSL de couper les vivres aux clubs nationaux et comités régionaux a définitivement été très mal choisi. Nous dirons même que le ministère des Sports s’est lamentablement loupé sur ce coup-là. Elle s’est trompée grossièrement de cible en prenant les clubs et comités régionaux pour boucs-émissaires. Cela, en mettant en avant l’affaire de voyeurisme allégué à la MFA. D’où cette première interrogation : est-ce les clubs qui ont fauté si un téléphone a été placé dans les toilettes des dames dans les locaux de la MFA à Trianon ? Est-ce leur faute si certains à la MFA n’ont pas assumé leurs responsabilités ? Sont-ils aussi fautifs si le téléphone incriminé a ensuite disparu ? Visiblement, cette décision du MAJSL de faire payer les clubs à la place de la MFA, dans ces conditions bien précises, est fortement à déplorer et ne tient définitivement pas la route.

Un ministre en particulier se serait-il fait taper sur les doigts par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, lors du Conseil des ministres de vendredi ? Mais ce qui révolte encore plus, c’est la manière dont cette décision hâtive, voire dénuée de tout sens, a été appliquée. Ce qui est certain, c’est que le gouvernement ne pouvait laisser traîner les choses surtout pas après l’ampleur qu’a pris cette affaire de voyeurisme allégué dans les médias anglais. Malheureusement, pour le gouvernement de Pravind Jugnauth, cette décision est injustifiable et va totalement à l’encontre du fair-play.

Retrouvez l’article au complet dans l’édition de Week-end du 29 août.