Noemie Alphonse, entourée de la double championne paralympiques (400m et 800m), la Suissesse Manuela Schär, et la championne du 5000m, l'Américaine Susannah Scaroni

Son objectif est désormais de monter sur le podium lors des Jeux de 2024,
à Paris en France

Son entraîneur, Jean-Marie Bhugeerathee, souhaite être entouré d’une équipe médicale et para-médicale afin de mener à bien son projet

Les Jeux paralympiques prennent aujourd’hui fin à Tokyo au Japon. Ce qu’on retiendra d’abord de ces Jeux, c’est que Maurice a, pour la première fois de son histoire, eu des athlètes qualifiés et non invités à ces Jeux comme cela a toujours été le cas. Il y a eu ensuite Noemi Alphonse qui, à défaut de podium cette fois, a brillé en participant à quatre finales et a battu quatre records nationaux et d’Afrique, notamment au 100m, 400m, 800m et 1500m. Désormais, elle vise un podium aux Jeux de 2024, à Paris en France. Et pas n’importe lequel, affirme son entraîneur Jean-Marie Bhugeerathee, si toutes les conditions sont réunies.

C’est à une Noemi Alphonse satisfaite du devoir accompli avec laquelle Week-End a eu l’occasion de discuter en fin de semaine. « Je suis extrêmement contente et fière que le travail entrepris, il y a six ans, a porté ses fruits », déclare-t-elle d’emblée. Elle dira même que « c’est une très belle revanche en tenant compte que j’ai raté les Jeux de Rio (2016 au Brésil) ! » Aussi, nous confie-t-elle, la satisfaction d’avoir démontré qu’elle avait sa place parmi l’élite mondiale. « Nous avons aujourd’hui démontré que nous n’étions pas à Tokyo pour faire de la figuration. Nous voulions montrer au monde entier qu’on méritait amplement notre place dans cette compétition », fait-elle ressortir.

Facilités nécessaires

Selon lui, sa fierté est, non seulement d’avoir atteint quatre finales en autant de participations, mais aussi d’avoir établis de nouveaux records nationaux et d’Afrique. « Il ne me manquait que le record d’Afrique du 400m et c’est désormais chose faite. Je suis très contente » L’ancienne marque (57:52) était détenue par l’autre Mauricienne, Brandy Perrine, battue en mai dernier en Suisse. Désormais, Noemi Alphonse vise un podium aux Jeux de 2024. « J’ai pu disputer quatre finales en trois mois de préparation suivant l’annonce de ma qualification. Avec trois ans de préparation, je me sens capable d’aller chercher, cette fois, une médaille tout en battant d’autres records. Pour cela toutefois, il me faudra avoir toutes les facilités à disposition, dont participer à un maximum de compétitions à l’étranger. Ce n’est que de cette façon qu’on pourra viser plus haut », souligne-t-elle.

Noemi Alphonse n’a pas manqué de remercier tous ceux qui l’ont soutenu jusqu’ici, en particulier ses parents, Jean-Alain et Nathalie, ses proches, son entraîneur Jean-Marie Bhugeerathee, son sponsor, ABC Group, son encadrement technique et psychologique, le ministère des Sports, Horizon Paris 2024, les membres de sa fédération actuelle et le Mauritius Paralympics Committee. « Je tiens aussi à dire un merci spéciale à mes camarades d’entraînement dont Mehfooz Ozeer et Roberto Michel. Ils ont agi comme sparring partners et sans eux, je n’aurai pu briller. »

Pour celui qui a toujours cru en Noemi Alphonse, ces performances étaient attendues et sont à la hauteur des espérances. Si Jean-Marie Bhugeerathee visait une ou deux finales, en revanche, en disputer cinq — y compris celle d’Anaïs Angéline à la longueur — est tout simplement fantastique, dit-il. « Je suis super content d’autant que ces performances tombent aux Jeux paralympiques où il y avait beaucoup de pression. Ces performances couronnent aussi le sérieux et l’approche professionnelle de notre travail. »Jean-Marie Bhugeerathee parle de sa fierté, en tant qu’entraîneur, de voir ses protégés briller à des Jeux de cette envergure. « Je remercie indistinctement tous ceux qui ont cru en nous et qui nous ont aidés à mettre nos deux athlètes dans les meilleures conditions possibles pour ces Jeux. Il est cependant malheureux que certains ont mis en doute mes compétences alors que nous étions en pleine compétition », fait-il remarquer avant d’ajouter « ce dont j’en suis aussi fier, c’est le record d’Afrique qui manquait à Noemi au 400m par rapport à ses trois autres courses. Noemi n’avait pu le faire en mai dernier en Suisse et c’est un peu de ma faute. Je la félicite pour ses exploits», fait-il remarquer.

Pour conclure, Jean-Marie Bhugeerathee dit viser un podium aux Jeux de 2024 et pas n’importe lequel, affirme-t-il. « Lorsque je fais une promesse, je fais toujours de mon mieux pour le réaliser. Mais pour viser l’exploit à Paris, il nous faut avoir tous les moyens nécessaires, dont participer régulièrement à des compétitions de haut niveau. Le plus important, c’est que je sois non seulement entouré de mon équipe technique et psychologique, mais aussi d’une équipe médicale et paramédicale complète que je choisirai moi-même », indique-t-il.