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Oups, j’me suis trompé de destinataire en faisant un virement bancaire! Pire, le numéro de compte sur lequel l’argent a été malencontreusement transféré existe vraiment. C’est l’erreur qu’a faite l’émetteur qui s’est aperçu, le 19 juillet dernier, qu’il a viré les Rs 50 000, destinées au constructeur de sa maison, sur le compte d’une autre personne à la suite d’une mauvaise frappe. Certes, on peut toujours espérer dans ce genre de cas que le bénéficiaire soit suffisamment honnête pour restituer l’argent indûment perçu. Sauf que l’affaire semble pour l’instant mal embarquée pour l’émetteur puisque le destinataire ne cesse de tourner autour du pot en se rangeant derrière des excuses peu convaincantes au point d’en être risibles. Il déclare à Week-End « attendre pour voir ce qui va se passer, avant de procéder au remboursement », car il n’aurait pas apprécié la façon dont l’émetteur lui a parlé.

Il arrive que se produisent des erreurs lors de virement bancaires. Les numéros des identifiants sont assez longs à saisir et une fausse manipulation est vite arrivée. Un petit zéro en trop introduit à côté des numéros du compte du constructeur… et voilà un parfait inconnu, riche de Rs 50,000!  « Je me suis, hélas, rendu compte de mon erreur deux jours après la transaction. J’ai donc pris tout de suite contact avec mon institution bancaire », soutient l’émetteur qui est client chez une banque commerciale au même titre que le destinataire. « Ma banquière m’a informée qu’elle allait contacter sur le champ le bénéficiaire du virement », confie Rajesh qui est marié et père de deux enfants en bas âge.

Week-End a contacté la banquière qui avance qu’ « en principe, lorsque l’ordre de virement a été effectué, il est impossible et interdit pour la banque de l’annuler ou même de récupérer l’argent, les Rs 50 000 par exemple, directement sur le compte même, en cas d’erreur de destinataire. En outre, la banque n’est pas responsable de l’erreur du client mais elle est en revanche tenue par la réglementation de faire les efforts raisonnables afin de l’aider à récupérer les fonds. » C’est ce qu’elle fera en informant le destinataire du virement erroné sur son compte. La banquière s’est montrée très peu loquace sur la teneur de sa conversation avec le bénéficiaire des Rs 50,000 : « Il m’a dit que c’était compliqué étant donné qu’il a déjà été prélevé sur son compte. »

Non seulement les choses semblent mal engagées mais à ce moment-là, l’émetteur est contraint d’entreprendre seul des démarches pour trouver le numéro de téléphone de la personne qui a reçu le virement erroné. Grace à un ami en commun, il réussit à prendre contact avec le bénéficiaire, le 23 juillet. « Parfois, il suffit d’un peu de communication pour trouver une solution à l’amiable. C’est ce que j’ai fait. Pour autant je n’ai pas eu l’impression que l’homme était enclin à coopérer car il m’a dit que j’aurais dû faire attention car l’argent a été viré sur un compte où tous ses prélèvements sont effectués. En d’autres mots que les Rs 50 000 ont été prélevés”, dit l’émetteur, qui ajoute sur le ton de l’ironie : « Heureusement que je lui ai transféré cet argent car il se serait retrouvé en mauvaise posture dans le cas contraire. »

« J’entends solliciter les services d’un avocat »

Aussi surprenant que cela puisse paraître, il nous revient que le bénéficiaire exerce comme juriste et aspire à une carrière politique.  « Je l’ai rappelé le lendemain pour jouer mon va-tout dans une tentative désespérée de récupérer mon argent. Je lui ai même proposé de me rembourser au fur et à mesure mais je suis resté sur ma faim car il m’a dit qu’il travaille pour son propre compte et qu’il n’a pas d’entrée d’argent », souligne l’émetteur qui, las de la mauvaise foi du juriste, entend solliciter les services d’un avocat pour récupérer ses Rs 50,000. « Si la personne qui a reçu l’argent de manière erronée refuse d’obtempérer et de rembourser, la personne lésée n’aura d’autre choix que d’en exiger le remboursement via une procédure judiciaire. Il n’est pas impossible que le destinataire de l’argent doive payer une indemnité pour les frais encourus lors de la procédure en cas de jugement en sa défaveur », nous a confié un homme de loi.  

Nous n’en sommes pas là pour l’instant puisque l’affaire devrait prendre une autre tournure si l’on en croit le destinataire qu’on a joint au téléphone, hier. «  Je n’ai jamais dit que je n’allais pas lui rendre son argent. J’ai pris connaissance qu’une somme de Rs 50 000 avait été versée sur mon compte trois jours après que les choses se soient déroulées. C’est un compte que je n’utilise pas couramment. Je n’ai même pas de carte pour ce compte-là. Néanmoins, je dois avouer que je n’ai pas apprécié le ton de l’émetteur car j’ai eu l’impression qu’il m’accusait de certaines choses alors que concrètement je ne lui ai jamais demandé de me verser cet argent. Oui, ça reste certainement une erreur et j’attends pour voir ce qu’il va se passer », soutient le bénéficiaire. Affaire à suivre.