Des travaux sur quatre années menèrent à l’ouverture des portes de la Basilique Sainte-Hélène le 21 août 1927. Grande de plus de 150 pieds l’église curepipienne a été conçue avec de la pierre basilique et du béton armé. Sa grande horloge est reliée à neuf cloches. Ci-dessous l’histoire de cette église selon des informations communiquées par l’Évêché.

Située à Curepipe, ce monument se caractérise par son architecture en forme de croix et par sa décoration intérieure spectaculaire. Dessiné par l’architecte français André Gaillardin, ce bâtiment est le premier où se côtoient pierres basaltiques et béton armé ; l’ancien et le nouveau.

Émergence

À la fin du XIXème siècle afin d’éviter les risques d’épidémies des décennies précédentes, bon nombre de personnes migrent vers les Plaines. La ville contenait 17 770 habitants au lendemain de la guerre de 1914 à 1918, dont 6 900 catholiques recensés. Et en 1894, Curepipe acquiert le statut de ville. Les premiers faubourgs apparaissent attirant bon nombre de fidèles venant de Floréal, Eau-Coulée, Mesnil. Ensuite, il y a eu l’arrivée du train qui favorisa, dès 1865, l’essor de cette ville située en plein sur la ligne Port-Louis/Mahebourg. Recevant un héritage de son père Sir Virgil Naz, célèbre avocat et homme politique qui mourut en 1901, Héléna Naz fit un don de Rs 750 000 pour l’édification et l’ameublement d’une nouvelle église destinée à soulager celle de Sainte-Thérèse.

Construction de la paroisse

Recruté par l’évêque de Maurice, Mgr Murphy, l’architecte de renom André Gaillardin réalisa un magnifique plan d’église de style néo-byzantin datant de la seconde moitié du XIXᵉ siècle et du début du XXᵉ siècle. À l’époque ce style fut employé dans les édifices publics et religieux.

Les travaux débutèrent en mars 1923, mais l’ensemble du projet rencontra quelques difficultés dues à la fréquence des pluies. Les deux promoteurs de la monumentale église Sainte-Hélène, parmi Héléna Naz, moururent en 1926 avant l’achèvement des travaux. Ce qui retarda les travaux déjà handicapés par des problèmes d’approvisionnement de matériaux provenant des pays d’Europe.
Le clocher pèse 2 800 tonnes, les travaux ont nécessité 700 tonnes de ciment et plus de 80 wagons de sable, soit une dizaine de trains entiers. Plus de 40 000 carreaux céramiques ont été nécessaires pour le carrelage.
La basilique est munie d’une architecture splendide et de décorations à couper le souffle. La beauté des marbres, les vitraux et l’éclat des bronzes dorés donnent à l’église ce cachet qui lui est unique.

Le dôme, la coupole et les voûtes représentent une particularité originale au point de vue de la construction car elles font corps avec la charpente métalliques des combles. Le retable est orné de six statuettes représentant les vertus chrétiennes : la foi, l’espérance, la charité, la vertu, la pénitence et la prière.

Le soubassement comporte deux importants bas-reliefs : la descente du Saint Esprit et la Dernière Cène. Toutes ces sculptures se détachent sur fond d’or et sont séparés par des colonnes d’onyx rouge. Les quinze vitraux des bas-côtés et du chœur signifient les quinze mystères du Rosaire. A droite se trouvent les cinq mystères joyeux, à gauche, les douloureux, au chœur les plus glorieux. Et dans la grande rosace de la façade se trouvent les douze Apôtres entourant le Christ. Cet ensemble de soixante vitraux est unique à Maurice. De plus, de chaque côté de la porte de la façade, nous pouvons voir deux vitraux représentant Saint Virgile et Sainte Hélène.

Consécration

Après quatre longues années de travaux, l’église fut ouverte aux paroissiens le dimanche 21 août 1927. Ce jour-là, Mgr James Leen procéda à la bénédiction de la basilique. Les grandes portes de l’édifice furent ouvertes aux nombreux fidèles venus de tous les coins de l’île. Une messe débuta à 8h30 présidée par le Père Augustin Riss, assisté des Pères Bouvier et Simon, faisant fonction de diacre et de sous-diacre.
Lors de la seconde guerre mondiale, une faille fut décelée dans le façade. Le comble métallique de la flèche s’avéra rongé de rouille, le père Streicher dut prendre la décision de faire décoiffer la flèche primitive. Aujourd’hui, le clocher ne mesure plus que 128 pieds au lieu des 150 auparavant.

Horloge

Le 24 avril 2009, la vieille pendule de la Basilique fonctionnait à nouveau après vingt ans. Les Curepipiens pouvaient fièrement entendre le son des cloches.
Une des principales caractéristiques de la paroisse Sainte-Hélène c’est qu’elle est riche en partage et en confrontation d’idées. La Basilique de Sainte-Hélène est un édifice foncièrement interculturel : ses emprunts à l’empire romain avec ce dôme en plein centre, ses deux hémisphères latéraux avec leurs formes arrondies, ses croix celtiques d’origine irlandaise a de quoi surprendre quiconque.

La chaire est ornée de panneaux sculptés représentent les quatre évangélistes reconnaissables à leurs attributs : le lion pour Marc, le bœuf pour Luc, l’aigle pour Jean, et l’ange pour Matthieu.