Porter la voix des citoyens. Tel est l’objectif de la toute nouvelle ONG People’s Voices Network (PVN). Après un premier événement vendredi avec le département de droit de l’université de Maurice autour de « The urgency of the Freedom of Information Act in Mauritius », PVN compte se positionner comme lobbyiste pour aider à changer le système. Gabriella Batour, jeune diplômée en sciences politiques, est la secrétaire de l’association. Soucieuse de l’avenir de son pays, elle a décidé de s’engager.

l Pourquoi avoir créé People’s Voices Network ?

– L’initiative de cette organisation non gouvernementale (ONG) a commencé après les crises que nous avons connues, notamment la Covid, le Wakashio, une des plus grandes crises écologiques que le pays ait connues, et la crise économique qui existait d’ailleurs déjà bien avant la Covid. Il s’agit avant tout d’une plate-forme citoyenne et où il y a eu une prise de conscience de l’impact d’une certaine négligence et incompétence sur notre île. Il est clair que les autorités ont failli. Et avec les nombreux scandales, ce fut la goutte d’eau qui a tout fait déborder. Nous nous sommes rassemblés autour d’une même mission.

l Qui êtes-vous ?

-Nous sommes une dizaine de membres avec des Mauriciens de tous bords, du professionnel à la ménagère qui sait comment jongler avec le budget post-Covid, qui connaît certaines réalités. À la présidence, nous avons Sheila Bunwaree et Neena Ramdenee. Notre assistant-secrétaire est Ishan Ramdenee et le trésorier est Anand Gopal. Beaucoup de femmes, comme vous le voyez, car même si nous ne pouvons dire que nous vivons à Maurice dans une société entièrement patriarcale, la femme reste toujours exclue des débats et de certaines sphères.

l Ce sont quand même des noms très connus, votre démarche ne serait-elle pas un peu politique ?

-Oui, mais vous remarquerez que notre présidente et vice-présidente ont des couleurs politiques différentes. Sunil Dowarkasing est aussi un de nos membres, mais notre organisation reste apolitique. Nous sommes avant tout dans cette mouvance citoyenne, qui a pris naissance le 29 lors de la grande marche pacifique, car nous sommes tous des Mauriciens, des patriotes qui collaborons et travaillons ensemble sur une même plateforme. Nous partageons les mêmes valeurs d’intégrité, d’éthique et d’empathie, entre autres, qui est d’ailleurs un des éléments clés de notre organisation.

l Quelle est votre mission et qu’est-ce qui vous différencie des autres ONG émergentes ?

-Il est vrai qu’il y a beaucoup d’ONG qui émergent en ce moment, mais nous, nous souhaitons vraiment mettre nos paroles en actions. Notre but est de donner la parole aux citoyens et notre rôle est de porter la voix de ces derniers, d’où le nom People’s Voices Network. Il y a, encore une fois, cette prise de conscience, car l’on sent de plus en plus que nous sommes mis de côté en tant que citoyens et ce n’est pas cela du tout une démocratie participative.
« Il est important de comprendre et de faire comprendre aux citoyens l’importance d’avoir une Information Act qui soit effective»

l Vous avez organisé un premier débat, vendredi autour de la Freedom of Information Act. Pourquoi avoir donné le coup d’envoi avec ce thème ?

-L’on se rend compte surtout que nos droits ne sont pas respectés et nous voyons qu’il y a des informations qui ne sont pas divulguées ou alors qu’elles le sont en partie. Il est donc important de comprendre et de faire comprendre aux citoyens l’importance d’avoir une Information Act qui soit effective. Encore une fois, notre vision est d’avoir accès à nos droits et d’apporter un systemic change. Ce premier débat nous permet de mieux comprendre et d’écouter ce que les citoyens ont à dire. Nous croyons dans la démocratie participative. D’ailleurs, nous comptons faire des plaidoyers qui seront ensuite envoyés aux autorités concernées. Une sorte de lobbying.

l Quelle est la suite ?

-Nous avons tout un calendrier d’activités qui est prévu avec des rencontres et des visites sur le terrain autour de thèmes qui nous concernent tous. Chacun a son mot à dire et d’ailleurs, tous ceux qui souhaitent nous rejoindre sont les bienvenus.