C’est ce qu’affirme le président de la MWF, Magarajen Moonien, président de la MWF, précisant que la liste qualificative est déjà fermée depuis novembre 2020 

 L’haltérophile déclare, elle, avoir appris la nouvelle à travers la presse, faute d’une confirmation officielle de la fédération locale 

 Roilya Ranaivosoa est-elle déjà qualifiée ou pas pour les Jeux olympiques prévus du 23 juillet au 8 septembre à Tokyo au Japon ? C’est la grande question que l’on se pose après avoir écouté le président la Mauritius Weightlifting Federation (MWF), Magarajen Moonien. Selon lui, la Mauricienne a déjà validé son ticket pour ces Jeux, étant donné que les qualifications sont fermées depuis novembre de l’année dernière, en raison de la pandémie de Covid-19. Et d’ajouter que, d’ici le mois prochain, la fédération internationale finalisera sa liste officielle des haltérophiles qui seront présents à Tokyo. En revanche, Roilya Ranaivosoa dit elle, n’avoir pas été officiellement informée d’où sa colère d’être privée des Championnats d’Afrique, prévus du 24 au 31 mai, au Kenya, en raison des restrictions sanitaires imposées au courant de la semaine écoulée par le ministère de la Santé. Une compétition qui, selon elle, est qualificative pour les JO.

C’est une situation encore plus confuse, même si dans l’idéal, la version de Magarajen Moonien aurait largement fait l’affaire. Contacté, Magarajen Moonien a réaffirmé ses propos tenus dans ces mêmes colonnes dimanche dernier. « Je le redis, l’IWF (International Weightlifting Federation (IWF), a, dans un communiqué, clairement précisé que les compétitions ayant eu lieu après novembre 2020 n’étaient pas qualificatives pour les JO. De ce fait, la liste qualificative s’arrête à cette période et sera même finalisée le mois prochain. » Doit-on ainsi comprendre que les Championnats d’Afrique ne sont plus qualificatifs pour Tokyo ? Alors même que ce rendez-vous est considéré comme un Gold Qualifying Event !

Pour sa part, la médaillée d’or des derniers Jeux Africains de 2019 avance ne pas être au courant de sa qualification, si ce n’est qu’elle a appris cette nouvelle par le biais de la presse. « J’ai appris cela à travers la presse, alors que je n’ai rien reçu d’officiel de la fédération », fait-elle remarquer. Donc, Which is which ? « Ce qui est déplorable, c’est la raison donnée à mon entraîneur, Gino Souprayyen pour justifier une éventuelle absence aux Championnats d’Afrique. Etant donné, pour certains, que j’étais déjà qualifiée pour les JO, je pouvais faire l’impasse sur ces championnats. Ce que je trouve encore plus inélégant, c’est que personne n’a eu la décence de me communiquer personnellement la nouvelle. »

Dans ces conditions, la seule médaillée d’argent des derniers Jeux du Commonwealth à Gold Coast dit ne plus rien comprendre, alors que, selon elle, « les Championnats d’Afrique reste un Gold Event, donc qualificatif pour les JO. » Qui plus est, avec 2 300 points dans l’escarcelle, Roilya Ranaivosoa ne se trouvait qu’à quelques encablures de la qualification dans la catégorie des moins de 49 kg. Sa plus proche poursuivante, la Malgache Rosina Randafiarison, possédant pour sa part, 2 100 unités. Cette dernière devrait, selon toute probabilité, être du voyage au Kenya. « Que se passera-il si la Malgache réalise une grosse performance ? Comme je vous l’ai dit, je n’ai rien eu d’officiel de la fédération locale et encore moins entendu quelque chose de la fédération internationale. Je ne suis donc pas au courant, si je suis déjà qualifié ou pas. Ce ne sont que des bruits de couloir. Ce dont j’ai besoin à ce stade, ce sont des certitudes », avance-t-elle.

Séjour à la clinique

Même si Roilya Ranaivosoa bénéficiera d’une invitation pour les JO, en cas de non-qualification, pour elle, se qualifier grâce à ses qualités propres et son potentiel, n’a rien de comparable. « Je n’ai donc pas de mots pour qualifier cette décision invraisemblable des autorités. Je me suis donné à 100% aux entraînements, que ce soit en confinement à la maison, ainsi qu’au centre national de Vacoas, avec ce but ultime d’arriver aux olympiades dans les meilleures conditions. Et voilà que l’on m’annonce que je ne serai pas autorisée à voyager. Je trouve cela injuste et irrespectueux envers nous, athlètes. Où est la méritocratie ? », déplore-t-elle.

Roilya Ranaivosoa va même plus loin en pointant du doigt cette décision des autorités, alors que d’autres athlètes ont, eux, eu la permission de voyager. « Pourquoi cette politique de deux poids, deux mesures ?», s’interroge notre interlocutrice. Avant de poursuivre, « J’ai mis ma santé en danger lors de ma préparation en m’imposant un régime très strict qui m’a conduit à un séjour de quatre jours à la clinique. » C’est pour cette raison qu’elle considère la décision du ministère de la Santé d’injuste. « Ma priorité en tant qu’athlète de haut niveau est de briller et de faire honneur au quadricolore. La pandémie est là et à travers le monde, on fait tout pour vivre avec, tout en essayant de trouver des solutions, afin de permettre aux sportifs de continuer à pratiquer leurs disciplines respectives. Comment se fait-il que nous ne soyons pas en mesure d’en faire de même à Maurice ? », conclut-elle.