Le leader de l’opposition a regretté que des informations sur les dépenses publiques, relatives au projet de Safe City, n’ont pas été divulguées au directeur de l’Audit. « It is unprecedented », a souligné maintes fois Xavier-Luc Duval ce mardi 30 mars, lors de la Private Notice Question (PNQ) adressée au Premier ministre, Pravind Jugnauth.

Le chef du gouvernement a, toutefois, rétorqué que le directeur de l’Audit a, lui-même, questionné dans son rapport la « constitutionnalité » de l’accès à certaines informations.

« S’il n’était pas satisfait » par les informations transmises, le directeur de l’Audit aurait pu « demander un avis » légal, a soutenu le Premier ministre.

« Non Disclosure Agreement ».

Le point de discorde de cette PNQ : des informations concernant le Safe City Project – implémenté à travers l’île pour Rs 16 Mds – qui n’ont pas été remises au directeur de l’Audit.

Alors que ce dernier, comme l’a souligné Xavier-Luc Duval, doit avoir « accès à chaque roupie dépensée par le gouvernement ».

Or, Pravind Jugnauth a maintenu qu’un « Non Disclosure Agreement » entre la police et Mauritius Telecom fait provision pour que des informations concernant ledit projet ne soient pas révélées « to any third party » sans autorisation.

Il a cité de larges extraits des textes de lois régissant notamment des pouvoirs du directeur de l’Audit et de la définition des « propriety » du Safe City Project.

Le Premier ministre a conclu : « The director of Audit appears to have overlooked to seek advice ». Et ce, pour l’éclairer sur l’aspect constitutionnel des informations non-divulguées.

Dans ce contexte, « disciplinary action does not apply », a affirmé le Premier ministre.

De MT au PMO.

Le leader de l’opposition devait soutenir que le contrat concerne la police et Mauritius Telecom, une compagnie dont la majorité des parts appartiennent au gouvernement, a-t-il ajouté.

« Est-ce normal que le CEO de Mauritius Telecom et également conseiller au bureau du Premier ministre, ait donné des conseils sur la confidentialité d’un accord entre le gouvernement et une société gouvernementale? », a-t-il questionné.

Le Premier ministre a relevé qu’il y a, d’un côté, un accord que la police se doit de respecter. Et, de l’autre, des informations voulues par le directeur de l’Audit. Réitérant que le directeur de l’audit « should have requested for advice to see way forward ».

Le Premier ministre a également indiqué que le directeur de l’Audit n’a nullement soulevé la problématique de la clause de confidentialité. Tant lors de réunions auprès de la police, que dans une « management letter » transmise, dont des extraits ont été cités par le chef du gouvernement.

Par la suite, le leader de l’opposition devait questionner si des informations ont été volontairement dissimulées « to hide shady payments to XYZ? » Le Premier ministre lui a demandé de retirer ses allégations et de venir de l’avant avec des informations qui soutiendraient ses dires, s’il en a.

« Les infos n’ont pas été transmises », devait ironiser le leader de l’opposition.

Phookeer’s Cut.

Par ailleurs, le leader de l’opposition a demandé au Premier ministre de « table the management letter » de laquelle il « quote bits and bits of ».

A la réponse du chef du gouvernement à l’effet que « I will seek advice », Xavier-Luc Duval devait lancer : « You quote something, you can’t table it ».

Dans la foulée, le Premier ministre a tenté de répondre à une question du leader de l’opposition par rapport au rôle du Sollicitor General et l’Attorney General. Mais le Speaker, Sooroojdev Phookeer, devait se mettre debout pour rabrouer le leader de l’opposition concernant sa demande de « table » le document.

Or, le Premier ministre s’est permis de rappeler au Speaker qu’il répondait à une question et que ce dernier l’interrompait.

Pravind Jugnauth : He asked a question, I have to answer.
Sooroojdev Phookeer : There was a question?

Le leader de l’opposition devait lancer au Speaker qu’il pouvait opter pour un appareil auditif. A Sooroojdev Phookeer de lui répondre: « You are not superman, you are a simple human being ».