l La nouvelle grille tarifaire pour l’utilisation de la musique entrerait en vigueur ce vendredi. La Mauritius Society of Authors (MASA) avait pourtant été informée par le ministère de tutelle de la suspension des nouveaux tarifs, lesquels devaient être appliqués à compter du 1er de ce mois, soit au début de la nouvelle année financière. Que se passe-t-il?

— Je ne suis pas au courant que la nouvelle grille tarifaire entre en vigueur ce vendredi. Je ne sais pas ce qui se passe non plus, car pour commencer, je n’ai reçu aucun courrier ni appel pour m’informer d’une quelconque décision sur le renvoi de l’application de la nouvelle grille tarifaire.  Toutefois, lorsque j’ai appris que le ministère des Arts et du Patrimoine culturel a envoyé une lettre à la MASA pour annoncer le gel des nouveaux tarifs, j’ai été surpris. Plus encore, attristé et aussi déçu. Avant d’être le président du conseil d’administration de la MASA, je suis avant tout un artiste. Et je resterai un artiste. Comme n’importe quel artiste, je plaide pour une augmentation de ces tarifs. La musique est mon métier, mon gagne-pain. Demain, je vais y retourner. La présidence à la MASA est un poste éphémère.

l Comment expliquez-vous que la grille tarifaire n’a pas été révisé depuis 2008? 

-— C’est là que le bât blesse!  Aucun prédécesseur du ministre Avinash Teeluck n’avait revu la grille des tarifs avant lui. Si les tarifs sont restés les mêmes depuis toutes ces années, c’est par faute de volonté politique. En écoutant les artistes qui ont réclamé une nouvelle grille, le ministre Teeluck nous avait mis dans un mood positif. Un comité avec des artistes et le Licensing Officer de la MASA avait travaillé sur cette grille. Mais si au final c’est une décision qui a été gazetted est suspendue, le ministre est le seul à savoir pourquoi.

l D’autre part, la MASA, qui est financièrement dans le rouge avec des revenus qui ne cessent de chuter, continue à prélever 30% des redevances provenant de l’utilisation  d’oeuvres musicales…

— Je croyais que le budget allait rétablir une situation qui pénalise les artistes en prélevant une taxe sur les supports d’enregistrement et de stockage de musique. C’est comme cela que les artistes à l’étranger peuvent vivre de leur musique. C’est une des sources de revenus non négligeables pour nous. Oui, la MASA est dans le rouge. Si quelques années de cela la société avait besoin d’environ Rs 12 M pour payer le salaire de ses employés et assurer ses dépenses, je crois qu’aujourd’hui elle a besoin de plus que ce montant.

l Outre la santé financière de la MASA, The Artist’s Status Bill et la tenue des élections pour élire quatre artistes au conseil d’administration sont deux items à l’agenda, mais que le temps semble compromettre et en défaveur des artistes. Votre avis ?

  Le ministre Teeluck m’avait dit que le projet de loi serait présenté au Parlement en août. Attendons voir. Depuis le report des élections dû aux règlements sanitaires, le board de la MASA est actuellement composé de neuf membres, notamment sept fonctionnaires qui représentent chacun un ministère ou une institution publique, et deux nominés politiques, dont moi-même. Selon le ministère, le board peut siéger avec un quorum de neuf membres. Ma question est : comment est-ce qu’une société pour des artistes peut entériner des décisions sans que ces derniers ne soient représentés au conseil ? Sur ce board, personne ne représente les artistes. Je suis pour le retour temporaire des artistes dont le mandat a pris fin pour que nous puissions mettre en œuvre des projets sur lesquels nous avons travaillé et qui sont importants.

l Quels sont ces projets?

— Beaucoup d’artistes ont une approche négative et sans s’informer, ils pensent qu’il n’y a rien qui se fait pour eux. Parmi ces projets, il y a une application qui a été développée pour faciliter les déclarations en ligne, recevoir des informations sur les distributions, etc., le site en ligne de la MASA, sa présence sur les réseaux sociaux. Il n’y aura plus la nécessité de payer la totalité des royalties avant la tenue d’un concert, un plan de pension, entre autres. Nous avons mis en place une assistance financière pour des artistes malades. Il y a eu, depuis, quatre bénéficiaires.

l À la réouverture des hôtels, est-ce que vous encouragez les artistes qui s’y produisent à se faire vacciner contre la Covid-19?

— S’il est demandé aux touristes de se faire vacciner pour séjourner à l’hôtel, si les employés sont vaccinés, pourquoi est-ce que les artistes qui dépendent eux aussi de ce secteur ne devront pas être vaccinés ? J’encourage la vaccination. J’ai été vacciné.