Julie Paturau (au centre), ici sur un podium réalisé à Maurice, est actuellement vice-championne d'Australie

La kite-surfeuse Julie Paturau, qui s’est installée en Australie depuis quelque temps pour ses études, et sélectionnée pour faire partie du projet Horizon Paris 2024, monte en grade. Récemment, elle a été désignée vice-championne d’Australie et 3e des championnats d’état du Western Australia.

Des podiums qui indiquent qu’elle est actuellement sur la montante. On peut facilement dire qu’elle a flairé la bonne opportunité en partant pour l’Australie, ramenant avec elle ses voiles et ses planches de kite-surf. Et c’est sous l’impulsion de Jean de Falbaire, médaillé d’or aux Jeux d’Afrique et aux JIOI 2019 qu’elle s’est retrouvée enrolée au sein du programme Horizon Paris 2024. « C’est une opportunité énorme pour moi. Je reçois d’un soutien à plusieurs niveaux », explique-t-elle. Son adhésion à ce projet lui permet de bénéficier de l’aide d’un psychologue et d’un nutritionniste, entre autres. « Ce sont des aspects importants. On ne le réalise peut-être pas, mais c’est la somme de tous les détails qui fait la différence. Je dois d’ailleurs dire merci à ceux qui ont mis sur pied ce projet. Cela m’a permis d’ouvrir les yeux et de réaliser qu’il faut être bien dans son corps et dans sa tête pour de meilleurs résultats. »

Arrivée à Perth, sa ville d’adoption il y a maintenant près de trois ans, l’adepte du kite-surf y a découvert une culture du kite, qu’elle s’est appropriée. Son temps, elle le passe sur l’eau et les bancs de la Murdoch University, où elle étudie la chiropraxie. « Je souhaite, par la suite, travailler avec des athlètes », affirme-t-elle. « C’est plutôt cool pour nous. Le matin, on a des cours, on est en classe. Et l’après-midi, on est sur l’eau. » Et elle a rejoint son frère, Hector, couronné champion de l’état de Western Australia, il y a quelques semaines. « Avec Hector, nous arrivons à nous entraîner ensemble. Ce qui est bien, c’est qu’il y a du vent et beaucoup de compétitions », raconte-t-elle.

Quand le vent n’est pas de la partie, elle se rend en salle de sport, où elle peaufine sa préparation physique. « Le kite-surf, ce n’est pas seulement aller sur l’eau. Il y a un travail physique à effectuer pour appréhender la charge sur l’eau », souligne-t-elle. Ainsi, son arrivée en Australie a pallié à l’absence de concourrentes à Maurice. Mais elle caresse aussi le projet d’aller en Europe, en compagnie de Jean de Falbaire, son binôme en vue d’une éventuelle qualification olympique, afin de répéter ses gammes. « Làbas, ce sera encore une autre mauricienne de judo (FMJ) sur ce sujet. « Nous sommes conscients de la situation sanitaire qu’impose la Covid-19, mais est-ce que c’est un jour avant le départ qu’on saura si oui ou non nous ferons le voyage ? » se demande un des judokas. Nous avons donc pris contact avec le président de la FMJ, Josian Valère, en ce qu’il s’agit de l’avancement de ce dossier auprès du ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse et des Sports. Il nous a alors déclaré : « Pourquoi ne pas le demander à Joseph Mounawah ? » Pourquoi une telle réponse ? Car Joseph Mounawah, ancien président, ne fait plus partie de la FMJ depuis quelques années déjà.

Suite à cette réponse, nous avons relancé Josian Valère, qui a fait ressortir : « Je ne vous donnerai aucune déclaration par rapport à ce dossier. » Chose incompréhensible, car en tant que président d’une fédération, il a le devoir d’assumer ses responsabilités envers la presse et les judokas lorsqu’il s’agit de communiquer les derniers détails sur la situation actuelle. Sans oublier que Josian Valère siège également au sein du comité directeur de l’Union africaine de judo. De ce fait, il sera certainement impliqué dans cette compétition africaine. Au niveau du MAJSL, selon une source, « la participation des locaux vers un pays africain est très compliquée. Actuellement, ce sont ceux qui pourront participer aux Jeux Olympiques en juillet qui seront les privilégiés. Tous les jours, la situation de la Covid-19 est de plus en plus compliquée, avec le nouveau variant indien qui sème le doute dans les esprits ».

Si aucun des locaux n’arrive à faire le voyage vers le Sénégal, les espoirs de médaille reposeront sur les épaules des deux expatriés Priscilla Morand (-48 kg) et Rémi Feuillet (-90 kg), qui ont remporté lors de la dernière édition deux médailles de bronze. Pour en revenir aux judokas locaux, comme en 2020, les entraînements se font à travers la plateforme Zoom. Si ce n’est pas le directeur technique national, le Français Baptiste Leroy, qui supervise les séances, il encouragent les seniors à animer les entraînements dans le but de leur permettre de se tourner plus facilement vers le coaching après leur carrière sportive. paire de manches. Déjà, je vais essayer d’améliorer mon classement et être la meilleure en Australie et ensuite, je vise des compétitions européennes pour progresser encore. » Reste que la pandémie de Covid-19 n’a pas arrangé les choses. Encore récemment, la région où elle habite a connu une alerte, qui a vu un confinement de la population.

« C’était un peu dur. Nous n’avons pu nous entraîner comme il se doit pendant un moment. Mais heureusement que ça n’a pas duré longtemps. » Il lui reste encore deux ans et demi avant de terminer ses études au pays des kangourous. Mais son île natale – et ses parents – lui manque. Si à Maurice, elle pouvait compter sur le soutien vocal de ces derniers en compétition, en Australie, il n’en est rien. « Ils ne peuvent pas venir non plus, à cause de la Covid-19 qui a tout compliqué. Il n’empêche que nous sommes en contact permanent et que quand les choses vont s’arranger, j’essaierais de rentrer à Maurice pour des vacances », conclut-elle.