Clara Pasnin, Françoise Arlove, Jacqueline Raboude, Sr Thérèse Yaw et Agnèle Gnany, rectrices et managers du LCC et de la Junior

Le collège Lorette et la Junior School de Curepipe ont célébré mercredi leurs 150 années d’existence, au cours d’une messe présidée par le cardinal Maurice Piat. Ce dernier en a profité pour mettre en avant la « tradition lorette » et la contribution des religieuses dans l’éducation des jeunes filles. Une transmission des valeurs qui a façonné des familles et la société mauricienne, a-t-il ajouté. Il a souhaité que « cette flamme brille encore longtemps », et a invité à s’inspirer de la fondatrice, Mary Ward, qui a persévéré dans sa mission en faveur de l’éducation des filles, en dépit des difficultés.

Joie, bonheur, célébrations et action de grâces… Le collège et la Junior School de Lorette de Curepipe ont tenu à marquer leurs 150 ans de fort belle manière, mercredi dernier. Après le dévoilement d’une statue de Mary Ward, fondatrice de l’Institut de la Bienheureuse Vierge Marie (IBVM), congrégation des sœurs de Lorette, dans la cour du collège le mois dernier, une messe a été célébrée par le cardinal Maurice Piat, en l’église Sainte-Thérèse. Les religieuses de Lorette sont présentes à Maurice depuis 175 ans. Le collège, comprenant la Junior School de Curepipe, est le deuxième établissement éducatif fondé après celui de Port-Louis. Le cardinal Piat, qui a lui-même été un élève chez les Lorette en primaire, témoigne de la « qualité de vie et des valeurs » au sein de ces institutions.

Les 150 ans du collège, a-t-il ajouté, sont aussi synonymes de «150 ans de vie de femmes données au Seigneur et au noble métier d’éducatrice. » Les valeurs prônées dans ces écoles ont façonné des familles et ont contribué aux valeurs les plus nobles de la société mauricienne, telle la fraternité et le respect, a dit le cardinal Piat. Il a rendu un hommage aux religieuses venues d’Irlande pour fonder une congrégation à Maurice, à la demande de Monseigneur Collier. « Elles ont fait preuve de foi, de courage et d’audace. Leur influence a été déterminante pour l’éducation à Maurice. »

Le cardinal Maurice Piat a invité les gens à s’inspirer de la détermination de ces religieuses, et surtout de leur fondatrice, Mary Ward, qui a dû se battre pour que les femmes aient des opportunités à travers l’éducation. « Elle a dû faire de la prison, elle a vu sa congrégation être démantelée et elle est morte sans que toutes ses œuvres ne soient réalisées. Pourtant, nous sommes ici, aujourd’hui, à célébrer les 150 ans du collège. »

Former des femmes fortes

L’éducation chez les Lorette, a poursuivi le cardinal Piat, vise à former des femmes fortes. C’est ce qu’il a qualifié de « tradition Lorette », qui est très spéciale. Il cite, parmi, une attention individuelle aux élèves, les préparer pour la vie et les amener à développer une liberté humaine authentique. « Aujourd’hui, cette tradition est portée par les enseignants et tout le personnel. Ils sont responsables de garder la flamme allumée. » Dans ce contexte, il a invité les élèves à ne pas mettre trop vite de côté le métier d’enseignant. « C’est un des grands services qu’on peut rendre à la société. »

Pour sœur Linda Charles, responsable de l’IBVM à Maurice, ces 150 ans du collège et de l’école de Curepipe, sont le témoignage d’une mission qui continue avec enthousiasme. « En ce temps de crise, avec la pandémie, il faut avoir l’espérance, comme Mary Ward nous l’a montré. Nous avons des élèves, dont les parents ont perdu leur emploi et nous sommes là, avec nos collaborateurs, pour les accompagner. Nous sommes reconnaissantes envers toutes les religieuses qui nous ont précédées dans cette mission. »

Agnèle Gnany, la manager du collège, accueille ces célébrations comme une grâce. « Je vis cet événement avec beaucoup d’émotions. Car j’étais partie pendant un certain temps. J’ai pu célébrer les 100 ans du collège Lorette de Saint-Pierre. De retour ici, j’ai eu l’occasion de célébrer les 150 ans. Je retrouve une famille. C’est une grâce. »

Pour Françoise Arlove, la rectrice, les 150 ans marquent un riche parcours. « Nous célébrons l’héritage que nous ont légué les religieuses. En 2020, 150 ans après, l’école est toujours là. »

La directrice de la Junior School, Jacqueline Raboude, accueille l’événement avec fierté et bonheur de « pouvoir continuer à porter la flamme pour le plus grand bien des élèves de toutes les composantes de la société mauricienne ». Et d’ajouter : « Malgré les années, les valeurs que nous a laissées Mary Ward n’ont pas pris de ride. »