Il a déjà vécu mille vies et ne se lasse pas d’aller vers de nouvelles découvertes. Durant ses 15 années passées en Chine Jean-Paul Lam a appris à voler avec le dragon pour atteindre des sommets dans les différents secteurs où il s’est engagé : l’hôtelière, l’art, la mode, les affaires, le luxe. Président de la New Chinatown Foundation il travaille depuis deux ans pour apporter un nouveau souffle à son quartier d’enfance et à la capitale.
D’antan il y avait des tilapias dans les canaux de Chinatown. A la Rue Arsenal, un garçonnet de la région était souvent vu au bas côté de la route observant les poissons du canal, les insectes et la saleté ramenée par les eaux. Il n’y cherchait rien de précis, mais était curieux des découvertes qu’il pouvait faire là où personne d’autre ne penserait à dénicher de petits trésors. Sa curiosité, son désir d’explorer et de faire les choses autrement ont offert à Jean-Paul Lam un destin exceptionnel.

Men of the year.

A 42 ans, le président de la New Chinatown Foundation (NCF) et de la Shanghai Chamber of Commerce a déjà vécu mille vies. Le petit garçon de cette rue rebaptisée Rue Dr Sun Yat Sen ne s’est pas simplement contenté de rêver grand, il s’est aussi inventé les moyens pour les concrétiser et pour atteindre les sommets. L’année dernière, à Beijing, il s’est vu décerner le très prestigieux trophée du 2019 Global Overseas Chinese Award – Men of the Year. Son désir de redorer le Chinatown port-louisien et de créer des connections entre tous les Chinatown du monde lui ont valu cette reconnaissance.

Une distinction qui s’ajoute à un curriculum éloquent dans les finances, l’hôtellerie, les affaires, l’art, la mode et le luxe où il a occupé de hautes fonctions. Directeur général d’hôtel, Art Director dans une galerie, collectionneur d’art et de vins il a organisé plus de 200 événements et a fait l’objet d’environ 180 articles de presse à Maurice comme en Chine. Là bas, son livre The little footprint in the Dragon Country a aidé à mieux faire connaître l’incroyable parcours ce Mauricien qui a voulu voler avec le dragon.

L’éclosion.

Au Collège La Confiance, Jean-Paul Lam n’était pas un brillant élève. Les bonnes notes c’était surtout son frère qui les ramenait. Lui n’avait que l’essentiel pour avancer. « A cette époque comme d’autres jeunes je voulais être médecin. Mais, quand j’ai refait ma Form V j’ai dû réfléchir de nouveau. Je ne savais pas ce que je ferais plus tard. Quand on me posait la question je disais que je voulais être un leader. J’ai délaissé les sciences pour l’économie et la comptabilité. » Jean-Paul Lam avance vers le HSC sans grandes convictions, tandis que planter, bricoler, s’occuper des animaux et faire des travaux manuels le passionne. « Aux premiers abords, si on se basait uniquement sur mes performances scolaires on aurait dit que j’étais un jeune sans avenir. » Dix ans après le collège, à 29 ans, il devenait directeur général d’un hôtel cinq étoiles à Beijing. L’éclosion de son vrai potentiel s’était faite en cours de route.

Son échec lors de sa première année universitaire en France le fit réfléchir et le poussa à vouloir l’excellence. Quelques années plus tard une bourse pour la Chine l’envoya vers son destin. « J’y suis allé. Je suis tombé amoureux et j’y suis resté pendant 15 ans. »
Sur ce vaste terrain qui dénotait de son Chinatown il comprit que le jeu se jouait autrement. Comme il le faisait dans les caniveaux de la Rue Arsenal, il se mit à scruter les bonnes occasions là où d’autres n’auraient pas pensé chercher. « Au départ je n’avais pas d’argent et pas de contact.» Tout a été construit en quelques années de dur labeur durant lesquelles il a appris à faire confiance à son flair. « J’ai compris que dans la vie il ne faut jamais laisser passer une occasion quand elle se présente et qu’il ne faut pas remettre ses projets à plus tard. » Comme constamment boosté à l’adrénaline l’homme s’engage dans plusieurs projets en même temps et s’en invente d’autres en toutes circonstances. C’est différentes activités lui ont ouvert les portes dans les hautes sphères et ont fait de lui un people qui prend souvent la pose aux côtés des vedettes qu’il côtoie régulièrement.

Faire les bons choix.

Tout ne s’est pas joué comme sur du papier à musique. Les coups bas et les coups durs lui ont enseigné le discernement et la persévérance et ont fait de lui un vrai leader. « Si j’ai progressé vite, c’est parce que j’ai su placer les bonnes personnes dans les bonnes places. J’ai développé ce flair qui me permet d’identifier le potentiel et des aptitudes des gens même si eux-mêmes n’en sont pas conscients. » En 2010 en ouvrant une galerie d’art il fit l’acquisition de trois tableaux d’un artiste méconnu. Jean-Paul Lam avait compris que ce dernier avait un talent qui finirait par exploser. Aujourd’hui, les tableaux de ce dernier se vendent à prix d’or.

Le retour.

Puis, il y a quelques années, alors que tout allait pour le mieux pour lui en Chine, il décide de rentrer avec pour mission de mettre sa vision et son expertise au service du pays. Prenant ses quartiers dans le bâtiment familial à Chinatown il s’est engagé à faire revivre ce quartier et à lui restituer son lustre. Plusieurs projets ont déjà été réalisés pour la valorisation de Chinatown et des artistes continuent d’apporter des couleurs aux murs pour en faire une immense galerie. Du coup, c’est tout Port-Louis qui en profite. Jean-Paul Lam rêvant d’une capitale vivace et dynamique en phase avec les grandes ambitions du pays.
Dans une jungle où chaque animal a son rôle, Jean-Paul Lam se voit en cheval noir menant son troupeau vers les pâturages et loin des dangers. Constamment en quête de l’excellence, l’homme mène ses différentes équipes avec un esprit novateur favorisant le progrès. La ballade dans les bois est loin d’être finie. Il s’élance déjà vers de nouvelles grandes aventures au galop.