This still image taken from NASA TV, shows (R) the SpaceX Crew Dragon capsule, with astronauts Bob Behnken (front) and Doug Hurley, and the capsule (L) at Launch Complex 39A in Kennedy Space Center in Florida on May 27, 2020. - The Demo-2 mission is expected to dock with the International Space Station on May 28. (Photo by - / NASA TV / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / NASA TV" - NO MARKETING - NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS

Mise à jour : Le lancement du vol habité de SpaceX reporté à cause du mauvais temps

Le compte à rebours continue mercredi au centre spatial Kennedy en Floride pour le premier vol habité de la société privée SpaceX, dont une fusée doit lancer deux astronautes de la Nasa vers la Station spatiale internationale, et écrire une nouvelle page de l’histoire spatiale.

Watch NASA and SpaceX Launch Astronauts to Space!

Watch history unfold as NASA and SpaceX launch astronauts Robert Behnken and Douglas Hurley to the ISS on Wednesday, May 27. This mission marks the first time since the retirement of the space shuttle in 2011 that humans will fly to the space station from U.S. soil. Set a reminder to tune for joint NASA/SpaceX coverage starting at 12:15 p.m. EDT, with liftoff currently targeted for 4:33 p.m. EDT. 🚀

Posted by NASA – National Aeronautics and Space Administration on Wednesday, May 27, 2020

Un report à samedi est toujours possible, en raison des orages. L’avion du président Donald Trump est arrivé sous la pluie, survolant la zone de lancement sur la côte floridienne.

L’écoutille de la capsule Crew Dragon, entièrement conçue par SpaceX, a été refermée sur l’équipage, Doug Hurley et Bob Behnken, attachés dans leurs sièges, un peu plus de deux heures avant le décollage. La capsule est fixée au sommet d’une fusée Falcon 9 de la société. Ses moteurs s’allumeront à 16H33 (20H33 GMT).

« C’est un rêve devenu réalité, je ne pensais pas que cela arriverait un jour », a dit Elon Musk, qui a fondé SpaceX en 2002 en Californie.

Avant le départ, les astronautes ont pu dire au revoir à leurs familles. A leurs deux jeunes fils, Elon Musk a dit: « Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour que vos papas reviennent. »

Si le temps ne se dégageait pas, la prochaine fenêtre possible pour se coordonner avec la station spatiale est samedi.

Sanglés au-dessus d’une fusée de 70 mètres de hauteur remplie de kérosène, les deux hommes s’envoleront du pas de lancement numéro 39A d’où décollèrent Neil Armstrong et ses coéquipiers d’Apollo. Ils devraient arriver à la station spatiale 19 heures plus tard.

Bob Behnken et Doug Hurley étaient en quarantaine depuis deux semaines. Malgré le confinement, le vol a été maintenu, et des touristes et passionnés se sont installés sur les plages du littoral.

« On a pris toutes les précautions possibles pour voir cet événement monumental », dit Kyle Rodriguez, ingénieur spécialisé dans les robots, venu avec son épouse lundi de San Francisco. « Les billets n’étaient pas chers. »

– « Monumental » –

Space Exploration Technologies Corp., fondée dans le but de casser les règles du jeu de l’industrie aérospatiale, a gagné pas à pas la confiance de la plus grande agence spatiale de la planète.

Elle était devenue en 2012 la première société privée à amarrer une capsule cargo à l’ISS, qu’elle ravitaille depuis régulièrement. Deux ans plus tard, la Nasa lui commandait la suite: y acheminer ses astronautes, dès « 2017 », en adaptant la capsule Dragon.

« Si cela se passe mal, ce sera de ma faute », a dit Elon Musk sur CBS.

L’agence spatiale a payé plus de trois milliards de dollars pour que SpaceX conçoive, construise, teste et opère sa capsule, réutilisable, pour six futurs allers-retours spatiaux. Le développement a connu des retards, des explosions, des problèmes de parachutes, mais SpaceX a battu le géant Boeing, également payé pour fabriquer une capsule (Starliner), toujours pas prête.

L’investissement, décidé pour le cargo sous la présidence Bush et pour les astronautes par Barack Obama, est jugé fructueux par rapport aux dizaines de milliards qu’ont coûté les systèmes précédents développés par la Nasa.

« Une réussite monumentale », a abondé Jim Bridenstine, patron de la Nasa, en rendant hommage à la créativité et à la persévérance de la société, à qui elle confie désormais sa ressource la plus précieuse, ses astronautes.

Crew Dragon est une capsule comme Apollo, mais version XXIe siècle. Des écrans tactiles ont remplacé boutons et manettes. L’intérieur est dominé par le blanc, l’éclairage plus subtil.

« C’est sûr que tous les pilotes du monde auront plus confiance si vous leur donnez un joystick que si vous leur donnez un iPad! », a plaisanté Thomas Pesquet, l’astronaute français qui pourrait être le premier Européen à voyager à bord du Dragon, en 2021.

Rien à voir avec les immenses navettes spatiales, immenses vaisseaux ailés qui ont servi de 1981 à 2011.

Contrairement aux navettes, dont une a explosé en 1986 après le décollage (Challenger), Dragon peut s’éjecter en urgence si la fusée a un problème.

Crew Dragon a pour mission de rattraper la station, à 400 kilomètres d’altitude, où elle pourrait rester amarrée jusqu’en août.

Si elle remplit sa mission et est certifiée sûre, les Américains ne dépendront plus des Russes pour accéder à l’espace: depuis 2011, les Soyouz étaient les seuls taxis spatiaux disponibles. Les acheminements depuis la Floride redeviendront réguliers, avec quatre astronautes à bord.

Et SpaceX sera libre d’organiser des voyages spatiaux pour touristes avec la capsule, moyennant un billet qui coûtera sans doute quelques dizaines de millions de dollars la place.

ico/cjc