L’hôtellerie souffrant énormément de la pandémie de Covid-19, beaucoup d’acteurs engagés dans le secteur ont dû se résigner. D’autres, en revanche, ont utilisé ce temps mort pour faire appel à leur créativité. Antoine Chignac, Resort Manager au Lux Belle Mare Resort & Villas, est de ceux-là. Pour preuve, il a décidé de donner un nouveau souffle au restaurant Duck Laundry, du Lux Belle Mare, et dont la spécialité est la cuisine chinoise. Ainsi, désormais, les Mauriciens pourront passer leur commande de bons petits plats à emporter.

Antoine Chignac est confiant : son projet, dit-il, aura le succès escompté, et ce, notamment grâce à l’authenticité de la cuisine du chef Tang, dont la cuisine a attiré la clientèle locale. Aujourd’hui, le Resort Manager du Lux Belle Mare Resort & Villas se dit heureux de pouvoir apporter cette expérience gustative « dans le confort du chez-soi mauricien ».

Pour lui, le service à domicile a « toujours eu de l’attrait », ce qui n’a pas changé, dit-il, malgré la crise sanitaire. D’ailleurs, les règles d’hygiène, rappelle-t-il, seront toujours prises en considération. « La Covid-19 a eu un impact important sur la fréquentation des hôtels. Il y a eu cette peur d’être en contact avec des inconnus en cherchant absolument à éviter toute interaction sociale. C’est la raison pour laquelle le service de vente à emporter est un bon compromis, surtout après deux mois de confinement local. »

En vue d’assurer une expérience gustative « authentique et sécurisée », le Lux Belle Mare a donc préféré jouer la carte du service à emporter, constitué de plats froids spécialement préparés et mis en boîte pour permettre aux Mauriciens « de profiter d’un bon repas digne d’un service d’hôtel étoilé dans le confort de leur maison ».

Il faut dire que si les employés d’hôtels sont toujours en mode “pause”, pour Antoine Chignac, le travail n’a jamais vraiment connu d’arrêt. Dès le début de la crise, rappelle-t-il, les hôtels du groupe « ont mis en place des mesures extrêmes pour diminuer les risques de contamination, tout en assurant la sécurité de ses équipes ». Il y a aussi eu une « forte connectivité » à travers Facebook Live, WhatsApp, Zoom et Webex, explique Antoine Chignac. « Ce semblant de routine créé nous a permis de nous entraider tout en nous encourageant mutuellement à avancer. Ces encouragements nous ont permis de voir fleurir des talents cachés au sein de notre équipe à travers la peinture, le jardinage, l’art, la cuisine, la boulangerie… Tous ont pu donner libre cours à leur passion et partager leurs créations sur les plateformes du groupe. »

En ce qui concerne la réorganisation du service de restauration à l’hôtel, la distanciation sociale restant un critère de base essentiel, le Resort Manager du Lux Belle Mare Resort & Villas affirme que « tout le groupe Lux Collective travaille de concert pour redéfinir les nouveaux standards en vue du post-Covid-19 ». Et Antoine Chignac de faire ressortir que cela ne s’applique pas uniquement à la nouvelle norme de distance sociale, mais également aux menus, aux plats, à la présentation, au nettoyage et à la propreté. « Tout sera mis en œuvre pour assurer une expérience sereine. » Dans le même ordre d’idées, il pense qu’après une longue période de confinement, « les Mauriciens seront prêts à se “re-socialiser” ». Pour notre intervenant, il ne fait d’ailleurs « aucun doute » que les mesures de sécurité mises en place et le contrôle de la crise « ont montré que les Mauriciens sont soucieux et respectueux des standards ». Et bien que la crainte du virus reste présente, souligne-t-il, le respect des nouvelles normes d’hygiène de tout un chacun devrait « donner le courage nécessaire pour se libérer et sortir de ce confinement ».

Une nouvelle opportunité

Diplômé de l’école hôtelière de Lausanne en 2008, Antoine Chignac a commencé sa carrière en Chine avant de prendre ses marques au Lux Belle Mare, en 2014. Sa première expérience dans le secteur de l’hôtellerie à Maurice a été des plus concluantes, et cela fait bientôt six ans qu’il se dit fier de faire partie d’une équipe « extraordinaire ». Pour notre intervenant, l’hôtellerie restera un métier en devenir, malgré la pandémie. « Nous sommes humains et nous avons tous le besoin naturel de nous socialiser, d’aller à la rencontre de l’autre, de voyager et de se connecter avec le monde. » Ce qui n’empêche pas, insiste-t-il, que comme tout métier, l’hôtellerie doit aussi s’adapter aux nouvelles tendances et se montrer flexible pour répondre aux nouveaux besoins de la clientèle.

Le regard qu’il porte sur la vie est « cette étrange sensation générée par la Covid-19 que tout peut s’arrêter brusquement et de n’avoir aucun pouvoir de changer quoi que ce soit ». De plus, poursuit-il, « tout est remis en question », tant sur le plan personnel que professionnel. « Plus rien ne sera comme avant. Une nouvelle normalité va prendre place, entourée de crainte de l’inconnu dans tous les aspects de nos vies. Selon moi, cette crise apporte une nouvelle opportunité de vivre différemment et de profiter pleinement de la vie, et surtout des siens. Vivre au moment présent n’a jamais eu autant de sens. »

Le confinement, selon Antoine Chignac, a aussi permis aux Mauriciens de prendre le temps d’étudier les dernières tendances internationales, et surtout d’apprendre les meilleures pratiques des autres pays touchés avant Maurice. « Les tendances montrent clairement un virage vers des voyages plus émotionnels, une recherche du vrai, une connectivité avec la destination et la culture locale, tout en nous permettant d’avoir un impact positif sur l’environnement. C’est précisément vers cet aspect que nous nous préparons à rouvrir avec de nouvelles expériences et une meilleure connectivité avec la population et la richesse culturelle de Maurice. »

S’il y a un message essentiel qu’Antoine Chignac voudrait livrer, c’est que la situation internationale est toujours critique et que nous sommes « loin de sortir de la crise ». Aussi, dit-il, le maître mot est avant tout de « rester vigilant ».