Pourquoi qualifiez-vous la tenue de ce rallye de 2e victoire ?

Je rappelle qu’après notre première conférence de presse, le Premier ministre est venu annoncer une subvention de Rs 500 millions pour maintenir les prix. C’était notre première victoire. Nous considérons le rallye comme une deuxième victoire car la police a tout fait pour essayer de nous bloquer.

La semaine dernière, on a utilisé l’excuse de la tenue du parlement pour objecter à notre rallye. Nous n’avons pas baissé les bras et nous avons proposé une nouvelle date. Soit dit en passant, sous la Public Gathering Act, on n’a pas besoin de la permission de la police pour organiser une manifestation. On doit simplement l’en informer. S’il y a une objection, elle nous le fait savoir.

Qu’attendez-vous de ce rallye ?

C’est le début d’une grande mobilisation. Notre but est de sensibiliser le public sur les augmentations abusives à la fois sur les produits alimentaires et pharmaceutiques. Le gouvernement aurait pu venir avec des mesures pour arrêter cela, mais il ne l’a pas fait. Au contraire, on nous a mis une taxe abusive sur l’essence et le diesel.

Il y a un ras-le-bol dans le pays. C’est pour cela que nous allons venir avec d’autres mobilisations. Ce mouvement est là pour défendre ceux au plus bas de l’échelle qui ont perdu leur pouvoir d’achat. Il y a une descente vers l’extrême pauvreté pour certains.

Quels sont les autres types de mobilisation que vous prévoyez ?

On va en décider collectivement, puisque c’est une plateforme. Ce qui est sûr c’est que nous n’allons pas nous arrêter après le rallye. Déjà, il y a une action légale qui est envisagée concernant la taxe abusive sur l’essence et le diesel. Nous allons décider, en temps et lieu, quelles seront nos autres actions collectives.

La restriction à des groupes de 50 personnes affecte-t-elle votre mobilisation ?

Pas du tout. La police a imposé un maximum de 50 personnes at a time. Ce qui veut dire que nous pouvons avoir plusieurs groupes de 50 personnes. La police nous ouvre la voie pour cela. Par ailleurs, comme ce sera un rallye, les participants vont circuler en moto, en voiture, en van, en camion… il n’y aura donc pas d’attroupement.

Pourquoi avez-vous insisté pour tenir le rallye en semaine ?

C’est un fait qu’il y a plus de personnes en semaine à Port-Louis que pendant le week-end. Comme c’est une sensibilisation, nous voulions toucher un grand nombre de personnes. Nous pensons qu’il y aura également des personnes qui pourront se libérer à partir de 14h30 pour nous rejoindre.

De toute façon, quand la police nous a suggéré le samedi, la semaine dernière, le délai de 48h était déjà passé. Nous ne voulions pas être en dehors des paramètres de la loi. Nous voulons exercer nos droits dans les paramètres de la loi. Ceci étant dit, cela ne veut pas dire que nous ne pouvons organiser une prochaine mobilisation pendant le week-end.

Cela fait des années que vous luttez contre les taxes abusives sur l’essence. Pensez-vous que ce rallye va finalement changer quelque chose ?

Je dois dire que nous avons eu plusieurs succès dans notre combat. En 2008, quand le baril d’essence était à 147 USD, ici à Maurice, on avait maintenu le litre à Rs 50. Nous avions organisé une grande mobilisation avec un rallye de camions pour protester. Quand le gouvernement a vu ces mastodontes qui arrivaient du Sud et du Nord, sur Port-Louis, on a finalement accepté de baisser le prix.

Il y a eu d’autres actions encore, notamment sur la révision du prix de l’essence et du diesel. Auparavant, il fallait attendre qu’une baisse atteigne 30% pour baisser le prix, mais pour l’augmenter, 15% suffisaient. Nous avons fait changer cela, pour appliquer un taux égalitaire dans les deux cas.

Toutefois, j’ai un regret. Quand les prix baissent, ce ne sont pas uniquement les petits consommateurs qui en profitent, mais aussi les grandes compagnies. Jamais celles-ci ne pensent à soutenir l’ACIM dans son combat.