Garine Drack, éducateur sportif au collège Mont-Lubin et entraîneur de l’équipe jeune de handball de Rodrigues, était à Maurice récemment pour discuter d’un projet avec les autorités concernées. Ce, dans le but de monter des écoles de handball à Port-Louis et à Rodrigues dans le but de contribuer au développement des jeunes.

Garine Drack, 37 ans, est éducateur sportif au collège Mont-Lubin à Rodrigues et est détenteur d’une licence B d’entraîneur de handball. Ce que peu de Mauriciens peuvent se targuer de posséder. En 2018, il a obtenu une bourse en Allemagne à l’Université de Leipzig pendant laquelle il a pu se frotter à l’académie de handball de la ville. Il entraîne une équipe de jeunes de handball qui a remporté les deux derniers tournois nationaux organisés à Maurice. Avant cela, il a joué au handball à Maurice dans le championnat national.

Développement des jeunes.

Né à Cassis, il a choisi de poser ses valises à Rodrigues depuis 8 ans. “Je voulais changer d’horizon et je suis allé à Rodrigues pour sa tranquillité. Quand j’avais été sur l’île peu avant, j’avais l’impression de voir Maurice 20 ans de cela. Les gens sont conviviaux, la mentalité est différente.” Récemment venu en vacances à Maurice, il a saisi l’occasion pour rencontrer des resposanbles des autorités sportives. Ceci pour proposer un projet qui lui tient à coeur. Il envisage de mettre sur pied un projet pour le développement des jeunes autour du handball à Port-Louis. “Le but est de créer trois ou quatre écoles par région dans la zone de Port-Louis et de Rodrigues. J’essaye d’implémenter une méthode allemande. Il s’agit d’une méthode qui utilise le handball comme un médium pour développer les habilités athlétiques d’un enfant. Il s’agira de faire un plan de travail pour les coachs, de faire un monitoring perpétuel. Il y a ce manquement dans le système actuel. J’ai déjà eu un premier contact avec les autorités, je dois soumettre un dossier. Je souhaite le monter avec le comité olympique allemand et l’université de Leipzig.”

Il pointe du doigt la façon à laquelle les choses sont faites. Pour lui, “On s’entraîne au petit bonheur, il n’y a pas quelque chose de continu. Ce n’est que lorsqu’il y aura une compétition qui se profile, qu’il y a des entraînements réguliers. Il faut qu’il y ait un monitoring régulier de chaque athlète. Il faut des données qui sont mises à jour régulièrement. Par exemple, il nous faut savoir quel joueur va à quelle vitesse. Tant que que nous n’arrivons pas à ce genre d’aspects, aucun sport collectif ne pourra se développer comme il le devrait.”

Sous-représentation des Rodriguais.

Garine Drack va aussi plus loin dans ses critiques. Très attaché à Rodrigues et aux sportifs rodriguais, il avance que ces derniers sont sous-représentés dans les équipes nationales mauricienne alors que beaucoup sont très méritants. “On dit que Rodrigues est la pépinière sportive de Maurice, mais dans la réalité, Rodrigues est un grenier pour Maurice. On fait appel à eux quand il manque un ou deux joueurs. Pour moi, ça fait que Maurice n’a jamais présenté une équipe de sport collectif avec ses meilleurs éléments.”

Il pense d’ailleurs que c’est pour cette raison qu’il y a un déclin dans la progression des athlètes rodriguais. “Depuis 12, 13 ans les jeunes joueurs de handball ou de volleyball rodriguais sont systématiquement médaillées lors des compétitions nationales. Je prend pour exemple une finale récente où l’équipe rodriguaise a battu celle de Maurice par 3 sets à zéro. Juste après, il y a les sélections de la CJSOI et il n’y a qu’un Rodriguais dans l’équipe.”

Autonomie sportive.

Pour lui, on est un peu à la croisée des chemins. “Soit, on reconnait le talent des athlètes rodriguais et nous les récompensons comme ils le méritent, soit on donne l’autonomie sportive à Rodrigues. Je parle là de permettre à une équipe de Rodrigues de participer à des compétitions régionales telles que les Jeux des Îles de l’IOcéan Indien ou la CJSOI.” Il soutient que l’enfant rodriguais est démotivé. “Il vient à Maurice pour les compétitions depuis 13, 14 ans et arrivé à 17, 18 ans, il n’y a plus aucune compétition pour lui. À l’âge de 17 ans, tout se joue. Il va alors se demander pourquoi il s’entraîne, comme il sait que la sélection ne s’ouvrira qu’à un ou deux d’entre eux. Cela bloque le développement sportif de l’athlète rodriguais.”

Par ailleurs, outre le sport, Garine Drack conjugue son quotidien autour d’autres passe-temps. D’abord la cuisine qu’il adore. Il lui arrive même de temps en temps de prendre des commandes. Ensuite, les beaux arts à travers la peinture et la sculpture. Il a beaucoup d’oeuvres à son actif dont une fresque en céramique qu’il a réalisée lors d’un séjour en Espagne. Il s’est aussi adonné au mannequinnat ayant même été finaliste du concours de Monsieur Maurice en 2008. Garine Drack est aussi un fin bricoleur. Il a d’ailleurs conçu tous les meubles de sa maison tout en ayant dessiné les plans de la demeure. Il cultive aussi fruits et légumes pour sa propre consommation. “J’ai envie de devenir autosuffisant.”

Mais, c’est la musique principalement qui l’a amené aux avants-plans. Il est membre du groupe Sanouzik, qui a posé la musique sur le morceau Gagn Bon, disque de l’année de 2019 à Rodrigues chanté par Jïon. Ce groupe est né au collège Mont-Lubin et regroupe des éducateurs. “Nous voulions montrer aux élèves que les passions et les talents doivent être exploités.” Le groupe travaille actuellement sur son premier album qui devrait sortir l’année prochaine.