Chaque mois de janvier, le Dry January propose une pause volontaire : ne pas consommer d’alcool pendant 31 jours. Né au Royaume-Uni au début des années 2010 et désormais adopté dans de nombreux pays, ce défi collectif volontaire, dépasse largement l’effet de mode. Il s’inscrit dans une démarche de santé publique, de plus en plus étayée par la recherche scientifique. Pour certains, c’est une résolution de début d’année. Pour d’autres, une simple curiosité. Pour beaucoup enfin, une manière de faire le point après les excès des fêtes.
À Maurice comme ailleurs, la transition n’est pas toujours immédiate. La tradition veut que les célébrations avec les repas, les retrouvailles et les toasts s’étirent sur plusieurs jours, parfois plusieurs semaines. Résultat : en ce deuxième dimanche de janvier, beaucoup n’ont donc pas encore réellement commencé leur mois sans alcool. Qu’importe : le Dry January n’est ni une compétition ni un rituel figé au calendrier. Il peut débuter dès que la décision est prise, et même se prolonger au-delà de janvier si les bénéfices se font sentir.
Un mouvement international, fondé sur la science
Le Dry January trouve son origine au Royaume-Uni, au début des années 2010. En 2012, Emily Robinson se lance un double défi personnel : s’entraîner pour un semi-marathon tout en arrêtant complètement l’alcool. L’année suivante, l’ONG Alcohol Change UK structure cette initiative et lui donne une dimension collective et nationale. Rapidement, le concept dépasse les frontières britanniques et s’impose comme un rendez-vous annuel dans de nombreux pays.
Le principe du Dry January est simple et s’il séduit autant, c’est parce qu’il répond à une double attente
: suspendre toute consommation d’alcool pendant un mois après une période souvent marquée par des excès afin d’observer ses effets sur le corps, le mental et les habitudes de vie;
et repenser son rapport à l’alcool, sans injonction ni discours culpabilisant.
Contrairement à une idée reçue, ce mouvement ne concerne pas uniquement les personnes ayant une consommation excessive. Les études montrent que la majorité des participants sont des consommateurs dits « modérés », curieux de comprendre l’impact réel de l’alcool sur leur corps, leur sommeil, leur énergie et leur humeur.
Des bénéfices rapides et concrets
Les travaux de l’Université de Sussex, notamment une étude publiée en 2019, ont largement contribué à crédibiliser le mouvement. Un mois sans alcool agit sur plusieurs plans, souvent plus vite qu’on ne l’imagine.
Les effets les plus fréquemment observés :
- amélioration de la qualité du sommeil,
- regain d’énergie dès les premières semaines,
- meilleure concentration et clarté mentale,
- diminution de l’anxiété et des variations de l’humeur,
- meilleure régulation du poids et des comportements alimentaires,
- réduction durable de la consommation d’alcool après janvier.
Fait marquant : six mois après le défi, une majorité de participants consomment encore environ 25 % d’alcool en moins qu’avant. Autrement dit, le Dry January agit souvent comme un déclencheur de changement à long terme, même lorsque la consommation reprend.
Un message clé émerge de ces recherches : contrairement à certaines idées reçues, aucune consommation d’alcool n’est bénéfique pour la santé. Même dite « modérée », elle est associée à des risques documentés, notamment cardiovasculaires et cancéreux. Le Dry January agit donc comme un révélateur : il offre un temps de recul pour interroger un produit profondément ancré dans les normes sociales.
Semaine après semaine : ce qui se passe dans le corps
Les bénéfices du Dry January s’installent progressivement, et chaque semaine apporte son lot d’améliorations.
Dès la première semaine, le sommeil devient plus réparateur. Si l’alcool peut favoriser l’endormissement, il perturbe les cycles du sommeil profond. Sans alcool, l’organisme récupère mieux. Son arrêt améliore aussi l’hydratation générale, stabilise l’humeur et réduit la fatigue diurne, les maux de tête diminuent, la concentration se stabilise.
La deuxième semaine marque souvent une amélioration de la digestion. L’alcool étant un irritant pour l’estomac, son arrêt soulage les troubles digestifs. C’est aussi à ce stade que la balance commence parfois à pencher dans le bon sens : un simple arrêt de six verres de vin par semaine représente près de 2 000 calories économisées. A savoir qu’un verre de vin représente environ 90 calories, une pinte de bière jusqu’à 240.
Après trois semaines, des effets plus silencieux mais essentiels apparaissent : la pression artérielle commence à baisser, réduisant un facteur majeur de risque cardiovasculaire. Enfin, au terme du mois, les changements deviennent visibles.
Sur la quatrième semaine, la peau paraît plus hydratée et plus équilibrée. L’hydratation accrue améliore en effet l’aspect de la peau. Le foie, libéré de l’alcool, amorce un processus de régénération et d’élimination des graisses. Les bénéfices internes deviennent visibles.
Une opportunité sociale et générationnelle
Le Dry January trouve un écho particulier chez les jeunes adultes. En effet, les jeunes générations sont parmi les plus exposées aux normes sociales liées à l’alcool : fêtes, afterworks, événements professionnels, pression du groupe. S’engager dans un Dry January permet :
de questionner ces normes,
d’ouvrir le dialogue sur la santé mentale et le stress,
de découvrir des formes de sociabilité plus sobres et inclusives.
Beaucoup réalisent que l’alcool n’est pas indispensable au plaisir — et que certaines activités gagnent même en qualité sans lui.
L’impact financier n’est pas négligeable non plus. Les études estiment que la réduction durable de la consommation peut représenter plusieurs centaines d’euros économisés sur une année, un argument qui s’ajoute aux bénéfices de santé.
Le Dry January ne se limite donc pas à une abstinence festive. Il ouvre un espace de réflexion plus profond : pourquoi boit-on ? Est-ce par plaisir, par habitude, par pression sociale, pour gérer le stress ou les émotions ? Et que se passe-t-il lorsque l’alcool disparaît temporairement de l’équation ?
Un défi, pas une injonction
Le Dry January n’a pas vocation à imposer une abstinence totale à tous. Réduire significativement sa consommation peut déjà produire des effets positifs. En revanche, en cas de dépendance à l’alcool, un arrêt brutal peut être dangereux et doit impérativement être accompagné par un professionnel de santé.
Au fond, le message est simple : janvier sans alcool n’est pas une fin en soi, mais un point de départ. Une parenthèse pour observer, comprendre et ajuster. Qu’il commence le 1er janvier, le 12 ou le 20, qu’il dure 31 jours ou davantage, il offre une occasion rare : celle de reprendre la main sur ses habitudes, sans jugement ni pression. Le Dry January ouvre une réflexion plus large sur la place de l’alcool dans nos vies — et sur les choix que nous souhaitons faire pour notre santé, en 2026 et au-delà.
HT
Se préparer pour tenir dans la durée
La réussite du Dry January repose avant tout sur la préparation.
Clarifier ses motivations : Pourquoi arrêter ? Énergie, sommeil, économies, curiosité personnelle… Retrouver de l’énergie, mieux dormir, faire des économies, ou simplement comprendre son rapport à l’alcool. Les formuler par écrit, les hiérarchiser et se projeter dans l’après-janvier renforce l’engagement.
En parler autour de soi : Annoncer sa démarche à son entourage constitue un autre levier puissant. Cela permet de réduire la pression sociale et aussi parfois de découvrir des alliés inattendus…
Anticiper les situations à risque — apéritifs, dîners, événements professionnels — évite les décisions impulsives et aide à tenir le cap, notamment en prévoyant des alternatives sans alcool : bières et vins désalcoolisés, mocktails, eaux aromatisées, thés glacés maison ou smoothies peu sucrés.
Remplir son mois d’activités plaisantes est tout aussi essentiel. Le Dry January n’est pas une privation, mais une redistribution du plaisir. Avec davantage d’énergie et une meilleure clarté mentale, beaucoup redécouvrent le sport, la marche, la cuisine ou des loisirs créatifs, parfois financés par l’argent économisé.
Enfin, l’indulgence envers soi-même reste centrale. Un écart n’annule pas le bénéfice global. Il peut même devenir un outil de compréhension : stress, fatigue, émotions ou contexte social sont autant de déclencheurs à identifier pour mieux les anticiper.
Dry January, mode d’emploi
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Principe : ne pas consommer d’alcool du 1er au 31 janvier
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Objectifs : pause, observation, prise de conscience
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Origine : Royaume-Uni (Alcohol Change UK)
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Particularité : le défi peut commencer plus tard et se prolonger au-delà de janvier
Bénéfices rapides et mesurables (Université de Sussex) :
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71 % constatent un meilleur sommeil
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58 % observent une perte de poids
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54 % notent une amélioration de la peau
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Jusqu’à 700 € économisés sur l’année
Semaine après semaine : ce que vit le corps
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Semaine 1 : sommeil réparateur, énergie et concentration accrues
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Semaine 2 : digestion améliorée, premiers effets sur le poids
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Semaine 3 : baisse de la pression artérielle, cœur protégé
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Semaine 4 : peau plus lumineuse, régénération du foie
Conseils clés pour réussir :
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Clarifier ses motivations
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Annoncer sa démarche à ses proches
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Anticiper les situations à risque
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Prévoir des alternatives sans alcool
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Remplir son mois d’activités plaisantes
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Rester indulgent et flexible

