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Initialement annoncée pour le 14 juin, la rentrée scolaire 2021 a été repoussée et réajustée avec de nouvelles modalités pour le 5 juillet. De quoi chambouler et compliquer les préparatifs pour les parents, les enseignants, les élèves sachant que les informations ont été communiquées à la dernière minute. Cette reprise est donc anticipée dans un sentiment d’incompréhension et d’incertitudes.

A la fois enseignante et parent, Marie C. ne cache pas sa colère depuis l’annonce faite la semaine dernière par la ministre de L’Éducation concernant la grande rentrée 2021/2022 et ses nouvelles dispositions. “Notre vie était suffisamment compliquée depuis l’année dernière. Il a fallu que le gouvernement vienne en rajouter une couche. Je me demande si le sort de enfants est vraiment leur priorité?”. Plusieurs questions nécessitent selon elle des précisions. Par exemple, est-ce que les élèves, surtout les petits, peuvent-ils réellement respecter la distanciation sociale? Et surtout c’est cacophonique autour de la vaccination des enseignants, non-enseignants et de l’accès des parents.

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Pour sa part c’est principalement le nombre de jours d’école réduit qui inquiète Sophie Aliphon dont le fils se prépare cette année pour le PSAC. Elle trouve que l’encadrement et l’enseignement ne seront définitivement pas suffisamment adéquats : “L’apprentissage est différent pour chaque enfant et tel que se présente le calendrier, le ministère vient rajouter davantage de stress sur les élèves”. À moins d’un mois du retour à l’école, Geeta Bundhoo a le sentiment que cette reprise se fait sous trop de contraintes. Sans compter que les directives ne cessent de changer.

Avec un enfant en primaire, et un autre en secondaire elle avoue être complètement perdue. Elle explique “Ce n’est pas évidemment de gérer autant de changements en si peu de temps”. À ce stade, toutes les mesures sont loin de satisfaire totalement Kevin Gutty : “Cela a un impact néfaste sur les enfants et les conditions sont loin d’être réunies pour que leur retour à l’école se fasse sereinement”. Il émet des réserves concernant les nouveaux règlements : “Le gouvernent nous impose des choses sans même nous consulter et les informations tombent au compte goutte et c’est à nous, parents, de nous débrouiller à comprendre les choses, à essayer d’expliquer cela à nos enfants et à revoir à chaque fois tous les préparatifs et organisations”. S’appuyant sur le fait que les cas locaux sont toujours présents, il aurait préféré pour Neil, 11 ans et Sia, 7 ans, du moins pour tout le premier trimestre, que les cours se fassent uniquement en ligne. “Une fois que toutes les mesures sanitaires seront réellement comprises, mises en place et respecter à la lettre à tous les niveaux, là je serai plus rassuré d’envoyer mes enfants à l’école”.

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Pour sa part, Hurmila Routhoo, enseignante du secondaire, se dit prête à retrouver ses élèves. Déjà vaccinée, la prof d’anglais accueille favorablement les dispositions prises pour le calendrier scolaire 2021/2022. “Le fait que cela se passe par phase n’est pas une mauvaise idée. Tous les élèves ne seront pas présents physiquement et cela réduit le risque de contamination. De plus, l’idée des cours en ligne est un bon moyen pour recommencer l’apprentissage dans le contexte actuel”. Cependant, elle est partagée concernant le fait que le ministère impose la vaccination ou des test PCR aux corps enseignants et non-enseignants. “Certes ça pourrait aider à freiner mais le choix final doit revenir à l’individu”. De quoi amener Marie C. à dire que les mesures annoncées sont incompréhensibles. “Si c’était uniquement pour protéger le prof, je suis d’accord. Sauf que même vacciné, nous pouvons infecter nos élèves ou vice-versa”. Comme elle, Kevin Gutty pense que des tests PCR effectués régulièrement seraient plus adaptés tandis que Sophie Aliphon conclut : “J’espère que ces modifications sont définitive et que d’autres surprises ne vont pas nous tombées dessus au cours de l’année”.

Le calendrier scolaire 2021/21 se présente comme suite :

Premier trimestre

A partir du 22 juin, les classes reprendront en ligne et dureront jusqu’au 2 juillet. Puis la reprise dans les établissements se fera le 5 juillet. Les élèves seront alors départagés et alternés en plusieurs groupes : Grade 1 à 3 : deux jours ; Grade 4 à 6 : trois jours ; Grade 7 à 10 et Grade 12 : trois jours dont la Grade 9 avec des extended programme ; et Grade 11 et 13 : trois jours. Concernant le pré-primaire, ce sera deux jours pour les 3 ans et trois jours pour les 4 ans dès le 5 juillet tandis que le tertiaire reprendra le 1er juillet.

Vaccin : Mo lekor Mo drwa mo swa

Tel est le thème de la campagne lancée en début de semaine suivant la décision des autorités d’imposer le vaccin au personnel enseignant, entre autres professionnels. Mo lekor Mo drwa mo swa s’accompagne d’une pétition et d’une campagne de sensibilisation qui appellent au respect des droits fondamentaux des individus et qui s’érigent contre des pratiques jugées antidémocratiques et dictatoriales. Une page Facebook de même d’une page web ont été créées pour mieux expliquer le mouvement qui a rapidement gagné en essor. Des activistes, des hommes de loi et autres personnalités se sont associés à ce mouvement qui promet plusieurs actions dans les jours à venir.

“Il faut bien comprendre que nous ne sommes pas contre le vaccin. Mais nous sommes en faveur de la liberté de choix”, explique Julie Vranckx Lepert. Responsable de l’école La Palette, elle explique que sur 35 employés, seuls trois ont consenti à se faire vacciner. Les autres, comme beaucoup d’autres Mauriciens, ne font pas confiance aux vaccin proposé considérant qu’ils sont toujours au stade expérimental. De ce fait, selon les règlements imposés par le gouvernement l’école risque de ne pas être en mesure de fonctionner.

Cette campagne rejoint la voix de plusieurs individus et regroupement qui s’élèvent contre la manière de faire du gouvernement sur cette question.