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Chaque année, le 3 décembre est une « journée spéciale » pour le travailleur social Ali Jookhun, très sensible au sort des enfants et adultes en situation de handicap. Lui-même parent d’enfants handicapés, l’homme a dédié sa vie à cette cause.

Pour l’occasion, il a, cette année, dressé un état des lieux. Il note ainsi que « le confinement lié à la pandémie de COVID-19 nous a ouvert les yeux sur la grande vulnérabilité des personnes en situation de handicap ». Et elle fait remarquer qu’« il faut investir dans les êtres humains et l’amélioration des conditions de vie ».

ALI JOOKHUN

Aménager des trottoirs, des rampes d’accès et d’autres structures du même acabit… Ali Jookhun explique que « c’est le strict minimum que l’on doit mettre à la portée des personnes en situation de handicap ». Il ajoute : « Qu’on ne vienne pas nous dire que ce sont là des progrès et des avancées : mais pas du tout ! Ce ne sont là que les aménités de base que tout État doit se munir à l’égard de ses citoyens en situation de handicap. » Notre interlocuteur continue sur sa lancée : « Si un État veut sincèrement améliorer les conditions de vie des personnes en situation de handicap dans son pays, il doit impérativement investir dans ces gens ! Investir dans des structures à long terme pour que les personnes en situation de handicap, employées par des firmes ou pas, puissent circuler et vivre au même titre que tous les autres citoyens. On ne demande pas plus : que l’on ajuste les choses selon nos possibilités et que l’on ne nous fasse pas nous sentir exclus ! »

Et d’ajouter : « Penser à aménager les endroits et autres pour être User Friendly par les personnes en situation de handicap n’est pas la responsabilité d’un seul ministère : il faut que tous les ministères s’y mettent ! C’est un travail multi-sectoriel qui doit inclure les efforts de chaque agence de l’État. Ce n’est que de cette manière que nous allons progresser vers un pays, où ses citoyens en situation de handicap ne se sentiront pas rejetés et exclus ! »

Ce que déplore encore le travailleur social, qui a été président de la Physically Handicapped Welfare Association (PHWA), c’est « la lenteur administrative dans les comités et les “boards” étatiques ». Il explique : « Ce n’est pas possible que, pour le seul recrutement de, allons dire, le directeur de la Special Education Needs Authority, on doit se taper une montagne de formalités administratives qui, au bout du compte, ralentissent tout le processus… et cette structure ne peut fonctionner ! »

Dans la même veine, Ali Jookhun observe : « Puisque nous nous targuons du fait que le tourisme est notre pilier économique prioritaire, pourquoi le gouvernement n’envisage-t-il pas d’aller vers une politique d’Accessible Tourism ? C’est une pratique qui est en train de gagner du terrain très rapidement partout dans le monde et qui rapporte beaucoup… Les personnes handicapées apprécient énormément les destinations qui ont adopté cette politique relativement nouvelle, en effet, mais qui fait ses preuves ! »
En conclusion, le travailleur social rappelle qu’il faudrait « encourager les parents qui élèvent des enfants handicapés à se responsabiliser davantage ». Et d’ajouter : « Une chose qui manque cruellement à Maurice, c’est la formation pour ces parents. Ceux-ci vivent dans des situations très délicates et dures. Il faut absolument les encadrer et les soutenir du meilleur que l’on peut. »