Un somptueux cadeau d'anniversaire pour le Sud-Africain Pierre Corne Orffer qui s'est offert un doublé avec Ideal Secret (ici dans la course principale) et Silver Heritage, un peu plus tôt dans la journée

Requinqué depuis l’arrivée de sa petite famille dans l’île il y a deux semaines, Pierre Corne Orffer est le jockey à suivre en cette fin de saison. Le Sud-Africain a donné un avant-goût de ce qu’il nous réserve pour les cinq dernières journées samedi en signant un doublé, son deuxième en quinze jours après celui de la 25e journée. C’est avec Silver Heritage et Ideal Secret que la cravache de Ricky Maingard s’est distinguée. Ideal Secret a profité que le favori Palace Chapel n’était pas sous son meilleur jour pour enlever l’épreuve phare dans un joli style.
Cette course s’est déroulée comme on l’avait prévu sauf que Palace Chapel, n’a pas été en mesure d’aller jusqu’au bout de la dernière ligne droite. La faute à des ennuis divers dont une boiterie contractée durant la course et une toux. Pourtant, c’est lui qui a été le prompt à l’ouverture des boîtes de départ et en ce faisant, s’est débarrassé de Sea Dance qui aurait pu lui mener la vie dure l’intérieur. C’est Big Mistake est venu se placer au trois-quarts du cheval de Simon Jones histoire de lui faire savoir qu’il n’avait pas intérêt à endormir le peloton. Idéalement placé en troisième position, Sea Dance était quelque peu ardent sous la conduite du jeune Abhishek Sonaram alors qu’Ideal Secret n’était pas moins bien loti au cœur du peloton. Ehsaan avait surmonté son mauvais numéro pour se placer dans le dos du Big Mistake précédant un deuxième groupe de chevaux qui était composé de Wave, Arabian Air, Kazaar, Sugoi et Elusive Path.
Avec Big Mistake en sentinelle, Palace Chapel n’a pas eu tout le loisir pour manœuvrer à sa guise. Au 450m, le favori a tenté de prendre la poudre d’escampette mais Rakesh Bhaugeerothee a réagi promptement en montant Big Mistake aux bras. Ideal Secret attendait son heure de même que Sea Dance. À ce stade, le peloton était coupé en deux et il était évident que ceux se trouvant dans le deuxième groupe ne pouvaient prétendre à la victoire.
Palace Chapel a abordé la dernière ligne droite en vainqueur mais restait sous la menace de Big Mistake. Pendant que le premier puisait dans ses réserves pour repousser l’attaque du cheval de Nagadoo, à l’intérieur s’amenait Ideal Secret. Sachant que son cheval a une courte accélération, Orffer a attendu les cent derniers mètres pour passer franchement à l’offensive. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’Ideal Secret le lui a bien rendu puisqu’il a sorti un puissant coup de reins pour régler ses adversaires à la régulière et renouer avec le succès près de 20 mois après sa dernière victoire. Le favori Palace Chapel a complètement baissé pied pour finir 8e à 4,30L du vainqueur. Quant à Sea Dance il n’a pu changer de vitesse malgré ses 48kg. Il a sans doute trouvé le B61 au-dessus de ses moyens. En revanche, la bonne surprise est venue de Big Mistake qui a couru en net progrès alors qu’Ehsaan est à créditer d’un bon retour à la compétition.

LES AUTRES COURSES
Jean-Michel Henry 3 mois après
1. Tout comme cela a été le cas lors de la journée précédente, c’est l’apprenti Abhishek Sonaram et l’entraînement Preetam Daby qui ont ouvert les hostilités avec Never Fear. Aligné en 0-20, une valeur ou était déclassé, l’alezan s’est montré trop fort pour ses adversaires confirmant par la même occasion son bon retour à la compétition un mois plus tot quand il n’avait été remonté que par Tyrian. Il faut saluer la monte pleine de confiance et d’audace de l’apprenti Sonaram. Non seulement n’a-t-il jamais pris les barres alors qu’il avait l’occasion de le faire, il a aussi surpris ses adversaires en démarrant de loin, soit au 500m mettant dans le rouge Seven Carat qui est intrinsèquement un one-pacer. Le plus dur étant fait, Never Fear a été supérieur à ses adversaires en ligne droite. Seven Carat s’est accroché à sa deuxième place devant Valerin et Double Gratitude qui continue sa progression. Dans la poussière durant tout le trajet conséquence d’un départ raté, Big Smoke a bien conclu pour gagner quelques rangs à l’arrivée. À noter que Kemal Kavur a saigné des deux narines et a été suspendu pour 30 jours.

2. 1.58.52 pour les 1850m ! C’est le temps réalisé par Italian Way dans l’épreuve de la deuxième épreuve réservée aux chevaux de 0-25. Si on a pu apprécier la science et l’expérience de Bernard Fayd’herbe qui n’avait d’autre choix que de réduire la course à un sprint vu que la tenue de cheval était douteuse, comment passer sous silence la passivité des autres acteurs dans cette course ? Ne sentaient-ils pas qu’Italian Way évoluait à un pas de sénateur ? N’y avait-il pas suffisamment de raisons d’aller durcir quelque peu le pas ? Le mieux à même de le faire était Akash Aucharuz sur Barking Irons mais le jockey mauricien ne semblait pas intéresser à prendre les commandes de l’épreuve alors qu’une sortie auparavant ce cheval avait failli l’emporter… de bout en bout ! On a aussi noté que pas moins de cinq chevaux étaient ardents au passage du but pour la première fois. C’est dire à quel point le rythme était lent. Dans ces conditions, comment prétendre battre Italian Way au sprint ? Le premier des battus a été Redwood Valley qui a précédé Desert Thief – sur lequel David a perdu sa cravache au 300m – et Sir Capers.

3. La troisième épreuve a souri à Star Of Zeus de l’entraînement Patrick Merven. Même si la cote du cheval peut indiquer le contraire, cette victoire ne constitue pas vraiment une surprise dans le sens qu’il a toujours été présent à l’arrivée cette saison. Le seul hic était son départ mais sur 1650m, rien n’était perdu. Cédric Ségeon connaissant le Champ de Mars comme le fond de sa poche, il sait à quel moment il faut demander l’effort à un cheval pour qu’il ne présume pas de ses forces. Star Of Zeus a effectivement été lent mais le Français a volontairement laissé dérouler devant lui avant de graduellement améliorer sa position quand le tempo a baissé en tête de montée pour placer son cheval sur l’arrière-main d’Emaar. Ce dernier avait surpris Barak Lavan pour prendre la direction des opérations. Au vu de la physionomie de la course, on savait que la victoire allait revenir à un des chevaux de tête. On pensait qu’Emaar allait offrir une meilleure résistance mais il s’est éteint au 200m. Ce dont en a profité Star Of Zeus pour aller cueillir sa deuxième victoire de la saison. Belle fin de course pour le duo de Rameshwar Gujadur Declarator et West Coast Warrior alors que le favori Ron’s Joy n’a jamais été de la course.

4. Nettement mieux placé au départ cette fois, Silver Heritage s’est imposé comme attendu dans la quatrième course pour justifier sa cote de favori. Corne Orffer a mis à bon escient la vélocité de son cheval et l’apport de la première ligne pour donner du fil à retordre aux chevaux à son extérieur, notamment Driven Force, Alssakhra et Kingsman. C’est finalement Kingsman qui a eu raison de tout le monde quand il s’est approprié la position tête et corde non sans avoir fait des efforts. On savait dès lors qu’il allait être vulnérable en fin de parcours. L’éventuel vainqueur restait au contact avec à son extérieur Driven Force. Lagacio, sur le papier le principal challenger de Silver Heritage, se retrouvait lui en avant dernière position. Ce n’est que dans la ligne opposée qu’il a amélioré sa position avant de passer franchement a l’offensive au 450m. Toutefois, le fait d’avoir attaqué à l’extérieur lui a été préjudiciable puisqu’il a manqué de punch en ligne droite. Ce dont en a profité Silver Heritage qui a bénéficié du trajet le plus court à l’intérieur pour inscrire sa troisième victoire au Champ de Mars. Bon comportement de Copenhagen de l’arrière, ce qui laisse désormais plus d’une option à son entraîneur.

5. Blackburn Roc n’a pas commis d’erreur. Sévèrement gêné à ses débuts, le pensionnaire de Gilbert Rousset s’est brillamment racheté à sa deuxième sortie pour remporter sa première victoire au Champ de Mars. Pourtant, les choses paraissaient mal embarquées au 400m quand il a lâché son mors. Nooresh Juglall a dû s’employer pour qu’il (re) mette la tête au travail et même en début de ligne droite il ne donnait pas l’impression de pouvoir le faire. Ce n’est qu’a environ cent mètres du but qu’il s’est vraiment appliqué non s’être montré green. On est d’avis que ce sont ses qualités intrinsèques qui l’a mené au but. Il sera un meilleur compétiteur la saison prochaine. Deuxième à l’arrivée, Kaydens Pride n’a pas eu un parcours limpide de sa 8e ligne. En sus d’être ardent, il a attaqué de loin et complètement en épaisseur, ce qui n’a pas été au goût de Ricky Maingard. C’est Captain Gone Wild qui avait animé les débats mais il a cédé en fin de parcours. Il ne semble plus être le même cheval que l’année dernière. Quant au récent vainqueur Moschino, il a comme attendu trouvé la concurrence plus rude en B41.

6. Bien qu’il ait remporté trois victoires et récolte deux deuxièmes places en six sorties cette saison, Seattle Kid était délaissé au niveau des paris au profit de Trip To The Sky – installe favori – qui certes avait couru en net progrès mais qui n’avait pas encore fait ses preuves au Champ de Mars. L’occasion pour l’élève de Preetam Daby de rappeler qu’il a lui aussi des qualités à la lumière de sa course derrière Marauding en fin de saison dernière. Cette épreuve a été lancée par Gunston qui avait sur ses talons Chili Con Carne d’où le rythme régulier imposé à l’épreuve. Seattle Kid voyageait confortablement en one-off de Trip To The Sky alors que Watch Me Dad fermait le cortège. Vu l’allure proposée, c’était clair que la victoire allait revenir à un finisseur. Il a été du reste bien servi avec les trois derniers nommés passant le but dans la même foulée. C’est finalement Seattle Kid, le premier des trois à mettre le nez à la fenêtre en début de ligne droite, qui a conservé un mince avantage au but. On retiendra la belle fin de course de Watch Me Dad qui n’a pas démérité pour sa première tentative à ce niveau.

8. Le seul à avoir repris du terrain à Double Games la dernière fois malgré une selle déplacée, Bollinger s’est montré trop fort pour ses adversaires dans le 1365m réservé aux chevaux de B31 que constituait la huitième épreuve de cette 27e journée. Muni d’oeillères pour qu’il soit plus appliqué dans le parcours, le pensionnaire de Patrick Merven s’est brillamment racheté pour offrir le doublé à son établissement et à Cédric Ségeon. Cette épreuve a été retardée de quelques minutes vu que Captain Garett s’était cabré dans sa stalle. Sur ordre du vétérinaire en chef, il a été retiré et les mises remboursées. Une déduction de 10 sous par roupie sur le cheval gagnant a été appliquée, la cote moyenne de Captain Garett étant de 8/1 au moment du retrait. Pour revenir à la victoire de Bollinger, autant dire que Ségeon l’a piloté en toute confiance. On a toutefois remarqué que le cheval a pris un peu de temps à développer son accélération et une fois qu’il a mis la tête devant, il s’est envolé pour passer le but avec plus de 2L sur Fairbanks auteur d’une bonne fin course. On a par ailleurs pas compris la tactique décidée du côté de Praveen Nagadoo qui, in fine, a été contre productif à Stockbridge.

9. Près de trois mois à manger son pain noir. Depuis la victoire de Choir Of Angels le 29 août dernier, on n’avait plus vu Jean-Michel Henry descendre sur la piste pour accueillir un gagnant. La délivrance est finalement venue de Trojan Quest qui s’est imposé au nez et à la barbe des favoris dans l’épreuve de clôture. Il faut saluer la belle monte de Jameer Allyhosain qui n’a pas paniqué quand Bernard Fayd’herbe, sur Ku Du Tu, est resté à deux mètres des barres intérieures alors qu’il pouvait se rabattre à la corde. Le Mauricien est resté colle aux basques du Sud-Africain entraînant dans son sillage Take Off Mode. Le très joué Thomas Henry était lui idéalement placé sur les barres et attendait visiblement la dernière ligne droite pour se manifester. Ku Du Tu a tourné en tête et avait toujours le bon bout à cent mètres du but. Mais sous sa lourde charge de 62kg, il n’a pas été en mesure de contrer les assauts conjugués de Thomas Henry à l’intérieur et de Trojan Quest à l’extérieur. Sous la monte énergique d’Allyhosain, Trojan Quest a forcé la décision au poteau face à Thomas Henry qui a fait preuve d’immaturité. Ku Du Tu n’a pas démérité et craque sous le poids du handicap. Les autres n’ont été que de simples figurants.