L’Assemblée législative du Salvador a approuvé jeudi la création d’une peine d’emprisonnement à perpétuité pour les mineurs « meurtriers, violeurs et terroristes ».
Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la « guerre » contre les gangs menée depuis quatre ans par le président Nayib Bukele, accusé par plusieurs ONG de commettre des « crimes contre l’humanité ».
« La peine de prison à perpétuité est intégrée dans la liste des peines exceptionnelles applicables aux mineurs enfreignant la loi pénale », énonce le texte.
La réforme établit « l’inapplicabilité de la procédure spéciale pour mineurs », auparavant mise en place en cas de crime grave, mais prévoit des « réévaluations périodiques » de la peine, afin de déterminer le niveau de dangerosité et la possibilité d’une réinsertion, en vue d’une éventuelle « liberté surveillée ».
Elle étend aux jeunes de moins de 18 ans la portée de la réforme constitutionnelle adoptée le 18 mars par les députés, qui instaure l’emprisonnement à vie – peine jusque-là interdite par la Constitution – pour les « meurtriers, violeurs et terroristes ». Jusque-là, la peine maximale au Salvador était de 60 ans de réclusion.
Le Parlement a également prolongé jeudi de 30 jours l’état d’exception qui autorise les arrestations sans mandat judiciaire, en place depuis quatre ans dans le cadre de la lutte contre les gangs.
A ce jour, selon des sources officielles, 91.650 membres présumés de gangs ont été arrêtés. Environ 8.000 d’entre eux ont été libérés et déclarés innocents.
La stratégie de Nayib Bukele a fait chuter les homicides à des niveaux historiquement bas dans ce pays d’Amérique centrale, mais est accusée d’avoir conduit à de graves violations des droits humains. Dans un rapport de juillet 2024, Human Rights Watch a ainsi fait état de la détention de plus de 3.000 enfants et adolescents dans le cadre de cet état d’exception.

