Zoli son coup d’essai a été un hit en 2019. JSB Morning Game (JSBMG), de son vrai nom Jeff Steeve Bonne, poursuit son histoire avec La Vie Labirinthe. Dans les bacs à partir du 23 juillet, ce troisième album de 14 titres réuni sega, afrosega, afro, zouk, reggae, RnB trap, entre autres styles.

JSB Morning Game est ce “rappeur dans l’âme qui chante du sega.” A Glen Park Vacoas, il se distingue avec les multiples colliers qu’il porte au cou. Candidat de Lockdown Island, la télé-réalité mauricienne, le chanteur enchaîne les projets depuis la fin du confinement. Une période qui lui a permis de finaliser son troisième album. Très méticuleux dans son approche : “Je ne souhaitai pas proposer un album bâclé.” Pour l’interprète de Zoli, “Le plus important était d’être moi-même satisfait du travail pour être en mesure de faire plaisir au public.”

La suite d’une belle histoire

A 25 ans, JSBMG explique chanter principalement son vécu. Le chanteur présente son nouvel album comme la suite d’une histoire qui a commencé avec Zoli. Le deuxième et troisième épisodes étant La Vie Labirinthe et le titre Le Passé. Attention : les messages sont moins roses que Zoli, puisque ces chansons évoquent “des réalités plus lourdes.”

La Vie Labirinthe est sorti en sur une radio début février dans le cadre de la fête de l’abolition de l’esclavage. “C’était l’occasion de rappeler les sacrifices et le travail des esclaves et de rendre hommage à tous les travailleurs de Maurice.” Le séga est présenté dans une nouvelle version, avec de nouveaux arrangements musicaux réalisés par Kevin Joseph qui soulignent mieux les émotions et les messages que le chanteur souhaite passer.

Jeff Steeve Bonnes estime qu’il a été amené à grandir plus tôt. À travers son franc-parler et sa bienveillance, sa mère lui a transmis une certaine sagesse très tôt. “C’est une personne très à l’écoute des autres et très directe. J’ai grandi en sachant parfaitement que je suis un enfant adopté.” C’est pour rendre hommage à sa mère qu’il lui a composé Ohh Mama en afrobeat. À travers le titre Jamaena, où il s’exprime aussi en arabe, il parle d’ailleurs de ses origines.

Le passé

Il ajoute qu’à ses débuts : “On me disait qu’il n’y avait pas d’avenir dans la musique et de me concentrer sur des choses plus importantes.” Malgré les hauts et les bas, “et les bâtons qu’on m’a mis dans les roues”, il choisit cependant de ne pas être figurant. JSBMG sort son premier album Baby Love en 2016, suivi quelques années plus tard par Inna Di Club. Le titre Zoli, lui a surtout permis de sortir de l’anonymat.

Depuis, la vie de JSB a changé, et, il a gagné en notoriété après avoir été propulsé en tête du classement du concours Disque de l’année. Très sollicité pour se produire dans les soirées, clubs, et autres événements, il a également eu l’occasion de tourner à l’étranger. Pour le chanteur, ce fut certes “enn zoli lavantir”. Mais pas à tous les niveaux. “Les choses ne sont plus aussi zoli. Les amis et collaborateurs d’hier vous voient aujourd’hui comme un ennemi et cela sans raison.”

Le titre Le Passé marque cette rupture. “Avec ce titre, je me retrouve dans le passé au temps ou les gens racontaient leurs souffrances à travers le sega. Je renoue avec un style de musique qui a rythmé mon enfance comme avec Doyal Edouard et son Korbo, Nancy Dérougère ou encore Mario Justin”.

Insuffler l’espoir

L’album s’enrichit aussi de plusieurs collaborations. On y retrouve Jah Mike avec Nou Sega et le Réunionnais T-Matt sur Ayo Mama. Le premier, un séga moderne entraînant. C’est définitivement un titre à suivre. Construite en version ragga dancehall, Ayo Mama est une chanson “qui parlera aux jeunes”, souligne Jeff Steeve Bonne. Nourrit depuis toujours par les chansons du rappeur français La Fouine, avec le RnB Trap Pa Komplike, il revient à sa genèse. Une chanson aussi inspirée que sensuelle. “Nous entrons complètement dans mon univers musical où je raconte l’amour dans une autre dimension”. Dans son répertoire, le chanteur inclut aussi des chansons abordant des thèmes sociaux. Fam Pa Plore est un reggae s’adressant aux mères célibataires. C’est pas la fin veut insuffler l’espoir aux personnes vivant avec le VIH “Pour leur faire comprendre que rien n’est perdu et qu’il est important de se prendre en main et de vivre une vie normale.”