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La Konversasion Solider organisera sa 2e marche samedi prochain à Mahébourg. Une liste de revendications, allant de la mise sur pied d’un Wakashio Survival Fund à des tests gratuits pour les personnes affectées par l’odeur de pétrole, a été votée pour cette occasion. Les partis politiques, les Ong et les syndicats qui se retrouvent dans ces revendications seront invités officiellement à participer à la marche, qui débutera à 13h devant l’ancien King Savers.

La marche du 12 septembre sera une continuation de celle du 29 août, qualifiée de « plus grande mobilisation de notre histoire » par Ashok Subron. Ce dernier affirme que depuis le 6 août dernier, des citoyens sont mobilisés sur le front de mer à Mahébourg pour sauver leur patrimoine naturel, et en solidarité avec ceux qui sont directement affectés. « Même quand le gouvernement a mis des “restricted areas”, nous sommes restés là. C’est une sorte de désobéissance civile. »

Il a par ailleurs rappelé qu’une assemblée s’est tenue le 22 août dernier afin de ratifier les revendications votées à Mahébourg pour la marche du 12 septembre. « Cette marche sera une marche pour changer le système, contre l’inégalité sociale et le manque de respect envers la nature, entre autres. »

David Sauvage est revenu, lui, sur l’élan de solidarité à Mahébourg suivant le déversement d’huile dans le lagon. « La solidarité a été au centre de l’interaction. Maurice est en mouvement. Là où l’État n’était pas en mesure d’agir, le peuple a montré la voie. » Il a plaidé pour une alternative économique, arguant qu’on ne peut avoir un système « basé sur l’exploitation des gens et la destruction de la nature ». Il a également mis l’accent sur la capacité des jeunes à s’émanciper. « La fondation pour une nouvelle Maurice réside dans cette solidarité. » David Sauvage a également mis en garde contre la crise écologique. « C’est un nouveau Wakashio qui est en train de venir, et il faut agir en conséquence. Il faut plus de justice sociale et d’activités économiques qui respectent les gens et la nature. »

Bruneau Laurette a pour sa part invité à mettre les ego de côté pour travailler en collaboration. « Là où il y avait la division, le Wakashio a apporté l’unité. Mahébourg doit sortir gagnante dans tout cela. » Il a aussi déclaré que les membres du gouvernement sont des « employés du peuple » et qu’à ce titre, ils doivent « travailler pour le peuple, et non pour leurs familles ».

Rashid Imrith a rappelé, lui, que Konversasion Solider a pris naissance pendant le confinement pour faire entendre la voix des citoyens, car le gouvernement avait « touché aux acquis des travailleurs », alors que ces derniers ne pouvaient sortir de chez eux. Il affirme que lors d’une rencontre, les syndicalistes ont tendu la main au Premier ministre, Pravind Jugnauth, mais que celui-ci « a refusé de la prendre ».

Rappelons que parmi les revendications du 12 septembre, on relève le paiement d’une allocation mensuelle de Rs 15 000 aux personnes affectées par la pollution, dépendant du nombre de membres des familles. La mise sur pied d’un département spécial à l’hôpital pour les personnes souffrant de troubles liés à l’odeur de pétrole ainsi que pour offrir des tests gratuits est aussi à l’agenda des réclamations. Il est aussi demandé au gouvernement de rendre public les bulletins réguliers sur la toxicité du lagon. Enfin, la Mahébourgeoise Virginie Parisot, membre du collectif, a qualifié l’affaire Wakashio de « négligence criminelle ».