La députée mauve et secrétaire de Jeunesse militante, Joanna Bérenger, remet en question l’approbation du projet sur le flanc de la montagne de Tourelle Tamarin par l’Economic Development Board (EDB). Elle souligne les gros risques de glissement de terrain sur cette zone dont l’inclinaison est au-delà de 30% « alors que des développements ne sont pas autorisés sur des pentes au-delà de 20% sauf exception ». Elle se demande pourquoi il y a eu dérogation pour ce projet. Et de se demander : « Quel est le rôle du ministère de l’Environnement s’il ne peut protéger l’intérêt public ? » Elle intervenait lors d’un point de presse, mercredi, à Ébène.

Selon Joanna Bérenger qui est aussi responsable du dossier environnemental au MMM, « jamais un flanc de montagne n’a été autant mis à nu ». Elle a interrogé « la manière dont l’EDB a accepté ce projet dès le départ » alors que, a-t-elle souligné, les risques sont élevés quant à des glissements de terrain. « A-t-on calculé les risques d’inondation, d’éboulement et de glissement de terrain ? Déjà, en temps normal, sans pluies torrentielles, des roches dévalent sur la pente et défoncent les filets installés. Quelles conséquences pour ceux habitant plus bas ? » questionne-t-elle.

Sur les 48 conditions figurant sur l’Environmental Impact Assessment, a-t-elle poursuivi, la douzième impute la responsabilité des dommages aux promoteurs. Ce qui amène la députée à se demander : « Quel est le rôle du ministère s’il donne un permis mais transfère la responsabilité sur les promoteurs ? Quel est son rôle s’il ne peut protéger l’intérêt public ? » Elle demande que soit ajoutée dans la loi l’obligation pour que le ministère de justifier sa décision.

Ce projet, selon Joanna Bérenger, détruit la biodiversité dans une zone “environment sensitive area”. « Comment l’EDB a pu donner un permis pour un projet sur une pente de 30-40% alors que les développements ne sont pas autorisés au-delà de 20%, sauf exception. Qu’y a-t-il pour qu’il y ait eu dérogation ? » Elle a dit attendre des explications de la part du ministère et demande l’institution d’une autorité indépendante pour faire le suivi de l’EIA.

Au sujet de l’interdiction des produits en plastique, elle a dit ne pas comprendre pourquoi les bouteilles en plastique PET, qui sont une grande source de pollution, ne figurent pas sur la liste des produits interdits. Or, selon elle, des alternatives existent comme des gourdes ou le système de consigne pour les bouteilles en verre. Elle demande au gouvernement de soutenir les entreprises locales qui s’engagent dans ces alternatives au plastique. Elle regrette que des entreprises locales aient dû fermer leurs portes depuis cette nouvelle loi et ne reçoivent pas de soutien pour un plan de transition.

« Il y a 500 emplois à risques et 500 familles donc qui peuvent sombrer dans la pauvreté. » Elle demande un plan d’accompagnement pour elles. Et déplore de plus le flou quant à savoir si les produits en plastique importés sont exemptés de cette nouvelle loi et estime qu’il ne faudrait pas que « l’industrie locale soit défavorisée par rapport à l’importation ». Elle a, par ailleurs, dénoncé l’abattage sauvage d’arbres pour divers projets de développement.

Pour sa part, Drish Baboolall, président de Jeunesse militante, considère que « la jeunesse mauricienne a été délaissée dans le plan de relance économique du gouvernement » alors que beaucoup ont perdu leur travail et d’autres ne se font pas embaucher après leurs études. « Le pays ne fonctionne pas comme il devrait l’être », a-t-il dit. Il a ainsi invité les Mauriciens à la marche du 13 février. Et d’ajouter : « Nou pe apel ou pou enn revolisyon pasiv. »