Les deux jockeys ont été récemment informés de la décision par le MTC suivant une directive de la GRA

Le jockey français Cédric Ségéon et le jockey sud-Africain

Derreck David qui avaient pourtant déjà pris leurs fonctions chez Raj Ramdin et Simon Jones respectivement, se retrouvent désormais dans une impasse, en vue de la nouvelle saison. En effet, ils ont été récemment informés de leur révocation par le Mauritius Turf Club (MTC). Une décision surprenante, alors que les regards étaient déjà tournés vers la première journée, prévue pour le 20 mars. Cette démarche qui plus est diversement commentée, dans les milieux concernés où on évoque déjà les séquelles de ce conflit entre frères ennemis du monde des paris avec, comme bouc-émissaires…les deux jockeys et leurs écuries !

C’est donc avec stupéfaction que l’entourage de ces deux jockeys ont appris la nouvelle de leur révocation, avec effet immédiat, par l’entremise d’une lettre signée du Chief Stipendary Steward du MTC, Stéphane de Chalain. Une décision qui intervient après que le Gaming Regulatory Autority (GRA) eut informé l’organisateur des courses d’assurer la mise en application de la directive 1 émise en 2019. Ce règlement stipule que tout jockey ayant exercé à Maurice pendant trois saisons consécutives ne serait pas autorisé à monter lors des deux années suivantes.

On peut d’ailleurs lire, à paragraphe 32 : « A foreign jockey shall not be allowed to ride in Mauritius in more than 3 consecutive racing seasons (whether partly or wholly). Where a foreign jockey has been allowed to ride in Mauritius in three consecutive seasons (whether partly or wholly), the foreign jockey shall not be authorized during the next two following racing seasons ». La définition de « foreign jockey » dans ce document est que : « ‘foreign jockey’ means a jockey who is not a citizen of Mauritius under the provisions of the Constitution of Mauritius and the Immigration Act and who does not hold a Mauritian passport. »

Anciens partenaires en affaire
Ainsi, Cédric Ségeon et Derreck David, qui ont tous deux exercé au Champ de Mars de 2018 à 2020, sont directement concernés par ce règlement. Reste que ce qui semble être à l’évidence une application de la GRA Act, pourrait trouver sa source, dit-on, dans un conflit entre deux rivaux connus dans le monde du betting. Anciens partenaires en affaire et considérés comme des « mam kole », ces derniers se regardent désormais en chien de faïence depuis la fameuse affaire de la tentative de corruption des secrétaires de juges. Leurs relations se sont détériorées au fil des années avec, comme toile de fond, leur appétit pour le gain et le contrôle total du jeu à Maurice. L’élève ayant voulu, à un moment donné, prendre la place du maître, ce qui a occasionné un retour de manivelle et « gro rekin pe manz ti pwason. »

La directive 1 de la GRA était donc une opportunité pour le magnat du jeu dans ce jeu de quille où le but est de faire tomber son rival et ce, peu importe la manière. C’est ainsi que, quelque part, les deux jockeys se sont retrouvés, malgré leur bon vouloir, au mauvais endroit, au mauvais moment. À commencer par Derreck David qui a signé, à l’intersaison chez Simon Jones, en provenance de l’écurie Rameshwar Gujadhur.

L’aubaine était donc trop belle, notamment pour celui qui, dans ce jeu d’échec, est considéré comme étant très proche du pouvoir. On avance d’ailleurs le règlement privant Derreck David du droit de monter cette saison, affaiblissant directement son rival, considéré comme l’un des plus gros investisseurs de l’écurie Jones. Selon nos informations, ce bailleur de fond n’aurait pas fait de cadeau « sur la piste » à ce proche du pouvoir lors de la saison écoulée.

Un proche du pouvoir

Aussi surprenant aussi que cela puisse paraître, précise-t-on, c’est une fois encore ce même financier qui se retrouve dans une situation inconfortable contrairement à ses autres collègues. Coïncidence ou pas, pratiquement toutes ses demandes de recruter un jockey étranger ont été systématiquement refusées, au cours de ces dernières années. Notamment lorsque le MSM est arrivé au pouvoir, ce qui au contraire a ouvert toutes voiles au vent à son rival qui voit toutes ses exigences acceptées par le GM et la GRA.
D’autre part, c’est qu’en tant qu’étrangers mariés à des Mauriciennes, que ces jockeys étaient jusqu’ici autorisés à travailler sur notre territoire sans avoir besoin d’être détenteurs d’un working permit. Dans le cas du Français, il est marié à une Mauricienne — il est en instance de divorce —, mais il est aussi depuis presqu’un an le père d’un enfant né sur notre île et détenant un passeport mauricien d’une autre compatriote. Il détient donc toujours le statut de married.

Contestation en Cour

Logiquement donc, Cédric Ségeon n’aurait pas dû rencontrer ce genre de problème pour exercer à l’heure de la reprise. D’autant, dit-on, qu’il était, à un moment donné, accepté par cet organisateur de paris qui a le vent en poupe. Sauf que la roue semble avoir tourné, quitte à ce qu’il soit sacrifié, afin de faire plaisir à celui qui se prétend être un expert en matière hippique à la GRA. Ce dernier aurait d’ailleurs tenté, dans le passé, de faire expulser le Français du territoire mauricien à maintes reprises. L’heure de la revanche a-t-elle sonné par ce potentat qui prépare un ‘coup d’Etat’ sur les attributions de l’organisateur des courses.

Au vu des derniers développements, il n’est pas à écarter que Cédric Ségeon soit contraint de plier bagage prochainement. Cela, en prenant en considération l’influence que possède cet « expert » dans les hautes sphères du pouvoir. Il n’y a d’ailleurs qu’a voir les largesses dont a fait preuve l’instance régulatrice des paris, sous les ordres de ce monsieur, la saison dernière, pour s’en rendre compte. Cela, quitte à s’ingérer dans les affaires internes du MTC, allant même jusqu’à contester l’ordre d’arrivée d’une course, sans qu’on ait daigné malheureusement élevé la voix du côté de la rue Shakespeare, à Port-Louis

Le Sud-Africain Derreck David dont l’épouse est d’origine mauricienne et avec lequel il a un enfant, se retrouve dans la même situation que Ségeon. Les deux jockeys ont déjà cherché un conseiller légal à ce sujet et ils comptent contester cette décision en cour.
Sauf que cela risque d’être très difficile, quand on sait ce que ce gouvernement a fait avec le pilote belge d’Air Mauritius Patrick Hoffman, interdit de travailler à Maurice et même d’y résider sans permis spécial bien que son épouse soit mauricienne.

Avant même que ne débute la saison, l’organisation des courses sous la responsabilité du MTC, s’enraye encore une fois cette saison avec ce problème de licence. Une décision contestable pour répondre aux aspirations de l’un de ses deux rivaux du monde des paris.
Cette situation dans le monde hippique pourrait ne pas être sans conséquences dans les pays étrangers ou exercent des jockeys mauriciens . Que ne dirait-on pas si demain sur la base d’une réflexion du niveau de celle de la GRA, le Hong Kong Jockey club demandait à Karis Teetan de rentrer chez lui? On parlerait alors d’injustice. Mais à Hong Kong cela fait longtemps qu’ils se sont débarrassés de leur Bheekary, leur Dabbidin dans l’intérêt de la discipline pour demeurer dans l’esprit du sport des rois.
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Au Mauritius Turf Club : Le président Kamal Taposeea contesté par ses pairs
Mis en minorité une première fois récemment dans l’enquête initiée contre l’un de ses collègues administrateurs pour une affaire de boissons alcoolisées, le président Kamal Taposeea sera une nouvelle fois confronté aux votes de ses confrères qui ont déposé une motion au secrétariat du club pour faire annuler toutes les décisions prises at approuvées au deuxième stage de la privatisation du club. Selon des informations dignes de fois, des décisions ont été avalisées en l’absence d’un administrateur par les autres membres d’un comité mis sur pied pour la privatisation du club.

Or cet administrateur n’aurait jamais été mis en présence de ces propositions et ne comprend pas pourquoi il faut tant de précipitation pour une décision si cruciale pour le MTC, alors que jusqu’ici les membres n’ont pas été consultés pour ce qui est un tournant de la vie et l’avenir du MTC. En effet, la Gambling Regulatory Authority (GRA) impose que l’organisation des courses soit gérée par une compagnie privée émanant du MTC plutôt que du club lui-même, comme cela a été le cas depuis plus de 200 ans. Un forcing dont les plus opposés à cette perspective interprètent comme une étape cruciale pour cette institution bi-centenaire afin de l’offrir sur un plateau à celui qui ambitionne depuis longtemps d’en être le maître absolu, un Arsène Lupin des temps modernes.

Dans le sillage de la résistance à la bande à Taposeea, désormais Maryé Piké avec la GRA, en phase de favoriser un véritable hold-up sur le MTC, les autres membres du conseil d’administration envisagent aussi de porter deux membres à la candidature pour les deux postes vacants d’administrateurs. Avec le départ annoncé de Denis Doger de Spéville et de Rajesh Servansing qui, lui, va rempiler puisque Kamal Taposeea lui a promis le poste de président du MTC, comme il l’avait fait pour Frantz Merven avant de revenir sur sa parole donnée. Il devrait avoir pour colistier, l’un des frères Ramdour.

On ne sait à ce stade qui seront les candidats de la nouvelle majorité au sein des administrateurs mais dans les coulisses on parle du retour d’un ancien bouillant Président et d’un solide colistier, tous deux fédérateurs de la tradition hippique du MTC et capables de retourner la table face à ce renoncement argenté à une institution bi-centenaire. Ceux-ci reprochent l’approche communautaire qu’a prise la campagne électorale actuellement menée par ceux qui s’accrochent au pouvoir et qui auront un soutien financier sans limites pour s’octroyer le maximum de proxy. Autant dire que la nuit des longs couteaux approche avec la date de ces élections qui seront fondamentales pour l’avenir des courses mauriciennes convoitées de façon plus flagrante par la mafia des courses et des paris.