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Sous le calme apparent qui règne dans les environs de Cité La Caverne et les quartiers environnants samedi dernier se cache une grosse colère des habitants : « C’est inacceptable ! Les autorités nous ont donné l’assurance que tout allait être mis en oeuvre pour notre sécurité. An realite, tou anba lao ! » Ces riverains se plaignent notamment de la « mauvaise gestion » de la situation. « Clairement, les autorités sont dépassées ! »

Ces habitants de Cité La Caverne soutiennent d’emblée : « Ena kafouyaz partou ! D’abord en ce qui concerne les tests, les autorités auraient dû organiser le dépistage dans divers endroits. Au départ, il avait été question d’un jour de testing. Là, jeudi et vendredi, il y a eu des tests. Et lundi, l’équipe revient… C’est que des gens de partout convergent vers ici. Ce n’est pas normal. Le gouvernement aurait dû aménager d’autres centres de tests. Et ce n’est pas la place qui manque ici ! Par exemple, pour ce qui est des habitants de Cité La Caverne, spécifiquement, ils auraient pu envoyer une caravane pour cette partie de la région. Et les autres, qui habitent un peu plus en haut, ils auraient fait leur test dans le centre communautaire de la localité… Au lieu de cela, c’est un grand désordre général ! » Et de préciser : « Les gens d’ici sont très disciplinés ! Ils ne marchent pas dans la rue pour rien. Nous ne sortons de chez nous que pour des urgences et quand nous avons des  choses à faire. Sinon, on respecte scrupuleusement les consignes de sécurité. »

Ce que déplorent fortement ces habitants de cette zone décrétée rouge par le gouvernement la semaine dernière, depuis qu’un de ses habitants, en l’occurrence Younous Lalloo, positif à la Covid-19, ait été se balader chez un marchand de légumes du coin, et ses proches de la région, qui tous, ont subséquemment, contracté le virus, c’est « le fait que des gens venant des régions avoisinantes, comme Holyrood, Quinze-Cantons, et ailleurs entrent dans notre localité ». Nos interlocuteurs se demandent : « Comment est-ce qu’ils parviennent à entrer quand on nous a donné l’assurance que des barrières et des road-blocks ont été érigés afin d’empêcher justement qu’il y ait circulation de personnes d’ici et de l’extérieur ? » Certains évoquent le fait que « akoz sir Anerood Jugnauth res dan le paraz zot pa le met roadblock ek barier lapolis ». Ajoutant aussitôt : « Mais c’est jouer avec notre santé, à nous, qui habitons plus bas ! »

Andrea, mère de deux adolescents, et qui travaille au sein d’une Ong, est furieuse : « J’ai de nature l’habitude de parler aux gens à gauche et à droite… Mais là, depuis mercredi dernier, j’ai peur ! Mo pa koz ar person, mo nek pik drwat kot mo bizin ale ! » Elle élabore : « Les gens d’ici, on se connait… Même si la région est vaste, avec ceux qui vivent à la Résidence La Caverne, les maisons NHDC, ceux qui ont construits individuellement. Mais depuis jeudi, quand le gouvernement a décidé d’envoyer des équipes de testing et de contact tracing, une foule venue d’on ne sait où débarque tous les jours ici ! »

Elodie partage la colère de sa voisine : « Enn ta lapolis nek fer round enn zourne ! Ou kapav dir mwa pou kifer ? Nou zabitan isi, nou pa pe sorti an deor perimet ! Nous restons au sein de la zone, et nous respectons les consignes. Par contre, on ne sait pas comment, certains arrivent à, soit tromper la vigilance des autorités, soit à se faufiler dans les petites rues non surveillées pour entrer dans la région… C’est eux que la police doit contrôler ! » Ce que craignent ces habitants, Elias le résume : « Personne n’a la Covid ici. Ce monsieur qui a été trouvé positif l’a attrapé en dehors d’ici. Ce qui s’est passé est définitivement malheureux. Mais nous, les habitants de Cité La Caverne, nous lançons un appel aux autorités : que les consignes soient respectées rigoureusement ! Parce qu’on a peur que quelqu’un d’en dehors de notre localité amène le virus à nouveau ! Nous, on se protège. Mais à quoi bon s’il y a des faiblesses dans le système ? »

Autre élément qui rend plusieurs mères de familles folles d’inquiétude : « Le fait que des gens – selon nous, des préposés du ministère de l’Education – passent en voitures et font passer le message aux enfants qui doivent passer des examens de 4e ou de 5e, de sortir… Mais ce n’est pas une façon de faire ! » Nos interlocutrices poursuivent : « Est-ce qu’on peut, sans qu’on ait eu des rencontres avec des gens qu’on ne connaît pas, leur confier nos enfants ? Simplement parce qu’ils passent et crient aux enfants de sortir ? Qu’ils viennent nous rassurer qu’ils sont des officiers de l’Education, qu’ils soient munis d’attestations et de cartes, alors on sera rassurées sur la sécurité de nos enfants, et on pourra les laisser sortir. Sinon, ça ne se fait pas ! » Elles renchérissent : « Zot pa donn nou oken garanti ni lasirans, nek nou less nou zanfan sorti ? Kot pe ale ! »

Ces habitants de Cité La Caverne lancent un appel aux autorités : « Ressaisissez-vous et revoyez les failles dans le système. Parce que, comme c’est, là, ça ne va pas du tout ! »