Aurélie Fleuriau-Chateau est une grande amoureuse de la vie et de la nature. Professeur de yoga, surfeuse, citoyenne engagée, à bientôt 31 ans, elle a fait de son métissage un de ses plus beaux atouts. Le mélange de culture qui vit en elle a permis à l’habitante de Tamarin de développer une belle ouverture d’esprit et une combativité à toute épreuve. En effet, elle a souvent été en première ligne pour sensibiliser son entourage sur diverses causes environnementales. En harmonie avec son corps, son esprit et son âme, c’est animée de la même fougue qu’elle continue aujourd’hui à écrire son histoire.

En harmonie avec son corps, son esprit et son âme, la jeune femmes est plus épanouie que jamais et compte bien continuer d’avancer le cœur et la tête légère. Un sentiment qu’elle décrit “comme la transformation d’une chenille en chrysalide puis en un magnifique papillon qui déploie enfin ses ailes.” Cela fait à peine deux mois qu’Aurélie Fleuriau-Chateau a quitté son emploi d’enseignante à temps plein dans l’école où elle travaillait. Etant donné la conjoncture actuelle, “C’était un pari risqué mais calculé”, fait-elle comprendre. “C’est quelque chose que je vis au fond de moi.” Cette amoureuse de la vie veut surtout se reconnecter à la nature et au yoga. Cette philosophie de vie qu’elle enseigne depuis six ans déjà a contribué à façonner son esprit libre. Ouverte à toutes les opportunités, elle a trouvé un emploi à mi-temps dans une école dans le nord, où elle habite depuis quelques mois. En plus du Vynyasa, ashtanga yoga, du Kid Yoga et autres formes de yoga, elle a ajouté une dimension prénatale à son yoga et prend des cours post natal en ligne. Aurélie Fleuriau-Chateau souhaite surtout évoluer dans un espace de créativité et reste ouverte à toutes les opportunités. “Je me rends compte au gré des années, de mes rencontres, de mes recherches que ce qui est important en ce moment c’est cet éveil de conscience. Chacun à sa façon peut créer ce petit changement.”

Quelques années sont passées depuis que Scope avait rencontré Aurélie Fleuriau-Chateau sur la plage de Tamarin. Elle était alors sur tous les fronts. Prenant à peine le temps de souffler, entre son travail d’enseignante dans une école primaire d’enseignement français, le yoga, le surf, les combats écologiques, la campagne de sensibilisations contre l’utilisation abusive du plastique et la préservation de la plage de Tamarin. D’autres la connaissent comme étant l’instigatrice de Tamarin by Foot, qui vise à réduire la pollution de l’air émanant des véhicules. Dans la même foulée, elle avait mis en place la plateforme Tam Céké afin d’encourager le covoiturage.

Combats personnels

Des Philippines en passant par la Nouvelle Calédonie, l’Australie, l’Inde, la Réunion, au Canada, Aurélie Fleuriau-Chateau a beaucoup voyagé. Pour découvrir de nouveaux horizons, s’initier au yoga et pour travailler. Des expériences de vie, chaque fois enrichissantes. Cependant, tout l’a toujours ramenée à son pays, vers son Tamarin. Ce village, à l’âme artistique et culturelle, a forgé sa personnalité et son caractère. Elle l’a toujours célébré et défendu avec fougue tout en s’évadant sur les vagues de ces eaux sauvages, en faisant du yoga sur la plage, en se posant avec ses amis et en faisant de nouvelles rencontres. Au-delà de ce style de vie, ce petit bout de femme aux airs de bohème menait aussi ses combats personnels.

Elle est la fille de l’ancien journaliste et de l’écrivain Thierry Chateau et de Véronique qui est d’origine hindoue. Bien qu’elle puise une bonne partie de sa force de ses parents, son métissage a longtemps été un poids. “Plus jeune, j’ai été pas mal tiraillée entre ces deux mondes, comme je n’appartenait à aucun d’eux et aux deux en même temps”. Dans une île Maurice où les communautés ont été longtemps cloisonnées être une fille métisse à Tamarin n’a pas toujours été de tout repos. Elle confie avoir vécu des expériences, souvent douloureuses qu’elle a eu l’occasion d’aborder dans le passé avec ses parents. Tout en étant consciente que “c’était difficile pour eux également, car plus jeunes ils ont aussi vécu la stigmatisation d’être un couple mixte à Maurice”.

Fort de son métissage

Aurélie Fleuriau-Chateau en parle ouvertement aujourd’hui, tout simplement parce que ce sont des épisodes de son histoire. Vivre à la croisée de ces deux mondes est devenu une force pour cette femme indépendante et ouverte. “Je suis contente d’avoir été en mesure de m’appuyer sur ce métissage pour construire mon cheminement. Toutes ses expériences culturelles font que mon cœur est aujourd’hui multicolore. Ce que je veux prôner c’est la diversité mauricienne. Ce qui me passionne surtout le plus au monde, c’est créer des liens”. Des valeurs qui lui ont permis de développer une belle combativité. Cette défenseuse de l’environnement qui nous citait quelques années plus tôt la légende amérindienne du Colibri – pour souligner la nécessité de tout un chacun d’apporter sa pierre à la cause du changement – reste fidèle à ses convictions. Cependant, elle se laisse à présent porter par un autre vent. Plus posée et épanouie, elle demeure cette jeune femme curieuse de nature, qui ressent toujours ce fort besoin d’apprendre, de découvrir, d’expérimenter. Ce qui a changé, c’est que la demoiselle a gagné en maturité dans tous les domaines de la vie. Ce qui signifie pour la prof de yoga d’accepter de lever le pied de l’accélérateur, de s’octroyer du temps pour elle-même et de redéfinir ses objectifs. “C’est surtout une phase de questionnement pour se poser les bonnes questions sur ce que je veux créer et laisser comme trace derrière moi”.

Eveil de conscience

Partagée entre le nord et le sud-ouest, la jeune femme n’oublie naturellement pas son village natal. Elle propose encore des cours de yoga sur la plage et aime s’y poser à l’occasion. Comme son père, elle adore l’écriture et ne manque pas une occasion d’écrire. Entre le surf, kitesurf et les randonnées en forêt, Aurélie s’est même essayée au drift pas plus tard que la semaine dernière.