Comme les Jeux olympiques de Tokyo, les Jeux paralympiques de Tokyo se dérouleront dans un huis clos quasi-total, a annoncé lundi le comité organisateur à huit jours de la cérémonie d’ouverture, une décision attendue en raison du record de cas de Covid-19 recensés au Japon.

Face à cette situation, « des mesures plus strictes seront prises pour les compétitions se déroulant » dans les départements actuellement placés sous état d’urgence face à la pandémie, « incluant l’absence de spectateurs », a déclaré le comité organisateur dans un communiqué commun avec le Comité international paralympique (CIP), le gouvernement japonais et la ville de Tokyo.

Cette mesure pour les Jeux paralympiques, qui doivent se tenir du 24 août au 5 septembre, est similaire à celle adoptée pour les JO clôturés le 8 août, pour lesquels près de 98% des épreuves se sont tenues à huis clos, seuls des départements relativement éloignés de la capitale ayant pu accueillir du public.

Des élèves d’écoles locales pourront cependant assister à certaines épreuves, à la demande des autorités locales ou des écoles, et ce dans le but d’évoluer vers « une société plus inclusive », précise le communiqué.

Le Japon connaît depuis fin juin sa cinquième et pire vague du coronavirus à ce jour, avec des records d’infections régulièrement enregistrés à Tokyo et au niveau national, sous l’effet notamment du variant Delta, plus contagieux.

La campagne de vaccination, qui a débuté très tardivement dans le pays, a accéléré ces dernières semaines, mais 37% seulement de la population japonaise est totalement vaccinée à ce jour, le taux le plus bas parmi les pays industrialisés du G7.

Face à l’aggravation de la situation sanitaire avant les JO, le gouvernement japonais avait remis en place mi-juillet un dispositif d’état d’urgence sur une partie du pays dont sa capitale, pour la quatrième fois depuis le début de la pandémie.

Cette mesure permet aux autorités locales de prier la population d’éviter les déplacements non essentiels et de demander aux bars et restaurants de fermer à 20h et de ne pas servir d’alcool.

– 20.000 cas par jour –

Mais le dispositif, qui devrait être prolongé mardi jusqu’à mi-septembre et étendu géographiquement, selon les médias locaux, paraît de moins en moins efficace: les cas quotidiens de Covid-19 ne cessent d’augmenter et ont dépassé pour la première fois la barre des 20.000 au niveau national vendredi et samedi.

Ils ont atteint un nombre record également vendredi à Tokyo, où ils ont quadruplé en trois semaines.

Le comité d’organisation des Jeux assure cependant que cette vague d’infections, qui a commencé plusieurs semaines avant les JO, n’est pas liée à l’événement.

A ce jour, quelque 540 cas de Covid-19 ont été recensés au Japon parmi les personnes impliquées dans les JO (sportifs, organisateurs et médias), dont la plupart chez des employés basés au Japon.

Trois autres personnes, membres des médias, ont été testées positives au Covid-19 dans les deux semaines après leur départ du Japon, selon les organisateurs.

Par ailleurs, 31 personnes liées aux Jeux paralympiques ont été testées positives jusque-là et d’autres cas ont été signalés parmi les équipes déjà arrivées dans l’archipel pour s’entraîner avant les Jeux.

Le président du CIP, Andrew Parsons, s’est félicité la semaine dernière que les JO « aient pu avoir lieu avec succès et de manière sûre », mais estimé que les participants aux paralympiques ne « devaient pas relâcher leur vigilance » pour autant.

Les quelque 4.400 sportifs attendus à Tokyo pour les Jeux paralympiques devront se soumettre, comme ceux ayant participé aux JO, à des mesures draconiennes, avec des tests quotidiens au Covid-19 et des restrictions de mouvement.