Indranee Bansoodeb enseigne le français au Curepipe College où elle exerce depuis 37 ans. Mais cela fait 44 ans, cette année, qu’elle a embrassé son métier, une passion transmise par les religieuses de l’école primaire catholique de Mahébourg et du Couvent de Lorette du même village. Un des premiers établissements durement touchés par la Covid-19 en mars dernier, le Curepipe College a été, encore une fois, affecté cette semaine. Des élèves de deux classes sont en auto-isolation. Indranee Bansoodeb, qui a connu la quarantaine il y a plusieurs mois, encourage la vaccination des collégiens. Des 391 étudiants de son collège âgés de 15-17 ans, un peu plus de 50% se sont fait vacciner.

Mardi sera un jour de congé. Comment l’enseignante que vous êtes allez marquer la journée mondiale qui vous est dédiée, loin de votre collège?

Déjà, lundi, nous allons en discuter avec les collègues qui seront présents au collège, puisque nous ne nous verrons pas. Mardi sera, avant tout, un jour de réflexion sur notre métier et la reconnaissance qui lui est dû. J’aime à rappeler que l’enseignement est un métier noble. Alors, s’arrêter un jour pour faire le point n’est pas un exercice vain. Nous devons nous évaluer, de même que notre approche sur l’utilisation de la nouvelle technologie et l’énergie que nous employons pour exercer notre métier, car une fois à l’école, on oublie le reste. Personnellement, dès que je suis au collège, je ne pense même pas à ma maison et ce que j’ai laissé dernière moi. Quand les élèves s’aperçoivent de la passion que nous avons pour ce métier, ils voient en nous un modèle, une autorité et c’est à partir de là que le respect s’installe. Cette notion doit être mutuelle. C’est un défi que d’enseigner la présente génération. Elle est beaucoup plus éveillée, donc moins docile que les précédentes. Cette génération nous rappelle que les apprenants ne sont pas des récipients vides que des enseignants doivent remplir.  Elle est encline à l’interactivité. Ce qui rend le travail de l’enseignant intéressant. Mardi sera aussi consacré à des discussions de travail et de débats en ligne. Pour ma part, j’en profiterai pour faire des recherches sur l’éducation.

Le thème de cette année, “Teachers at the heart of education recovery, fait référence à l’éducation pendant la pandémie. Est-ce que la qualité de l’éducation dans votre collège a été impactée par la pandémie ?

Quand il n’y a que deux à trois jours de présentiel à l’école et que, malgré tout, nous ne savons pas comment se passe réellement l’apprentissage à la maison, quand nous sommes dans l’incapacité de terminer le programme, qu’on est obligé de pratiquer la promotion automatique, quand on deload le programme du PSAC et du NCE, il est évident que la qualité a souffert et en souffre encore à cause de la Covid-19. Aux derniers résultats des examens du School Certificate et du Higher School Certificate, le taux de réussite au Curepipe College a été de 83% et 90%, respectivement. Je suis certaine que dans d’autres circonstances, plus normales, la performance de nos élèves aurait été encore meilleure. Nous souhaitons tous un retour à la normale du calendrier scolaire. On ne peut pas continuer ainsi, les enfants vont vieillir à l’école. Mais je ne crois pas que ce sera pour bientôt.

Quelle a été la tendance à la vaccination des 15-17 ans au Curepipe College?

Il y a eu un peu plus de 50% de nos élèves vaccinés.

Qu’est-ce qui aurait dissuadé les autres élèves?

Il y a eu beaucoup de choses qui ont été dites et ont circulé sur les réseaux sociaux, entre autres, à propos des vaccins. Les parents ont, sans doute, pris peur ou encore n’ont pas adhéré au consent form. Chez nous, aucun de nos élèves n’a mal réagi au vaccin. D’ailleurs, le vaccin est une protection, tout comme celui que nous faisons tous lorsque nous sommes enfants. Je crois dans la vaccination, d’autant que la Covid-19 n’est pas près de nous lâcher.