En 1993, soit vingt-six ans de cela, naissait les Bhojpuri Boys. Ce groupe qui a sorti plus d’une dizaine d’albums a connu des sommets et a popularisé une tendance. Le succès de ses chansons comme «Hey Langaro», «Baigun Bagee», «Naiya Sirey», «Baje Baje», «Damade Baboo»,, «Nisa Nisa», «Pot Puri», «Hey dadi», «La France» ou encore «Lougarou» ont inauguré l’ère de l’engouement pour la chanson bhojpurie mauricienne.

Ces chansons, qui passent souvent sur la chaîne nationale et sur les ondes des radios, font toujours vibrer les veilles de mariages. Un des hommes forts du groupe est  Kishore Taucoory. Employé de l’Energy Service Departement, c’est à Fond Du Sac, où il habite, qu’il se consacre à sa passion musicale.

Né pour la musique.

Marié depuis 1980 à Bina il est père de trois enfants : deux garçons Keshav et Kushal ainsi que d’une fille Nishy décédée l’an dernier dans des circonstances tragiques alors qu’elle se disait harcelée quant elle travaillait à la MASA. Depuis peu Kishore Taucoory siège sur le nouveau comité mis en place sous la présidence de Gérard Louis.

Quant à Kishore Taucoory, il se découvrit très tôt un amour inconditionnel pour la musique. « Il ne serait pas faux de dire que j’ai reçu la musique en héritage. Mon grand-père faisait de la musique et mon père aussi», dit le chanteur, auteur et compositeur des Bhojpuri Boys, qui a vu le jour le 21 juin 1957, soit le jour de la fête de la musique. « De plus, quand j’étais petit, j’entendais ma mère chanter. Elle avait l’habitude de chanter en travaillant, dans la joie ou dans la souffrance», ajoute-t-il. Lui-même s’est aussi inspiré des grands chanteurs du passé, à savoir Siven Chinien, Mahiputlall Pokhun ou encore Serge Lebrasse.

Débuts.

C’est à l’âge de 14 ans que Kishore Taucoory commence à chanter en public. « Je participais aux tournois de gamat, les veilles des mariages. Par contre, on ne chantait pas en bhojpuri, mais en hindi. J’interprétais des chants de Bollywood, mais je n’étais pas le chanteur principal», dit cet ex-étudiant du Northen College, à Plaine Des Papayes.« Deux ans plus tard, j’ai eu l’occasion de chanter dans des mariages en compagnie de mes amis, Suryadev Purgass, Mohunlall Dookhit, Dhanyanand Jawaheer et Goodur. »

Après ce passage, le chanteur est déterminé à démarrer une carrière musicale. Il forme ainsi, à 20 ans, le Swaranjali Musical Group pour assurer l’ambiance dans les mariages. Depuis il ne s’est pas arrêter !  Pour peaufiner son talent, Bhai Kishore s’inscrit dans la classe de Ramesh Santokhee au Collège Santiniketan de Goodlands. Kishore Taucoory prendra aussi, pendant 3 ans, des cours de chant au Mahatma Gandhi Institute (MGI). Sa curiosité naturelle et une forte aspiration créatrice l’amènent rapidement à la composition. Il intégre dès lors le paysage de la musique bhojpuri de Maurice.

Bhojpuri Boys

Fondé en 1993, les Bhojpuri Boys se fait fait connaître l’année suivante avec son premier album Langaro qui propose un folk mauricien aux couleurs indiennes couplées au séga. Les deux autres titres qui ont rendu le groupe populaire sont Baigun Bagee et Naiya Sirey. « J’avais un rêve depuis toujours, de fonder le groupe Bhojpuri Boys. Car objectif était de partager ma passion pour la musique et promouvoir la langue bhojpuri à travers mes chansons. Je pensais qu’il était extrêmement important de préserver ce patrimoine que nous ont légués nos ancêtres, » souligne notre interlocuteur.

« Dès 1990, je me suis mis à écrire des chansons en bhojpuri et au cours de deux ans suivant j’ai les membres qu’il fallait à travers Ravin Sowamber et Raden Ramsaha sans oublier les musiciens » ajoute-t-il. Le sexagenaire avoue que le chemin a été long et parsemé d’embûches, mais à force de sacrifices et de détermination, il a réussi. Ses tubes ont d’ailleurs décroché à plusieurs reprises reçu la palme du concours Disque de l’année dans la section bhojpuri. Ses deux autres, Bhojpuri Baja Baje 2 et Bhojpuri Baje Baje 3, sont sortis en 1995 et 1996.

En 1997, on annonce cependant la rupture des Bhojpuri Boys. Les deux autres chanteurs ont décidé de quitter le groupe pour prendre des chemins différents. Malgré tout, Bhai Kishore n’a pas baissé le bras. « C’était une épreuve et je ne veux plus en parler. Mais par la suite, j’ai recruté de nouveaux chanteurs. Nos deux derniers sont deux jeunes Nischay Bhujawan et Deejesh Prayag, qui ne savaient pas parler le bhojpuri et qui ont tout fait pour réussir. De plus mes deux fils Keshav et Koushal me soutiennent.»

Kishore Taucoory continuera sur sa lancée et il proposera des tubes qui sont devenues intemporelles. Les Bhojpuri Boys ont souvent sollicités pour animer des programmes musicaux, non seulement à Maurice mais aussi à l’étranger. Le groupe, qui a aussi reçu des prix au niveau international dont le 3ème prix au World Folk Dance Competition en Espagne, est d’ailleurs full booked jusqu’à décembre. « Au fil des années, notre popularité n’a fait quaugmenter et on s’est construits une réputation. J’éprouve toujours un sentiment de fierté lorsque je vois à quel point le public nous aime. Ça me fait vraiment chaud au cœur d’entendre les applaudissements», dit l’homme qui a été décoré Star of the Indian Ocean (MSK). Le chanteur, confie qu’au fil des années, les méthodes de travail ont changé, y compris les styles de musique : « La musique bhojpurie d’aujourd’hui explore une nouvelle voie. Elle est plus dynamique et recherchée et elle parvient à toucher un plus large public. »

Est-ce que les Bhojpuri Boys ont l’intention de sortir un nouvel album prochainement ? Peut-être l’année prochaine, nous répond notre invité.