Nando Bodha, assisté de Me Rama Valayden, a consigné une déposition au Central CID, où il est revenu sur les incidents survenus au Ganga Talao dimanche. Ce jour-là, quatre individus s’étaient montrés menaçants envers lui. Dans sa version, l’ex-ministre des Affaires étrangères a soutenu que l’inspecteur Goolaub est intervenu pour assurer sa sécurité, mais que le policier aurait reçu un appel sur son cellulaire l’ordonnant « kit le spot ».

Revenant sur cet incident, Nando Bodha explique qu’il s’était rendu à Grand-Bassin dimanche pour assister aux prières organisées par la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation (MSDTF). Il a alors pris place dans les rangs réservés au public lorsque, à un moment donné, quatre individus l’ont entouré pour le traiter de « traître », ajoutant : « To pa gagn drwa res la ! ».

« J’étais choqué et traumatisé par ce qui se passait », dit Nando Bodha. Il avance qu’il a alors demandé aux quatre individus d’attendre la fin de la cérémonie pour se parler, car « ce n’était pas le moment approprié, au cours d’une prière, pour évoquer cette affaire ». Il ajoute que l’inspecteur Goolaub est ensuite intervenu en s’asseyant à côté de lui. « Il m’a dit : “Mo pou asir ou personal security.” » Après avoir remercié le policier, il a ensuite suivi la cérémonie. « Mais peu après, le policier a reçu un appel sur son cellulaire. Comme la prière était en cours, il a mis son appareil sur haut-parleur et j’ai entendu le mot Security, suivi de kit le spot », fait-il ressortir.

L’ancien ministre MSM ajoute qu’aussitôt cet appel terminé, le policier lui a dit : « Honorab, mo bizin ale. » Il a alors répliqué : « Ou pa kapav ale. Ou pa kapav les mwa tou sel. » Et de dire avoir imploré le policier de rester à ses côtés. « Monn dir li mo lavi an danze isi. » L’inspecteur Goolaub a alors accepté de rester avec lui, en dépit de l’ordre lui intimant de quitter le parlementaire.

Peu après, les responsables de la MSDTF sont venus rencontrer l’ex-ministre des Affaires étrangères, et lui auraient lancé : « Ou pa safe kot ou ete la. » Après quoi ils l’ont emmené dans les dernières rangées réservées aux VVIPs. Dans sa déposition, Nando Bodha souhaite savoir qui a donné l’ordre à l’inspecteur Goolaub de le laisser seul et quelle en était la raison.

Poursuivant son récit, le plaignant a donné les noms des personnes l’ayant approché dimanche, dont Shahi Ganganna, le directeur d’une moto-école. À ce sujet, Nando Bodha a tenu à apporter sa version sur ce projet. « Ce projet date de 2016/2017. J’ai fait ouvrir les moto-écoles pour obliger les candidats à passer par cette institution, car trop de motocyclistes perdent la vie dans des accidents. » Toutefois, il soutient que « le Premier ministre, qui était aussi ministre des Finances, n’a pas accepté ». Ce dernier aurait aussi  rejeté la proposition d’accorder une allocation aux propriétaires de moto-écoles, ajoutant « je suis conscient que l’implémentation de ce genre de projet nécessitait de gros investissements».

Par ailleurs, Nando Bodha dit craindre pour sa sécurité et celle de sa famille après l’incident survenu à Grand-Bassin. Il a de fait invité « à agir vite dans cette enquête » et devait diriger les policiers vers les vidéos postées par des médias et sur les réseaux sociaux montrant l’incident en question.

À la sortie du CCID, Me Valayden a déclaré : « Nando Bodha a été menacé dans une séance de prières en présence de VVIP et de la police. Se pa enn ti lekip. Se kat dimounn ki vini dan enn premie tan. Ek ti ena dimounn ankor deor. Sa ti kapav termin pli grav. »

Nando Bodha et Rama Valayden ont aussi rencontré le DCP Heman Jangi pour présenter leurs remerciements à l’inspecteur Goolaub, qui a assuré la sécurité de l’ex-ministre des Affaires étrangères à Grand-Bassin.