Médaillée de bronze en 2019, Priscilla Morand pourrait voir l’édition 2020 être annulée

La fédération mauricienne de Judo (FMJ) a su dans une certaine mesure tirer sa tête de l’eau durant cette saison 2019. Après avoir brillé lors des Jeux des Iles de l’océan Indien (JIOI) et aux championnats d’Afrique en Afrique du Sud en avril dernier, cette fédération pourrait bien se retrouver sur la bonne voie au cours des prochaines années. Reste que certains judokas n’ont pas su être à la hauteur au niveau régional et continental. Ce qui laisse perplexe quant à leur progression.

Comme la plupart des fédérations sportives à Maurice, les 10es Jeux des Iles de l’océan Indien ont été une référence au cours de cette saison. L’apport et l’expertise du Directeur technique national (DTN) le Français Baptiste Leroy y sont sans doute pour beaucoup. Son travai doit être salué, car il a permis à cette discipline de retrouver un nouveau souffle. Il a ainsi su trouver la bonne stratégie et surtout instituer un plan bien établi et défini pour remettre le judo mauricien sur de bons rails. Dans ce contexte, on doit mettre en exergue la prestation aux derniers JIOI, où sur les quatorze engagés, onze se sont retrouvés en finale, alors que six médailles d’or ont été décrochées par Louis Bégué (-66 kg), Rémy Feuillet (-90kg), Priscilla Morand (-48kg), Christiane Legentil (-52 kg), Christina Spéville (- 78 kg), sans oublier la médaille d’or obtenue dans la compétition par équipes au niveau féminin. Sept médailles d’argent ont également été obtenues, et ce, par l’entremise de Hansley Adonis (-100 kg), Sébastien Perrine (+ 100 kg), Danielito Perrine (-73 kg) et la sélection masculine, Sarah Sylva (-57 kg), Kimberley Jean Pierre (-63 kg) et Tracy Durhone (+ 78 kg). Quant Bryan Étienne (-81 kg), capitaine de l’équipe masculine et Noémie Evenor (-70 kg), ils se sont retrouvés sur la troisième marche du podium.

Si on se base sur les médaillés d’or de cette compétition, on constate que deux d’entre eux sont des expatriés, à savoir, Priscilla Morand et Rémi Feuillet, tandis que quatre autres viennent de Rodrigues. Qu’en est t-il donc de la progression de Sarah Sylva, Pascal Laurent, Bryan Étienne et Tracy Durhone entre autres ? Si cette dernière manque encore d’expérience, les trois autres n’ont pas été à la hauteur des espérances cette année, que ce soit sur la scène régionale et continentale.

Pour ce qui est des championnats d’Afrique, Priscilla Morand, qui évolue en Suisse, a été la seule Mauricienne à décrocher un podium, en décrochant la médaille de bronze. Quant aux autres judokates, Kimberley Jean Pierre et Tracy Durhone, elles ont terminé à la cinquième place. Chez les hommes, les locaux se situent toujours à un niveau inférieur sur le continent. Néanmoins, les médailles de bronze de Rémi Feuillet et du Rodriguais Sébastien Perrine, aux Jeux d’Afrique tenus en août dernier au Maroc, ont permis à ce que Maurice puisse se faire sa place au soleil à ce niveau.  Le constat demeure que les années se suivent, et les judokas mauriciens n’arrivent plus à décrocher le titre suprême. Les deux derniers judokas mauriciens à avoir accèder à la plus haute marche africaine ont été Marie Michèle St-Louis et Jean Claude Raphaël. C’était en 1998 au Sénégal. « Au niveau des filles, je pense que cela viendra rapidement . Par contre, du coté masculin, il reste un gros travail à faire, car les  judokas africains possèdent une longueur d’avance sur Maurice », affirme le DTN.

Anom Petrapermal (entraîneur national) : « La meilleure année de la FMJ »

Après avoir épaulé Baptiste Leroy durant cette année, l’entraîneur national, Anom Petrapermal, se dit satisfait des performances des judokas et affirme que la fédération locale a connu sa meilleure année depuis un certain temps déjà. « Nous ne pouvons qu’être satisfaits de cette année qui a été riche en performances. C’est sûr que les Rodriguais et les expatriés ont très performants, mais les judokas locaux n’ont pas pour autant démérité. Il ne faut pas faire de comparaison entres les judokas. Les locaux ont du faire face à leur emploi du temps au niveau professionnel, et sont malheureusement tombés sur des mauvais tirages. L’expérience du DTN a été très bénéfique à la FMJ car il a su instaurer un état d’esprit très sérieux aux judokas. Selon moi, c’est la meilleure année de la FMJ depuis quelques temps, et nous ne pouvons qu’être fiers, car cela constitue un gros travail d’équipe », fait-il ressortir.