Le traffic d’être humain est un fait de société bien réel à Maurice. Sujet tabou, par moment oublié, cet acte immoral touche homme, femme et enfant. Répertorié sous différentes formes (esclavage, exploitation sexuelle, travail forcé), le trafic d’être humain reste d’actualité dans l’île.


Connaître ses droits

Le trafic d’être humain est communément reconnu comme le recrutement, la vente, le fait de fournir, de se procurer, de capturer, d’enlever, de transporter, de transférer, d’héberger ou de réceptionner une personne par l’utilisation de menace, de la force, de l’intimidation, de la fraude ou de la contrainte, l’enlèvement, la tromperie, l’abus de pouvoir ou d’une position de vulnérabilité. Et ce, à des fins d’exploitation.

C’est ce qu’indique le Combating of trafficking in Persons Act.

A savoir que le trafic d’être humain est punissable sous cette loi notamment. Celle-ci permet, entre autres, à une victime de trafic de demeurer dans le pays jusqu’à 42 jours.


« Il existe plusieurs cas de human trafficking à Maurice »

C’est ce que confie Ameeta Ramdour, Chief Inspector de la Family Protection Unit, qui était présente à la City Trianon le samedi 25 juillet pour sensibiliser la population en marge de la Journée internationale de la lutte contre le trafic d’être humain, observée le jeudi 30 juillet.

De 2018 à juin 2020, sept cas de traite d’êtres humains ont été recensés à Maurice. Depuis le début de l’année, trois cas ont été enregistrés par la Crime Prevention Unit.

Cette unité a organisé diverses activités en ce sens en juillet, dont une campagne de sensibilisation, un atelier à l’école de police pour la formation des enquêteurs, la distribution de brochures « Connaissez vos droits » aux expatriés.

« C’était un sujet tabou, mais maintenant que le problème devient plus grave, les personnes se posent la question. Aujourd’hui, les Mauriciens ne sont pas assez sensibilisés à ce sujet. Car tout le monde est concerné », soutient Ameeta Ramdour.

En ce qui concerne le Child Trafficking, on compte 21 cas de 2014 à 2020. Il existe d’ailleurs des « cas non recensés », relève Indira Bhugobaun, Officier in Charge de la Crime Prevention Unit.


Sensibilisation préconisée en milieu scolaire

Le président de l’Ong Dis-Moi, Vijay Naraidoo, considère que la solution au trafic d’être humain serait « un plan national » impliquant tous stakeholders, dont le gouvernement et les ONGs.

« Le traffic d’être humain est un sujet qui doit être abordé dans le milieu scolaire afin de sensibiliser les jeunes à ce problème », soutient-il.

« Les ONGs et la population doivent collaborer avec les autorités pour dénoncer les cas. Il est difficile d’en sortir, mais ce n’est pas impossible », plaide-t-il.


L’assistance offerte

Une victime a le droit d’avoir accès à un refuge sous la protection des autorités gouvernementales. Elle aura ainsi droit à une assistance médicale et psychologique et les sons appropriés (la nourriture et les vêtements).

Les autorités gouvernementales peuvent aussi les aider à retourner dans leur pays.

Lorsque la victime est dans un refuge ou sous la responsabilité d’une personne autorisée, les organisations ou institutions acceptent de collaborer avec le gouvernement pour l’enquête et les poursuites judiciaires, dans les cas où il y a eu trafic d’être humain. Un permis de visiter peut être offert à la victime présente à Maurice.


Les signes qui alertent

  • Créer des situations de menaces et la peur d’être battu
  • Blesser physiquement, psychologiquement, ou abuser sexuellement et pratiquer d’autres formes de violences
  • Menacer de faire du mal à vous et votre familles si vous essayez de les dénoncer aux autorités, si vous portez plainte pour maltraitance ou si vous cherchez de l’aide
  • Vous faire du chantage en vous faisant croire que vous serez déporté ou arrêté si vous chercher de l’aide
  • Si on vous empêche de de circuler librement de votre lieu de travail jusqu’à votre logement.
  • S’ils ont confisqué votre passeport et vos documents de voyage.
  • S’ils vous empêchement de contacter vos amis et vos proches.
  • Si vous n’avez pas de contrôle sur votre propre argent.
  • Si vous êtes forcé à mentir et à ne pas révéler la vérité sur votre situation.
  • Si on vous recrute même si vous n’avez pas les qualifications, les compétences et l’expérience appropriées. Dans certains cas, on vous recrute principalement à cause de votre âge et de vos attraits physiques.
  • On vous promet beaucoup d’argents, une vie géniale et d’autres cadeaux et promesses au sujet de votre travail et des heures de travail. Or, les conditions de vie et la paye s’avèrent être fausses plus tard.
  •  On vous menace à propos de dettes créées et imposées par le trafiquant et vous êtes forcé de travailler comme main-d’oeuvre ou de vous prostituer afin de repayer une dette.