People gather on a hill facing the ancient Temple of Parthenon atop the Acropolis hill in Athens on May 17, 2020 during the gradual deconfinement started on May 4, following a lockdown aimed at curbing the spread of the COVID-19 pandemic, caused by the novel coronavirus. - The Acropolis of Athens, flagship monument of Antiquity, will reopen on May 18, 2020 morning like all archaeological sites in Greece, two months after "the suspension of their operation" because of restrictions to counter the spread of Covid-19 (Photo by ARIS MESSINIS / AFP)

Sur toutes les lèvres mais absent du lexique, le mot « déconfinement » fait enfin son entrée dans le dictionnaire à côté de mots moins réjouissants comme « covid ».

« Parfois, tout s’emballe, et des mots qu’on n’avait pas forcément vus venir s’imposent massivement dans l’usage courant. C’est ce qui arrive avec les mots +covid+, +déconfinement+ (…) +télétravailler+ ou encore +téléconsultation+, passés dans l’usage quotidien avec la même brusquerie et la même rapidité que la pandémie à laquelle il nous faut faire face », ont expliqué jeudi les rédacteurs du Petit Robert en présentant l’édition 2021 de leur dictionnaire.

« Covid », mot masculin ou féminin, précise le Petit Robert ou « déconfinement » ne seront insérés que dans les éditions numériques du Robert. Il faudra encore un peu patienter pour les trouver dans la version papier.

Plusieurs définitions ont été complétées. Ainsi, au mot « barrière » est venue s’ajouter l’expression « geste, mesure barrière » (précaution prise dans la vie quotidienne pour limiter la propagation d’un virus, d’une maladie). A la définition de « cluster » on trouve aussi désormais « foyer épidémique ».

Les mots nouveaux de la version papier de l’édition 2021 du Petit Robert (en librairie à partir du 4 juin) ne se limitent pas à la sphère sanitaire.

Parmi les mots nouveaux on relève « cloud », « collapsologie » ou « sexto ». Si beaucoup de nouveaux mots sont d’origine anglo-saxonne on se régale avec les mots venus de la francophonie.

On apprend ainsi qu’en Belgique, lorsqu’il fait « douf », c’est que le temps est lourd. On qualifie de « nareux » ceux qui se montrent difficiles quant à la propreté de la nourriture et des couverts. Un « succès bête » est un succès considérable alors qu’un « bête papier » est un papier ordinaire, sans importance.

« Avoir le cul dans le beurre », c’est vivre dans l’aisance. Quant à l’expression « pincer son français », elle signifie « parler le français avec une certaine préciosité ou avec l’accent parisien ».

En Suisse, on peut être « déçu en bien », c’est-à-dire agréablement surpris, et « bobet » signifie « idiot, nigaud ».

Au Canada, « se désâmer » veut dire « se donner beaucoup de mal ». Une personne « bête » est méchante ou désagréable. « Partir à l’épouvante », c’est partir à toute vitesse. Certains découvriront aussi que les Canadiens disent « ça prend » pour « il faut » et que « faire un petit velours à quelqu’un », c’est lui faire plaisir.

« Loin d’être restée confinée, la langue française telle que la présente ce dictionnaire manifeste sa vitalité, sa force d’expansion, son ouverture et, pour employer un mot à la mode, sa résilience cette année », s’est félicité le linguiste et lexicographe Alain Rey.

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