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La rentrée scolaire mercredi signifiait le départ obligé des familles qui avaient trouvé refuge à l’école Henri Souchon à Pointe-aux-Sables depuis leur éviction en plein confinement sur ordre de Steven Obeegadoo devenu depuis Deputy Prime Minister. Le père Gérard Mongelard, engagé dans le combat pour un logement décent aux familles les plus vulnérables ainsi que les animateurs du Comité Logement n’ont pas ménagé leurs efforts pour trouver une solution « temporaire » pour ces familles.

Une vingtaine de familles ont été dirigées vers des centres d’accueil gérés par des ONG et des endroits sous la responsabilité du diocèse de Port-Louis. Devant ces gestes de solidarité, ces squatteurs dans ces différents toits d’accueil sont conscients qu’ils n’y sont « que de passage ». « Nous ne pouvions garder plus longtemps les familles dans cette école et nous avons fait de notre mieux pour trouver des lieux pour les héberger en attendant la réponse des autorités. Nous avons fait ce qu’il fallait et avons agi selon les moyens à notre disposition. C’est à l’État de jouer son rôle maintenant ! » déclare le père Mongelard.

Une des principales préoccupations du père Mongelard et de ses amis du Comité Logement était que les enfants puissent reprendre le chemin de l’école le 1er juillet de la même manière que tous les autres enfants et qu’ils bénéficient aussi d’un bon environnement pour faire leurs devoirs et apprendre. Les propositions au ministre du Logement il y a une quinzaine de jours n’ayant pas abouti, le Comité Logement a multiplié alors les démarches auprès des organisations diocésaines et d’autres ONG qui, au vu de l’urgence de la situation, ont accepté de mettre des espaces à la disposition de ces familles. « Nous avons beaucoup discuté et cherché ensemble des solutions et je ne cache pas que cela a été vraiment dur. Au final, nous sommes satisfaits de ce que nous avons fait tout en sachant que ce n’est pas la solution idéale pour ces familles. Avoir une maison représente la stabilité », souligne le père Mongelard. Selon ce dernier, il n’était pas question dans le contexte difficile actuel de faire des demandes de transfert d’école pour les enfants qui ont été déjà traumatisés par la démolition de leurs maisonnettes.

Selon le père Mongelard, les récents événements survenus sur les lieux de squatting à Riambel, à Pointe-aux-Sables et à Curepipe pendant le confinement « ont révélé que la politique du logement social n’a pas été une priorité pour les gouvernements qui se sont succédé ». Pour le curé de la paroisse Sainte Hélène, le Comité Logement est sur le terrain depuis plusieurs années et, de ce fait, ses membres, a-t-il dit au Mauricien, connaissent « l’ampleur du problème de manque de logements décents et celui du squatting », surtout dans les poches de pauvreté. « Je me disais toujours que tôt ou tard quelque chose allait éclater par rapport au logement et cela est arrivé pendant le confinement. Je connais la situation et je ne pouvais pas rester tranquille devant la démolition de leurs modestes abris. Je ne cautionne nullement le squatting, mais je ne peux être indifférent à la souffrance des familles n’ayant plus de toit », fait-il comprendre « Il y a un gros retard à rattraper dans le domaine du logement. C’est maintenant qu’on nous annonce la construction de 12 000 maisonnettes mais combien d’entre elles iront aux plus pauvres ? » se demande-t-il. Et d’ajouter que les membres du Comité Logement attendent que Steven Obeegadoo et les responsables de la NHDC reprennent les discussions avec eux au sujet du problème de logement en général pour les familles à faible revenu.