Fazilla Ramdoo (64 ans), habitante du Hochet (Terre-Rouge) et grand-mère paternelle du petit Ayaan, décédé dans des circonstances tragiques, est inconsolable. Elle dit ne pas comprendre « comment une mère peut regarder torturer son enfant de deux ans sans réagir ».

« Twa mama, kot to ti ete letan to konkibin pe kas lebra to garson, pe tortir li dan saldebin, ek pe koup so parti prive », ne cessait de répéter la grand-mère paternelle du petit Ayaan au Mauricien lundi après-midi, en présence d’une voisine venue conforter la famille. Et de soutenir qu’elle ignorait que son petit-fils subissait des violences, qu’elles soient physiques ou psychologiques. « Je ne savais pas, sinon je l’aurais emmené vivre avec moi », soutient cette mère de trois enfants et grand-mère de huit petits-enfants. « Je n’aurais jamais toléré une telle atrocité ! »

Fazilla raconte que son fils, Adil, le père biologique du petit Ayaan, purge en ce moment une peine d’emprisonnement pour une affaire de vol. La dernière fois qu’elle a vu son petit-fils Ayaan, c’était pendant le confinement, et avant que Nawsheen quitte le toit familial. « Je l’avais appelée à plusieurs reprises sur son portable pour prendre des nouvelles de mon petit-fils. Mais depuis, plus rien. Son portable était à chaque fois éteint. Je crois qu’elle avait changé de numéro. An atandan, mo ti zanfan ti pe torture dan lamin sa bouro-la ! »

La septuagénaire a appris la nouvelle du drame alors qu’elle travaillait, comme à l’accoutumée, dans un snack de Terre-Rouge. C’est son fils qui l’a avertie. « Mo gagn sok. Mo pa ti le krwar. Je lui ai même demandé une deuxième fois. Letan mo deziem garson anons mwa sa nouvel-la, lerla mo finn krwar. lerla nou koumans fer demars. »

La famille, explique-t-elle, a été choquée d’apprendre que Nawsheen Beehary, la mère du garçonnet, et son compagnon avaient déjà fixé l’heure des funérailles, à 9h du matin. « On avait commencé à avoir des doutes. Nous étions en voiture lorsque nous avons reçu un appel téléphonique. Nous nous sommes arrêtés au poste de police de Midlands pour consigner une déposition lorsque nous avons appris que Nooshreen (25 ans, habitante de Montagne-Blanche et soeur de Nawsheen, Ndlr) avait consigné une déposition suite au décès suspect d’Aryaan. » La grand-mère s’est ensuite rendue à l’hôpital Victoria, Candos, où elle a appris que son petit-fils avait été battu à mort.

La septuagénaire explique que Shakeel Anarath, le directeur de l’Al Ihsaan, et spécialisé dans les services funéraires depuis de longues années, avait confié à ses enfants qu’il n’avait « jamais vu autant de blessures » sur le corps d’un enfant. « Ki kantite li finn martiriz sa ti bout baba-la ? Enn ti ange, enn ti inosan. E twa, mama zanfan-la, kot to ti ete ? To gete mem ! To pa fer narien pou sov lavi to zanfan ! » poursuit la grand-mère de la jeune victime.

Selon Fazilla, la police « doit interroger les proches d’Ali Ashar Sobratee », à Midlands. « Zot bizin kone kitsoz. Eski zot pa kone ? Sa kantite-la zot insansib ! Bizin konn laverite dan sa krim atros-la. Mo leker segne kan mo pans ki tortir Aryaan finn pase avan li mor. » Elle ajoute qu’Aryaan était un enfant calme. « Il restait dans son coin lorsqu’il venait chez moi, à la maison. Alors bien sûr, il faisait un peu de désordre, mais est-ce une raison pour le torturer jusqu’à le tuer ? » Et de conclure : « La justice doit être plus sévère pour ce genre de crime cruel. Zot bizin pa gagn kosion ! »