Alors que son deuxième mandat tire à sa fin, Kamil Patel, le président de la Fédération mauricienne de tennis (FMT), jette un regard positif sur les réalisations qu’il aura menées avec le soutien du comité directeur. Il parle de la démocratisation du tennis à Maurice ces dernières années tout abordant la gouvernance de la FMT et la problématique de la participation féminine. Ci-dessus l’essentiel de l’entretien qu’il nous a accordé.

Kamil Patel, le tableau féminin des championnats nationaux est plutôt clairsemé. Qu’est-ce qui explique l’absence de participation féminine aux tournois ?

Pour être franc, nous cherchons tous la réponse. Pourtant, dans les écoles et les autres centres d’entraînement, c’est du 50-50. On a autant de filles que de garçons. Mais il semblerait qu’elles n’arrivent pas à franchir le pas.

Vous avez évoqué un phénomène mondial…

Oui, en effet. Les filles et les femmes adorent le tennis. Que ce soit dans les écoles ou en tant que spectatrices. Et c’est mondial. On a l’impression qu’il y a moins de filles que de garçons. La Fédération internationale essaie les initiatives pour encourager les femmes à s’engager en compétition. Il y a tout de même des côtés positifs.

Lesquels ?

On a vu, par exemple, que les femmes préféraient le jeu en équipes. C’est-à-dire que les femmes préféraient plutôt jouer le double ou le double mixte. Mais dans le fond, on ne connait toujours pas le fond du problème.

Vous avez aussi parlé du retour de Maurice en FedCup et en Coupe Davis, deux gros tournois internationaux. La participation mauricienne commence à dater (ndlr, depuis 2007)…

Oui, en effet. Nous y avons pensé depuis l’année dernière pour que nous puissions le faire cette année. Mais cela a été annulé pour les raisons qu’on sait. Mais normalement, ce sera maintenu pour l’année prochaine et on aura nos équipes en FedCup et en Coupe Davis.

Venons-en au plan local. La saison s’est tenue malgré l’arrêt, pour trois ou quatre mois, de toute activité. Que reste-t-il de fort de cette année ?

Plusieurs points me viennent en tête. L’année 2020 a été une année remplie de défis. En premier lieu, il a fallu garder le niveau de jeu des jeunes qui ne pouvaient s’entraîner. On a pu faire des entraînements par Zoom. Ce n’était pas l’idéal, mais cela nous a permis de garder un certain niveau et prévenir les blessures au retour.

Quoi d’autre ?

Il nous a fallu voir avec les sponsors pour refaire le programme de tournois pour un calendrier légèrement remanié. Je dois dire que tous les sponsors ont joué le jeu et ils ont été récompensés, puisque tous les tournois ont obtenu un record de participation.

Autre chose : le tennis est présent dans les Youth Centers depuis quelque temps. Quel bilan dressez-vous de cette action ?

C’est un projet que la Fédération a mis en place avec la collaboration du MAJSL. Nous avons levé des fonds auprès de sponsors pour amener le tennis dans les Youth Centers qui sont des émanations du MAJSL. Les sponsors ont adoré l’idée et nous ont suivi à fond.

Donc, la démocratisation du tennis est en marche…

En effet. Pendant 25 ans, cela a été un grand sujet. Je le dis et je le répète : le tennis est la discipline qui s’est le plus démocratisé ces 25 années. Il faut savoir que quasiment personne n’avait accès aux clubs de tennis. Moi-même, en tant que jeune, et en tant que no.1 mauricien, je n’avais pas accès à huit clubs sur dix. Ce qui était une aberration. Et vers la fin des années 90, il y a eu des dirigeants de la Fédération, visionnaires, qui ont ouvert le tennis à tous. Et ça se voit quand on regarde les tableaux qu’on est un sport démocratisé et accessible.

Vous êtes à la fin de votre deuxième mandat en tant que président de la FMT. Que retenez-vous de vos années à la tête de la Fédération ?

Beaucoup de choses. Premièrement, une constance et une force de gouvernance. D’une certaine façon, le tennis n’a jamais été cité dans les médias pour les mauvaises raisons ces dernières années. Il n’y aucun problème de gestion. On peut se targuer d’être une fédération bien gérée.

Et sur le plan sportif ?

On a eu des titres marquants en individuel et en équipes. En garçon U16, on a été champion d’Afrique australe en battant les Sud-Africains. Il y a eu les filles Zara Lennon et Amélie Boy qui ont gagné des tournois ici et à l’étranger. En plus, nous avons agrandi notre capacité d’entraînement à Petit Camp, avec désormais 120 jeunes qui peuvent s’exercer.

Les JIOI restent malgré tout une petite épine dans votre pied…

Un peu. Nous n’y étions pas en 2019 et en 2015, les Malgaches étaient vraiment très forts. Et la déception était un peu généralisée.

Une dernière question. Qui voudriez-vous voir vous succéder à la tête de la Fédération ?

Je dirais que notre système de gouvernance est suffisamment fort que je suis sûr que la personne qui me succèdera aura tous les moyens pour travailler. Je pense qu’on l’a prouvé.