La scénariste-réalisatrice de 22 ans rêve en grand format. Avec une licence en Cinéma et Audiovisuel en poche, elle a choisi de se mettre à son propre compte pour pouvoir mieux concrétiser ses différents projets. Derrière la caméra, elle garde l’œil rivé sur ses objectifs, dont un court-métrage.

Elle a voulu d’un métier qui la passionne. Pour Lisa Maigre, le déclic est intervenu dès ses 15 ans quand l’ancienne élève du Lycée des Mascareignes opte pour des cours de CAV (Cinéma-Audio-visuel). Elle découvre alors la base et l’histoire du cinéma. “En fait, j’ai toujours aimé l’art. Le cinéma est un moyen de mélanger plusieurs choses : l’écriture, les images, la musique, entre autres. Mis ensemble, tout cela peut amener à quelque chose de créatif.”

Du scénario à la réalisation, en passant par la production, chaque nouveau pas dans ce secteur nourrit sa passion. La jeune femme de 22 ans y découvre tout le travail “bluffant et très mécanique” effectué derrière la caméra. “Je me retrouvais vraiment attirée et intéressée par cet univers”.

Dans le viseur.

Lisa Maigre décide donc de partir en France pour entamer une licence en Cinéma et Audiovisuel à l’Université Bordeaux Montaigne. “Je ne pensais pas revenir car, honnêtement, j’avais très peu d’espoir dans le cinéma mauricien”, confie-t-elle. Cependant, après trois années d’études, elle transforme son “pessimisme en nouvel objectif” : mettre à profit les connaissances acquises et aider à changer la donne.
“Je fais partie d’une génération douée dans ce domaine et qui est vraiment prête à réaliser des films de qualité. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont comprise, encouragée et soutenue dans ma passion. J’aimerais à mon tour motiver d’autres jeunes à suivre cette voie. Nous avons les capacités et la détermination nécessaires pour créer notre propre cinéma et mettre en avant notre identité si particulière et multiculturelle.”

Fan de fiction.

Evoquant son style, cette fan du réalisateur Quentin Tarantino affirme se sentir plus à l’aise dans le genre fiction. “Je ne pense pas que le cinéma doit forcément parler complètement de la réalité. Pour moi, il peut être à la fois un miroir de la société et aussi permettre de s’évader dans divers mondes parallèles. Tout scénariste s’inspire du monde qui l’entoure et d’événements marquants qu’il cherche à retransmettre d’un point de vue artistique”.
Après avoir travaillé sur plusieurs projets et documentaires scolaires en France, dont le court-métrage Tension, la Quatrebornaise n’est pas peu fière d’avoir enfin pu compléter le scénario de son tout premier court-métrage intitulé One Last Gamble. C’est l’histoire d’un homme qui a des problèmes de jeux. Après avoir perdu un pari, il se retrouve dans un bar où il est venu payer sa dette. Une femme débarque et ne lui réclame finalement pas d’argent. À la place, elle lui tend deux bouteilles, dont l’une contient du poison. S’il réussit à survivre, toutes ses dettes seront repayées…

Si avant le confinement elle s’apprêtait à entamer la pré-production et effectuer le choix des acteurs, le projet a été contraint d’être mis en suspens. Mais pas de quoi la ralentir. Lisa Maigre en a profité pour peaufiner et compléter l’écriture du scénario d’un deuxième projet qu’elle avait entamé avec un ami. “C’est là toute la beauté du cinéma. Ça continue de tourner même quand la caméra est éteinte”.

En attendant HBO.

Lisa Maigre s’était déjà préparée à ce que le métier de scénariste-réalisatrice et cinéaste ne soit pas un parcours sans obstacles. “C’est un défi et un travail de longue haleine qui demande énormément de patience et de sacrifices. En fait, il ne s’agit pas de dire qu’on veut écrire ou réaliser un court-métrage, un long-métrage ou un film. Il faut véritablement se questionner sur ce qui nous motive pour tenter d’intégrer ce milieu et garder cette motivation du début à la fin. C’est un peu comme entrer en compétition sans jamais trop savoir quand on remportera le prix”.

Et ce n’est pas l’ambition qui lui manque. Après quelques stages dans des boîtes de production, elle a choisi de se mettre à son propre compte afin d’être libre de présenter sa propre vision artistique. Elle espère également, à travers des spots commerciaux et son compte Instagram (lisa_maigre_film), mieux se faire connaître dans le milieu audiovisuel.
D’ici cinq ans, elle voudrait aussi compléter un Master et tenter une expérience cinématographique dans le milieu anglophone ou américain, en vue de travailler un jour pour HBO. Mais sa priorité, c’est avant tout “de sortir ma première réalisation 100% mauricienne car jusqu’ici j’ai surtout participé et laissé mes empreintes sur des projets scolaires en France.”