Alvin Ithier lance son deuxième album intitulé, Amen. Un opus gospel où il raconte sa vie et sa découverte de la foi qui l’a sorti de sa situation d’alcoolique notoire il y a 17 ans. Album qu’il distribue gratuitement à ceux qui veulent découvrir sa musique.

Il y a 10 ans, Alvin Ithier lançait son premier album, Devotion. Une démarche qui lui tenait à coeur pour exprimer sa foi et pour remercier ceux qui l’avaient aidé à sortir de sa situation peu enviable. Célibataire endurci il y a 17 ans, et rongé par son addiction à l’alcool et aux cigarettes, il a complètement changé de vie depuis. Suite à l’insistance d’un voisin, il a commencé à fréquenter l’église chrétienne et a découvert la foi. “J’étais un alcoolique avec des tendances suicidaires, à chaque fois, je voulais me jeter du haut des bâtiments. Je ne sais pas ce que je serais devenu si j’avais continué sur cette voie. Aujourd’hui je suis marié, j’ai trois enfants et une maison.”

Album gratuit.

Émerveillé par sa foi et guéri de ses addictions, il se découvre peu après des talents de chanteur et de compositeur. Ce qui l’amène à sortir son premier album qu’il a distribué gratuitement il y a dix ans. “Je l’avais fait pour chanter ma foi. De plus j’avais rencontré l’arrangeur Wendy Sooklall qui m’avait aidé à enregistré l’album sans rien me demander en retour.”

Amen sera également distribué gratuitement. L’album a été enregistré par Jonathan Cyrus de Jupiter Production qu’il a rencontré à travers une connaissance. Celui-ci avait lancé un appel sur les réseaux sociaux invitant les chanteurs de gospel de le contacter s’ils désirent lancer des albums. “J’ai eu la chance une fois encore de rencontrer quelqu’un pour m’aider à sortir l’album. La coïncidence fait que les deux vivent à Résidence La Cure”, dit Alvin Ithier.

De l’anglais au kreol.

Si le premier album était en anglais, Alvin Ithier a décidé de composer les paroles de celui-ci entièrement en kreol. “Beaucoup de monde m’ont partagé leur appréciation du précédemment album, mais certains m’ont confié qu’ils croyaient que ce n’était pas l’œuvre d’un Mauricien. Du coup, j’ai préféré composer des morceaux en kreol cette fois-ci.” Amen est en quelque sorte des épisodes de la vie d’Alvin Ithier. Il y raconte son addiction avec des mots bien choisis et comment il a réussi à s’en débarrasser à travers sa foi. “Je parle de moi, mais c’est surtout l’occasion de chanter les louanges de Dieu.” On y retrouve du blues, du jazz entre autres styles.

Il faut dire qu’Alvin Ithier ne s’était jamais imaginé dans la peau d’un chanteur, encore moins de celui d’un compositeur. Amateur de la chanson française, principalement de George Brassens et de Jacques Brel, il a quelque part utilisé cette influence dans sa démarche de composition. “C’était mes chanteurs préférés à l’époque et j’aimais également la poésie. Par contre, je n’avais jamais chanté de ma vie jusque-là. Quand je sortais de l’église, je ressentais le besoin de chanter. J’ai eu envie d’apprendre à jouer à la guitare. Je dois d’ailleurs remercier mon voisin, Harold Montagnard, un ségatier. Il m’a acheté une guitare à crédit et je lui ai remboursé petit à petit.”