En Chine, Klawsia Kuppusami se partage entre des études en médecine sportive, des séances de photos de mode et l’exploration de Shanghai, qui lui a pris par le cœur quand elle y a débarqué de Maurice il y a sept ans. Partie pour poursuivre ses études en terre chinoise elle s’y est découvert d’autres voies et une grande ouverture sur le monde.

Toute la beauté de ses photos vient du naturel de son regard, de ses traits, de ses pauses et de ses gestuels. Rien de farfelu ou de grotesque pour attirer l’attention. Quand elle se retrouve face à la caméra, l’enfant d’Albion n’a qu’à laisser faire la lumière, les ombres et les couleurs pour ramener les regards sur les créations des designers et des boutiques, dont certaines internationales, à qui elle prête son image.

Une image atypique dans le milieu rigide de la mode ; Klawsia Kuppusami balayant d’un revers de la main le dictat de mensurations strictes imposé aux mannequins. « Je ne suis pas grande et je n’ai pas une taille mannequin », le concède-t-elle. Mais, tandis que le monde se libère enfin de l’envoûtement des critères de beauté imposés la Mauricienne se démarque à travers son métissage, sa beauté innée, ses formes curvy et son naturel. Assez pour poursuivre dans le modelling et pour être régulièrement sollicité pour des photos shots pour des produits vendus en Chine et à l’international.

La rigueur de la médecine sportive.

Toute cette façade visible n’est finalement « qu’un hobby », précise la jeune femme de 26 ans. La mode, c’est un rêve d’enfant, un peu pour faire comme maman Catherine, dont la participation dans des projets audiovisuels, de publicité, de mode, etc. étaient suivis de prêt par la fillette et l’adolescente qu’elle était. A Shanghai, Klawsia Kuppusamy étudie la médecine sportive. Une discipline scientifique rigoureuse destinée à enseigner l’art et la manière de soigner les blessures et autres maux dont peuvent souffrir les sportifs et toute autre personne. C’est à cette carrière que se prédestine la jeune femme qui à la fin de ses études décidera si l’avenir sera à Maurice ou ailleurs. Tout est encore possible.

Surtout que Klawsia Kuppusamy a découvert la vie hors de Maurice alors qu’elle venait à peine de terminer ses études aux Lycée Labourdonnais et qu’elle s’apprêtait à entrer dans le monde des adultes. Pour son bac, elle avait étudié les langues, dont le russe et le mandarin. « J’avais le choix de poursuivre mes études entres ces deux langues. » La Chine était finalement l’option évidente comme son oncle s’y trouvait déjà.

Ce dernier, Gilbert Kuppusamy, ancien percussionniste de Kaya et véritable personnage des musiques nouvelles à Maurice dans les années 90/2000, faisait alors carrière à Shanghai. Là-bas, il a joué avec plusieurs formations et aussi avec des grands, sans compter quelques passages au cinéma, dont une fois aux côtés de David Carradine. Star de la night life en Chine, Gilbert Kuppusamy permit à sa nièce de découvrir Shanghai dans toute sa splendeur. Pas étonnant que cette dernière « tomba amoureuse » de la cité où elle était censée passer une année à étudier les langues.

Face à la caméra et l’avenir.

Un bref retour à Maurice lui donna l’occasion de mieux s’orienter. L’accompagnement que lui avait apporté son beau-père, Serge Tranquille, l’aida dans son choix. Ce sportif et pédagogue reconnu emmenait souvent Klawsia avec lui pour des sessions d’entraînement et de rencontres sportives. Nageuse pendant une dizaine d’années, ce monde était loin de lui être inconnu. D’où son choix de s’inscrire dans une institution spécialisée en médecine sportive. Une spécialisation pointue et complexe qui requiert rigueur, travail et intelligence.

Face à la caméra, Klwasia Kuppusamy prend son temps pour s’amuser. Si l’élément plaisir n’y était pas rien n’aurait pu l’obliger à s’y mettre. Comme le montrent les photos envoyées de Chine, la Mauricienne à trouver son autre élément dans un univers classique et chic où les couleurs sont aussi mises de l’avant pour mieux mettre en valeur ses traits frais et son sourire radieux. Sans pour autant être fashion-victim Klwasia Kuppusamy aime se sentir bien dans ce qu’elle porte. Les tenues sporty chics qu’elle favorise illustrant à merveille ses deux mondes.

Du coup, au milieu de la foule, elle passe difficilement inaperçue dans cette cité cosmopolite où la Mauricienne intrigue. « On a du mal à me situer. Donc, les gens me demandent souvent d’où je viens. Maurice étant un pays connu, les gens sont ravis d’apprendre mes origines. » Ce qui interpelle encore c’est le fait que cette étrangère qui adore les plats chinois et la culture du pays parle régulièrement à ses interlocuteurs dans leur langue. « Du coup les gens sont surpris. Mais nous arrivons à engager la conversation. »

C’est donc aussi à travers sa population que Klawsia Kuppusamy continue à découvrir Shanghai et les autres parties de Chine qu’elle visite. Loin des préjugés et des idées préconçues elle explore à sa manière et apprend à mieux comprendre le fonctionnement du pays.

Ainsi, lorsqu’est venue la première vague du Covid-19, bien que se trouvant dans l’épicentre de l’épidémie elle a préféré y rester. « Je savais que je serai en sécurité ici et que les autorités trouveraient une solution au problème. » Là où plusieurs autres étrangers sont rentrés chez eux, elle y a vécu le confinement et les premiers épisodes troubles. « Nous avons appris à nous adapter. Petit à petit, les choses se sont mises en place et la vie à repris. » Désormais, la population vit en observant les gestes barrières. Klawsia a repris ses études et les séances de photos.