L’armée israélienne a affirmé jeudi que le correspondant à Gaza de la chaîne d’information Al Jazeera, tué la veille par une frappe de drone israélien, était un membre du mouvement islamiste palestinien Hamas qui « opérait sous le couvert » du journalisme.
La chaîne qatarie a condamné mercredi la mort de l’un de ses journalistes, Mohammed Wishah, tué lors d’une frappe ayant visé son véhicule dans l’ouest de la bande de Gaza, dénonçant un « crime délibéré et ciblé visant à intimider les journalistes ».
Reporter sans frontières (RSF) a dénoncé dans un e-mail à l’AFP « le meurtre » de Mohammed Wishah, qui, rappelle l’ONG, « est le deuxième journaliste tué par l’armée israélienne depuis le début du cessez-le-feu, après Amal El Shamali, journaliste indépendante tuée par un drone le 9 mars 2026 ».
Malgré le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025, Israël poursuit ses frappes dans le territoire palestinien dévasté par plus de deux ans et demi de guerre déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, disant viser des membres du mouvement.
« L’armée israélienne a éliminé un membre du Hamas qui représentait une menace pour ses forces dans la zone et opérait sous le couvert d’un journaliste » pour Al Jazeera, indique jeudi un communiqué militaire.
L’armée a accusé Mohammed Wishah d’être « un membre clé du quartier général chargé de la production de roquettes et d’armements du Hamas, qui planifiait des attaques » contre ses soldats opérant dans la zone.
– « Actions juridiques » –
Dans un communiqué, Al Jazeera a précisé qu’elle engagerait « toutes les actions juridiques nécessaires pour poursuivre les responsables du meurtre de ses correspondants et de son personnel à Gaza, et pour que justice soit rendue à ces derniers et à tous les journalistes tombés au champ d’honneur ».
D’après RSF, plus de 220 journalistes ont été tués depuis octobre 2023 par l’armée israélienne à Gaza, dont au moins 70 dans l’exercice de leurs fonctions.
L’armée israélienne assure ne jamais prendre délibérément pour cible des journalistes. Depuis le 7-Octobre, elle a néanmoins revendiqué l’élimination à Gaza d’un certain nombre de professionnels de la presse qu’elle accuse d’avoir été des « terroristes » membres de la branche armée du Hamas ou d’autres groupes armés palestiniens.

L’Etat d’Israël n’est pas signataire du protocole additionnel de 1979 aux Conventions de Genève, qui ont posé les règles modernes du droit de la guerre après celle de 39-45.
Ce protocole dispose que les journalistes en zone de conflit armé sont considérés comme des personnes civiles et « protégés en tant que tels (…) à la condition de n’entreprendre aucune action qui porte atteinte à leur statut de personnes civiles ».

