Incendie au Lab 51 : les pompiers intrigués par « trois foyers de feu » dans le bâtiment

  • Fabrice Maurice devait fêter son anniversaire le 29 mars
  • « Enn lapolis ki dir mwa mo tifi inn desede », pleure la mère d’Anouchka Gokool

« Nou bizin konn laverite seki pase ! » lancent les proches des trois victimes ayant péri dans l’incendie survenu au Lab 51 de Pailles jeudi soir. Si le Fire Investigation Unit (FIU) n’avait pas encore établi l’origine du sinistre après une inspection du bâtiment vendredi matin, les officiers trouvent néanmoins « intriguant » que trois foyers aient été détectés à l’intérieur. « Si un incendie a éclaté dans un lieu spécifique, il aurait “spread”. Mais dans le cas présent, nos pompiers ont noté trois foyers dans différents lieux à l’intérieur », note un officier de la FIU. Ce dernier ne souhaite toutefois pas faire de conclusion hâtive pour le moment et dit que « notre équipe devra faire une enquête approfondie dans cette affaire ». D’ailleurs, l’Acting Chief Fire Officer Dorsamy Ayacouty avait déjà donné une indication de l’orientation de l’enquête de la FIU jeudi soir en soutenant : « Vi lanpler sa dife-la dan enn tigit letan, nou bizin kone vreman ki kapav inn fer sa. » Raison pour laquelle la Major Crime Investigation Team a pris le cas en main.

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Les premières informations à la disposition de la police confirment cependant déjà la présence de produits inflammables dans le bâtiment, dont du “thinner”, qui était stocké dans un “workshop” au rez-de-chaussée. Les enquêteurs ont établi que Serge Rioux (54 ans) était affecté au département des ressources humaines et ne maniait pas ces produits, tandis que Fabrice Maurice (23 ans) et Anouchka Gokool (32 ans), eux, étaient graphistes et s’occupaient des panneaux publicitaires. Le directeur, Yannick Lacoste, n’a pour sa part pas été en mesure d’affirmer la nature des travaux que devaient effectuer les victimes durant ces heures supplémentaires.

De son côté, le gardien a lui aussi confirmé à la police n’avoir pas entendu de bruit, comme de la soudure, avant l’éclatement de l’incendie. Et d’ajouter que seule une porte donnant accès à l’intérieur du bâtiment pouvait être ouverte alors que les “shutters” étaient à demi baissés. « Les victimes se sont retrouvées coincées pendant que les flammes faisaient rage car il n’y avait qu’une seule issue de sortie. Les fenêtres sont dotées de protections antivols très solides et ne peuvent être brisées facilement », avance par ailleurs une source à la MCIT.

Les pompiers ont, eux, évoqué un « labyrinthe » à l’intérieur de Lab 31, ajoutant qu’on « pouvait facilement s’égarer dans le noir ». Selon nos informations, les victimes s’étaient regroupées pour tenter de sortir car elles ont toutes été retrouvées près d’un escalier. Hier, les éléments du Scene of Crime Office ont effectué plusieurs prélèvements. Ils soupçonnent que la propagation rapide du feu est due à la présence de produits inflammables au rez-de-chaussée. Selon eux, les trois employés sont tombés sans connaissance en inhalant la fumée toxique. Ce que confirme d’ailleurs l’autopsie pratiquée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, chef du département médico-légal de la police.

Les proches des victimes, eux, souhaitent que les autorités fassent la lumière sur ce qui s’est passé afin de pouvoir faire leur deuil. « Fabrice était un garçon qui voulait réussir dans la vie », avance ainsi son beau-frère, Jason. Ce dernier dit avoir appris la nouvelle de l’incendie à travers Internet. « Nou ti kone Fabrice travay laba. Me nou pa ti o kouran ki li ti fer parti bann viktim ki ti porte mankan. » Ses proches ont alors tenté de le joindre sur son cellulaire, qui était éteint. « C’est à ce moment-là que nous nous sommes inquiétés. Nous sommes partis sur son lieu de travail. »

Des proches des victimes et les employés de Lab 51 ont fait le déplacement sur place jeudi soir pour constater l’ampleur de l’incendie

C’est un policier qui leur a annoncé la terrible nouvelle. « Lafami inn soke. Nou pa ti atan ki pou ariv li enn kitsoz parey », explique Jason. Et ce dernier d’ajouter que la victime devait fêter ses 24 ans le 29 mars prochain. « Li ti pe travay pou ed so fami. Depi de-zan li travay Lab 51. » Fabrice Maurice, issue d’une fratrie de cinq enfants, s’était tourné vers la filière technique après sa Form V en s’inscrivant au collège St-Gabriel, où il a appris le métier de graphiste. Ce dernier vouait une passion pour la moto.

De son côté, Mireille Martin est une maman anéantie. C’est dans la cour de Lab 51 qu’elle a appris la mort de sa fille, Anouchka Gokool. « Mo ti kwar li blese. Enn lapolis inn dir mwa li desede. » Pourtant, elle gardait espoir de la retrouver vivante alors qu’elle assistait les pompiers à l’œuvre. « Letan mo trouv sa bann la fime-la, mo ti kone dife-la grav. » Mireille Martin avance que la trentenaire était une personne indépendante et qu’elle était passionnée par son travail. « Elle a pris emploi au Lab 51 depuis plus d’un an. »

De son côté, le beau-frère de Serge Rioux, lui, se dit « très attristé » par cette nouvelle et avance que « Serge était un bosseur et était de nature très familiale ». Il lance un appel au public pour « respecter ce moment de deuil » et dit attendre impatiemment les conclusions de l’enquête.

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