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Plusieurs centaines de manifestants ont défilé samedi à Antananarivo, dénonçant la mauvaise utilisation par le gouvernement des fonds destinés à lutter contre la pandémie de coronavirus et la hausse des prix des denrées de base.

La manifestation, qui avait été autorisée, s’est déroulée sous haute surveillance policière.

La députée Hanitra Razafimanantsoa, porte-parole du parti Tiako I Madagasikara (TIM) de l’ancien président Marc Ravalomanana, s’est adressée à la foule, parmi laquelle de nombreuses personnes portaient des chemises rouges et des masques chirurgicaux.

« Nous avons reçu des bailleurs de fonds 600 millions de dollars d’aide pour faire face à la pandémie de Covid-19, mais aucun de nous ici n’a pu bénéficier de ces aides », a-t-elle affirmé, dénonçant une « exclusion ».

La réponse du régime du président Andry Rajoelina à la pandémie de nouveau coronavirus fait l’objet de critiques de l’opposition.

Un opposant, ancien ministre, Harry Laurent Rahajason, a été condamné en octobre à trois ans de prison pour complicité de manifestation non autorisée en juillet, autour de critiques contre une tisane présentée par l’actuel président comme un remède anti-coronavirus.

Une nouvelle demande de remise en liberté lui a été refusée vendredi.

En mai, l’OMS avait mis en garde contre toute tentation de promouvoir sans test scientifique la potion vantée par Andry Rajoelina.

Les autorités ont officiellement recensé 297 morts du Covid dans la Grande Ile de l’océan Indien.

Les restrictions de mouvement ont affaibli l’économie du pays, dont le sud est frappé par une grave sécheresse.

Plus de 4.000 enfants ont déjà été soignés pour malnutrition depuis le début de l’année, selon l’ONG Action contre la Faim (ACF).

L’opposition dénonce aussi le coût grandissant de la vie et des denrées alimentaires de base.

« Le kilo de riz coûte maintenant 3.000 Ariary, c’est deux fois le prix d’il y a deux ans », avant l’élection d’Andry Rajoelina, a souligné Mme Razafimanantsoa.