Gilbert Parisot redonne vie aux voitures d’antan. Son garage a Terre Rouge n’accueille que des voitures de collection alors que sa cour à Trou d’Eau Douce, en passe de devenir un restaurant, abrite une vingtaine d’automobiles d’époque qu’il a pris soin d’acquérir et de remettre à jour. Alors qu’il s’apprêtait à offrir un Ford Mustang d’époque à son fils à l’occasion de ses 18 ans, nous l’avons rencontré chez lui au milieu de ces voitures.

Garagiste de profession, Gilbert Parisot, 44 ans, a orienté son métier autour des véhicules de collection. Mécanicien depuis très jeune, il s’est peu à peu tourné exclusivement vers la réparation et la remise à jour des voitures vintage. “Je trouve moins intéressant de réparer une voiture récente qu’une voiture ancienne. En mettant les mains sous le capot d’une voiture de collection, j’éprouve un feeling tout à fait différent. Plus c’est vieux, plus je suis content”, confie-t-il. Outre d’avoir des clients à travers l’île, sa notoriété dépasse même les frontières ayant déjà voyagé jusqu’à La Réunion et même l’Allemagne pour réparer des voitures d’époque.

Une vingtaine de voitures.

Il n’y a qu’à voir sa cour pour comprendre. Des voitures de collection de marques différentes sont entreposées un peu partout. “Le plus souvent, les voitures que je peux obtenir sont en très mauvaise condition”, dit-il. Certaines sont en état de marche et lui rapportent même de l’argent. En effet, des limousines et d’autres voitures au look vintage sont utilisées comme carrosses de mariage. Quelques-unes font le bonheur des visiteurs lors des expositions pour lesquelles elles sont louées. A l’instar de la jaguar décapotable qui ne passe pas inaperçue. D’autres nécessitent des réparations et une remise à neuf.
Mais le vrai monstre se trouve à quelques centaines de mètres. Discrètement entreposée dans le garage de son grand ami Oliver Elmire, une Ford Mustang de 5000 chevaux acquise il y a environ 18 ans. Elle fera bientôt le bonheur du fils de Gilbert Parisot, Loic. Cette machine exceptionnelle, dont le bruit du moteur fait tourner des têtes, sera son cadeau d’anniversaire qu’il devait recevoir le week-end dernier lors des célébrations. “Je lui avais dis qu’il aura la voiture pour ses 18 ans à condition qu’il donne un coup de main pour la réparer. Ce sera une surprise pour lui, car il croit que ce ne sera pas pour toute suite en raison du confinement qui a retardé l’arrivée des pièces. Mais, j’ai pu la réparer à 90 %. Il n’aura qu’à compléter les 10 % restantes.”

Domaine des artistes.

Quand nous l’avons rencontré, les préparatifs allaient bon train dans sa cour, où se tiendra la fête. Mais le lieu, baptisé le Domaine des artistes, est appelé à connaître un développement important, puisqu’il fonctionnera bientôt comme un restaurant. “C’est un endroit où j’entrepose mes voitures. Les gens ont commencé à venir visiter, ce que je fais avec plaisir. L’idée m’est venue de créer un site qui permettrait aux visiteurs de venir voir ces nombreuses voitures vintage tout en s’adonnant à d’autres activités. Ce sera un restaurant pour cadrer avec l’environnement. Je n’ai pas envie d’un restaurant où les gens viennent manger et repartent. Ici, ils pourront admirer ces belles voitures, se délecter des lampes, et autres objets d’époque qui serviront de décoration et profiter de la piscine, vivre une expérience différente. Il se pourrait même qu’on leur propose d’aller les récupérer chez eux. Nous pourrons même organiser des mariages ou anniversaires, par exemple, également puisque le lieu peut facilement accueillir 150 personnes. Je fais tout cela avec mon associé et ami, Oliver Elmire.”

Pour revenir au métier du principal concerné, il confie qu’être mécanicien de vintage cars n’est pas toujours aisée. “Ça peut paraître compliqué pour quelqu’un qui débute. Mais pour un mécanicien de longue date comme moi, ça ne l’est pas. Réparer ces voitures peut prendre beaucoup plus de temps, surtout en raison des pièces qui peuvent se révéler très difficile à trouver. J’ai déjà pris 8 années pour réparer une voiture.”

Lever le pied.

S’il gagne bien sa vie aujourd’hui, c’est surtout en raison de son obsession pour la mécanique qui l’a gagné depuis son enfance. En effet, dès l’âge de 11 ans, il manquait les classes pour aller assister ses amis qui travaillaient dans un atelier. “Mes parents ont vite compris que c’est ce que je voulais faire.” Aujourd’hui, après plus de 30 ans dans le métier, il transmet sa passion aux jeunes. Raison pour laquelle, il a lancé L’école des artistes. “Je souhaite former des jeunes à ce métier. Quand je l’ai lancé à Terre Rouge, je n’ai pas vu de réel intérêt. Du coup, je l’ai transféré à Trou d’Eau Douce, et j’ai pu trouver deux jeunes. S’ils restent avec moi 4 ans, la relève sera assurée.”